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GICELLINI

nymum Scotum, 1546, in-4°. J'ignore si c'est le même ouvrage qui a été reproduit avec un nouveau frontispice sous ce titre : Motettorum cum quinque vocibus liber primus, Venetiis, apud Hieronymum Scotum, 1548, in-4o obl. 2o Madrigali a tre voci, in Venetia, app. Ant. Gardane, 1552, in-4° obl. 5o Introitus missarum de festis per cursum anni, quinque vocum, Rome, 1565, in-fol. 4° Il primo libro de' Madrigali a cinque voci, in Venetia, app. Angelo Gardane, 1581, in-4°.

GIBELINI (JÉRÔME), compositeur du dixseptième sièle, n'est connu que par deux collections de psaumes intitulées : Salmi di Vespro a due et tre voci, Venise, 1624, et Salmi spezzati a due e tre voci, Venise, 1626.

GIBELLINI (NICOLAS), moine augustin et compositeur du dix-septième sièle, né à Norcia, dans les États du pape, fut maître de chapelle à l'église Saint-Étienne de Venise, et publia dans cette ville: Motetti a più voci concertati, 1655, in-4°.

GIBERT (PAUL-CÉSAR), fils d'un officier de la maison du roi, naquit à Versailles, en 1717, et fut envoyé dans sa jeunesse en Italie, où il étudia la musique sous divers maîtres habiles. Lalande dit (Voyage en Italie, t. VII, p. 193) que Gibert vécut pendant plusieurs années à Naples, qu'il y prit des leçons des meilleurs maitres des conservatoires, et qu'il y était employé à faire des engagements de bons chanteurs pour la chapelle du roi. Ce fut lui qui envoya à Paris les castrats dont plusieurs chantaient encore à Versailles les parties de contralto, au moment de la révolution de 1789, particulièrement Albanèse (voyez ce nom). De retour en France, il se livra à l'enseignement, et écrivit pour ses élèves un ouvrage qui fut gravé à Paris, sous le titre de Solféges ou leçons de musique, sur toutes les clefs et dans tous les tons, modes et genres, avec accompagnement d'une basse chiffrée, très-utile aux personnes qui veulent apprendre l'accompagnement du clavecin, et qui désirent acquérir l'usage de s'accompagner elles-mêmes, avec un précis des règles de la musique, Paris, 1783, in-4°. Il a composé la musique de quelques divertissements ou opéras pour la Comédie-Italienne. Les plus connus sont ceux dont les noms suivent la Sibylle, 21 octobre 1758; le Carnaval d'été, 11 août 1759; la Fortune au village, 8 octobre 1760; les airs de Soliman ou les trois Sultanes, en 1761; Apelle et Campaspe, 21 avril 1765. Il a écrit aussi, pour l'Opéra, Deucalion et Pyrrha, par les de Watelet. Gibert est mort à Paris, en 1787.

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- GIDE

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GIBOIN (GILBERT), né à Montargis, fut organiste à Orléans, dans les premières années du dix-septième siècle. Il jouait de la harpe avec une habileté extraordinaire pour le temps où il vécut. On connaît de sa composition: Chansons de printemps avec les ayrs nouveaux et la basse, Paris, Ballard, 1622, in-4° obl.

GIBSON (EDMOND), évêque de Londres, né en 1669, à Knip, dans le Westmoreland, reçut sa première instruction dans une école de ce comté, et fut ensuite admis à l'université d'Oxfort, où il se livra particulièrement à l'étude des langues du Nord, et à celle des antiquités de son pays. C'était un homme vertueux et savant. Il mourut à Londres, le 6 septembre 1748, à l'âge de 79 ans. Il a donné une édition de la Cantilena rustica, de Jacques V, roi d'Écosse (Oxford, 1691, in-4°), avec des notes savantes et curieuses, qui ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de la musique. Il a écrit aussi un petit traité du chant des églises anglicanes, sous ce titre Method, or course of singing in Church. Cet écrit se trouve dans l'Appendix du livre de Gibson intitulé: Direction to the clergy of the Diocese of London, Londres, 1727, in-4°.

GIDE (CASIMIR), fils d'un libraire de Paris, et d'une dame qui a eu de la réputation pour la beauté de sa voix, et qui était de la chapelle du roi, est né à Paris le 4 juillet 1804. Destiné à la profession de son père, il n'avait appris la musique que pour cultiver cet art en amateur; cependant après avoir fait quelques études au Conservatoire de Paris, où il avait été admis, le mars 1817, comme élève de Dourlen pour l'harmonie, il se sentit entraîné par un goût passionné pour la composition, et satisfit son penchant en écrivant des morceaux de toute espèce pour des vaudevilles et des drames. C'est ainsi qu'il composa la musique du drame de M. Duport, représenté, en 1828, au théâtre des Nouveautés, sous le titre : les Trois Marie. Le 17 octobre 1830, il fit représenter à l'Opéra-Comique un petit opéra en un acte intitulé le Roi de Sicile. Cet ouvrage n'eut point de succès. M. Gide fut plus heureux dans la Tentation, grand ballet en cinq actes, avec des chœurs, qu'il avait composé en collaboration avec M. Halévy, et qui fut représenté à l'Opéra le 20 juin 1832. Il a mis dans cet ouvrage des airs de danse fort jolis, particulièrement un galop qui a eu beaucoup de vogue. Il composa ensuite la musique de l'Angelus, opéra-comi-, que en un acte, qui a été joué le 7 juillet 1854, En 1847, on représenta à l'Opéra de Paris Ozai,

ballet en 3 actes dont il avait écrit la musique. Depuis cette époque, M. Gide a succédé à son père dans la librairie, et semble ne plus vouloir écrire pour le théâtre.

GIESE (THEOPHILE-CHRÉTIEN), né au mois de novembre 1721, à Crossen dans la BasseSilésie, fut pasteur luthérien à Kesselsdorf, puis sous-diacre en 1755, et enfin archidiacre de la cathédrale de Gorlitz, en 1760. Il mourut en cette ville, le 28 décembre 1788. Cet ecclésiastique est auteur de plusieurs savants ouvrages. On lui a attribué la description historique de l'orgue de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Gorlitz (Historische Nachricht von den Orgeln der Petri und Pauli Kirche in Gærlitz, Gorlitz, 1766, in-4o); mais Gerber, qui s'est procuré ce petit ouvrage, a reconnu que son auteur est Chrétien-Daniel Bruckner (voy. ce nom). Il est singulier que Lichtenthal n'ait pas remarqué ce fait dans le Lexique de Gerber, et qu'il ait placé l'ouvrage dont il s'agit sous le nom de Giese, dans sa Bibliographie de la musique.

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GIESSE (CHARLES), amateur de musique à Wittenberg, vers la fin du dix-huitième siècle, a publié une romance de sa composition intitulée: Theobald und Rœschen, avec accompagnement de piano. Dresde, Hilscher, 1799. Cette production ayant été critiquée dans la première année de la Gazette musicale de Leipsick, Giesse attaqua le rédacteur de cette critique dans une lettre qui se trouve à l'Intelligenzblatt de cette gazette, t. I, p. 101.

GIESSENDORFER (.....). On trouve sous ce nom, dans le catalogue de Traeg de Vienne (1799), l'indication d'un concerto pour le clavecin avec accompagnement de deux violons, alto et basse, et de préludes d'orgue. Ces deux ouvrages étaient en manuscrit.

GIGLI (JULES), musicien, né à Imola, vers le milieu du seizième siècle, a publié une collection de morceaux à cinq voix de vingt-sept différents auteurs et de lui-même, sur ces paroles: Ardo, si, ma non t'amo, etc. Ce recueil a pour titre Sdegnosi ardori : musica di diversi autori sopra un istesso sogetto di parole a 5 voci. Munich, 1585, in-4°.

GIGLI (THOMAS), compositeur de madrigaux, naquit en Sicile dans la seconde moitié du seizième siècle. On trouve plusieurs morceaux de sa composition dans le recueil intitulé: Infidi lumi, Palerme, 1603.

GIGLI (JEAN-BAPTISTE), dit il Tedeschino, compositeur au service du grand-duc de Toscane, vers la fin du dix-septième siècle, a publié à Bologne, en 1690, un ouvrage intitulé:

Sonate da chiesa e da camera a tre stromenti, col basso continuo per l'organo, in-fol.

GIGAULT (NICOLAS), organiste de SaintMartin, de Saint-Nicolas des Champs et de l'église du Saint-Esprit, à Paris, naquit à Claye, en Brie, vers 1645. Il eut pour maître Titelouze, organiste à Paris. Gigault est un des bons organistes français de l'école du dix-septième siècle, bien supérieure à celle du dix-huitième. Il a publié pour son instrument: 1o Livre de musique pour l'orgue, contenant plus de cent quatre-vingts pièces de tous les caractères, dédié à la Vierge, Paris, 1685, in-4° obl. 2o Livre de Noëls diversifiés à deux, trois et quatre parties, Paris, 1685, in-4° obl.

GIL (...), moine portugais, né à Lisbonne, vers la fin du seizième siècle, eut pour maître de musique le compositeur Duarte Lobo, et fut maître de chapelle dans un couvent de Franciscains, à Guarda. Il mourut dans ce monastère, en 1640. Les compositions de ce maître sont restées en manuscrit. Parmi ces ouvrages Machado cite (Bibliot. Lusit., t. II, p. 380) ceuxci: 1° Huit messes pour tous les tons à plusieurs voix. 2o Psaumes de tous les tons. 3o Psaumes et complies à six voix. 4° Motets à quatre voix.

GIL (FRANÇOIS D'ASSISE), compositeur et professeur d'harmonie au Conservatoire royal de musique de Madrid, est né à Cadix, en 1829. Doué d'une heureuse organisation pour la musique, il n'avait trouvé dans sa ville natale que des ressources insuffisantes pour son instruction, lorsque le Traité d'harmonie de l'auteur de cette notice lui tomba entre les mains, et dissipa tout à coup l'obscurité qui lui avait paru être inséparable de cette science. La prédilection que lui avait inspirée ce livre lui persuada d'en faire une traduction en langue espagnole, qu'il publia sous ce titre : Tratado completo de la teoria y practica de la Armonia, Madrid, M. Salazar, 1850, un volume gr. in-4°. Dans la même année, il fit le long trajet de Cadix à Bruxelles pour venir demander à l'auteur de cet ouvrage de l'admettre au nombre de ses élèves pour la composition. Il fit sous sa direction un cours complet de contrepoint, et ses progrès furent si rapides, qu'au printemps de 1852, il put écrire une fugue à huit voix réelles, avec tous les développements de la science, ouvrage très-remarquable, et, dans l'été de la même année, il obtint au concours le premier prix de composition. De retour en Espagne, au commencement de 1853,

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M. Gil a été nommé, par la reine Isabelle, professeur d'harmonie au Conservatoire de Madrid. Une lutte s'établit alors entre lui et Carnicer (voyez ce nom) sur la science de l'harmonie; mais la vieille routine de ce maître ne put tenir contre la clarté des démonstrations faites par Gil. Celui-ci, demeuré vainqueur, a fait pour ses élèves un résumé de cette doctrine qu'il a publié sous ce titre : Tratado elemental teorico-practico de Armonia, dedicado à M. F.-J. Fétis, etc., Madrid, Casimiro Martin, 1856, un volume gr. in-8° de quatre-vingt-huit pages. M. Gil a fourni un grand nombre d'articles à la Gaceta musical de Madrid, publiée, en 1855 et 1856, par M. Hilarion Eslava (voyez ce nom). Il a aussi composé plusieurs opéras pour le ThéâtreEspagnol de Madrid.

GILBERT (ALPHONSE), né à Paris, le 2 février 1805, fut admis au Conservatoire de cette ville, le 9 octobre 1822, comme élève de l'auteur de cette notice, pour le contrepoint. En 1827, il obtint le second grand prix de composition musicale de l'Institut de France, pour la cantate d'Orphée. Il fut attaché pendant plusieurs années à l'orchestre du théâtre de l'Odéon, en qualité de violoncelliste. Il a obtenu plus tard la place d'organiste à l'église Notre-Dame de Lorette, à Paris. En 1847, le premier prix lui fut accordé au concours ouvert par le ministre de l'intérieur pour la composition de chants historiques et religieux.

GILES (NATHANIEL), organiste du roi d'Angleterre Charles Ier, naquit à Worcester, en 1558. En 1585, il était bachelier en musique, organiste et directeur de la musique de la chapelle Saint-Georges, à Windsor. Après la mort de Guillaume Hunni (1597), on le chargea de l'éducation des enfants de chœur de la chapelle royale; plus tard, il obtint la place d'organiste de cette chapelle. En 1622, le grade de docteur en musique lui fut conféré. Il mourut à Windsor, le 24 janvier 1633. Ce musicien n'a écrit que pour l'église; ses compositions sont restées en manuscrit.

GILLES (JEAN), né à Tarascon, en 1669, fit ses premières études musicales à Aix, en Provence, sous la direction d'un maître de chapelle nommé Poitevin. Il fut le condisciple de Campra. Après la mort de son maître, Gilles lui succéda, mais il quitta bientôt sa place pour celle de maître de chapelle à Agde. Sa réputation s'étendit dans tout le midi : l'évêque de Rieux ayant entendu parler avanLageusement de ses talents, demanda pour lui la maîtrise de Saint-Étienne de Toulouse; mais

GILLIER

elle venait d'être donnée à un musicien italien nommé Farinelli. Il y eut entre ces deux artistes un combat de générosité, à la suite duquel Gilles fut obligé de se rendre à Toulouse et de permuter avec Farinelli; ce changement de situation eut lieu en 1697. Bien qu'âgé seulement de vingt-huit ans, Gilles avait déjà composé plusieurs messes et d'autres ouvrages pour l'église; malheureusement, il mourut jeune, en 1705, et ne put multiplier ses productions. Au nombre de ses meilleurs ouvrages, on place une Messe des morts, qu'il avait écrite pour deux conseillers au Parlement de Toulouse qui avaient cessé de vivre à peu près dans le même temps. Les héritiers de ces magistrats voulurent ensuite discuter le prix de l'ouvrage, mais le compositeur rejeta leurs offres, et déclara que la messe ne servirait que pour lui. En effet, il mourut peu de temps après. La messe des morts composée par Gilles se trouve en manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris. Elle a été exécutée dans l'église de l'Oratoire de Paris, pour le service funèbre de Rameau. Un Diligante, un Benedictus et cinq autres motets du même auteur sont aussi en manuscrit dans la même Bibliothèque.

GILLES (HENRI-NOEL), né à Paris, en 1779, entra au Conservatoire de musique en 1796, dans la classe de hautbois de Sallentin. L'année suivante, il obtint le deuxième prix de cet instrument au concours ; le premier prix lui fut décerné en 1798. Un son agréable, un style élégant et doux, telles étaient les qualités de son talent. Entré à l'orchestre du théâtre Feydeau, en 1799, il y resta comme second hautbois les deux premières années, devint premier en 1801, et quitta cet orchestre, en 1803, pour entrer à celui de l'Opéra-Italien, où il demeura jusqu'en 1814. Dans cet intervalle, il joua plusieurs fois et toujours avec succès, des solos dans les concerts de la semaine sainte, qu'on donnait à ce théâtre. A l'époque de la restauration (1814), l'attachement de Gilles pour Napoléon le décida à s'éloigner de la France; il se rendit d'abord à New-York, puis s'établit à Philadelphie. Cet artiste a publié : 1o Air varié pour hautbois, violon, viole et basse; Paris, madame Duhan. 2o Petits airs et thème varié pour la guitare. 5o Trois romances, avec accompagnement de guitare; Paris, Hanry. 4o Six, idem, Paris, Hanry.

GILLIER (JEAN-CLAUDE), violon de la Comédie-Française, né à Paris, en 1667, est mort en cette ville, en 1757, à l'âge de soixante et dix ans. Il a écrit la musique primitive des

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petites comédies et des divertissements de Regnard et de Dancourt.

GILSON (CORN.), professeur de musique à Edimbourg, né en Écosse, vers 1715, a publié un traité du chant intitulé: Lessons on the Pratica of singing, Édimbourg, 1759, in-4°.

le

GIMENO (JOACHIM), né à Santo-Domingo de la Calzada, le 21 novembre 1817, entra dans la Compagnie de Jésus à Madrid, 28 avril 1834. Dès son enfance, il avait appris la musique cet art continua d'être cultivé par lui, après son entrée chez les Jésuites. Après les événements qui amenèrent en Espagne la suppression des ordres religieux, le P. Gimeno se retira en Belgique, et s'y occupa de l'éducation de la jeunesse au collège de Saint-Michel, à Bruxelles. Attaqué d'une maladie de langueur, il est mort à Nivelles (Brabant), le 29 novembre 1849. On a imprimé de sa composition: 1o Cantate à quatre voix avec accompagnement de grand orchestre, composée pour une distribution de prix au collége de Saint-Michel, Bruxelles (s. d.), lithographie de Persenaire. 2o Tota pulchra, solo concertant pour basse-taille et violoncelle, avec accompagnement de deux violons, alto et basse, ibid. 5o O salutaris hostia, trio pour ténor, baryton et basse, avec accompagnement de deux violons, alto, violoncelle et cornets concertants, ibid. 4o Ave Maria, duo pour deux soprani, avec accompagnement d'harmonium ou de piano, ou d'orchestre, ibid. 5o Colleccion de canticos al sagrado corazon de Jesus y Maria santisima con varias letrillas, musica escogida por, etc. Bruxelles, Labauze et Persenaire. Le P. Gimeno a laissé en manuscrit plusieurs autres compositions.

GIN (PIERRE-LOUIS-CLAUDE), ancien magistrat, auteur d'une mauvaise traduction de l'Iliade, naquit à Paris en 1726, et mourut à dans la même ville, le 19 novembre 1807, l'âge de 81 ans. Ce médiocre littérateur a publié une brochure intitulée : De l'influence de la musique sur la littérature; discours prononcé, le 11 vendémiaire an XI, à la séance publique de la Société académique des sciences et arts séant à l'Oratoire, Paris, 1802, in-12. L'auteur prétendait y démontrer que la décadence de la littérature est le fruit des progrès de la musique; thèse non moins ridicule par ses aperçus que par l'exécution et le style.

GINESTET (PROSPER DE), compositeur, fils d'un magistrat, est né à Aix, en Provence, vers 1796. Après avoir fait longtemps de la

musique la principale occupation de sa vie, il entra dans les gardes du corps de Louis XVIII. Il ne quitta ce service que pour passer comme officier dans un régiment; mais après la révolution de juillet 1830, il donna sa démission, pour ne pas manquer au serment de fidélité qu'il avait fait à la famille royale de la branche aînée. Attaché au parti de l'opposition légitimiste, i prit part alors à la rédaction de l'Avenir, journal de cette opposition, et y fit les articles du feuilleton sur l'Opéra, le Théâtre Italien, l'Opéra-Comique et les concerts. Les premières productions de M. de Ginestet consistent en duos et nocturnes pour piano et violon, ou piano et violoncelle. Plus tard il a donné à l'Opéra-Comique : 1o L'Orphelin et le Brigadier, opéra en 2 actes, représenté le 13 septembre 1827; cet ouvrage ne réussit pas. 2o A l'Opéra : François Ier à Chambord, opéra en 2 actes, représenté le 15 mars 1830. 3o A l'Opéra-Comique Le Mort fiancé, en un acte, le 10 janvier 1835. GINESTET (E. DE), frère du précédent, amateur distingué sur le violoncelle, a publié des nocturnes concertants pour piano et violoncelle, un duo pour les mêmes instruments, et des airs variés pour violoncelle, Paris, A. Petit.

GINGUENÉ (PIERRE-LOUIS), littérateur, né à Rennes le 25 avril 1748, se rendit à Paris, après avoir terminé ses études avec succès. Quelques poésies, assez froidement accueillies, marquèrent ses premiers pas dans la carrière littéraire. Il comprit bientôt que la nature ne l'avait pas fait poëte. Doué de plus de talent pour la critique, ce fut par les journaux qu'il commença sa réputation. Ses lettres sur les Confessions de J.-J. Rousseau le firent connaitre avantageusement. Assez bon musicien et amateur passionné de musique italienne, il prit avec chaleur la défense de cette musique et de Piccinni contre les attaques des Gluckistes; ses liaisons avec l'auteur de Didon et de Roland lui procurèrent alors les matériaux dont il s'est servi plus tard pour la notice qu'il a publiée sur la vie et sur les ouvrages de cet artiste célèbre. La littérature italienne et la littérature de la musique devinrent dès lors les objets des travaux constants de Ginguené; c'est par ces mêmes travaux qu'il a transmis d'une manière solide son nom à la postérité. Tout le monde connaît son Histoire littéraire d'Italie, qu'il n'eut pas le temps d'achever, et qui fut continuée par M. Salfi. Monument de savoir, de goût et de saine critique, ce livre sera toujours ensidéré comme une des meil

GINGUENÉ

leures productions de notre temps. Incarcéré pendant le règne des fureurs révolutionnaires, Ginguené eut à craindre un moment pour sa vie; mais l'événement qui vint changer le système du gouvernement au 9 thermidor, le rendit aux lettres et à la liberté. Tour à tour appelé à la direction de l'instruction publique, près du ministère de l'intérieur, nommé membre de l'Institut de France, dans la classe de littérature ancienne, ambassadeur auprès du roi de Sardaigne, et membre du Tribunat, il se montra digne de ces distinctions par ses talents et par sa probité. Quoique recherché dans le monde par l'agrément de son esprit et là variété de ses connaissances, il y allait peu, et dans ses dernières années il ne sortait presque plus de chez lui, consacrant toutes les heures au travail ou à sa famille. Les proscriptions dont quelques-uns de ses amis avaient été frappés en 1815 l'affligèrent; sa santé s'altéra, et il mourut le 16 novembre 1816, à l'âge de soixante-huit ans. Sa riche bibliothèque, dont le catalogue a été publié en 1817, renfermait une nombreuse collection de livres relatifs à l'histoire et à la littérature de la musique. Garat, de l'Académie française, a publié une Notice sur la vie et les ouvrages de P.-L. Ginguene, Paris, 1817, in-8°.

Les ouvrages où Ginguené a traité de la musique sont: 1° Lettres et articles sur la musique, insérés dans les journaux sous le nom de Mélophile, pendant nos dernières querelles musicales, en 1780, 1781, 1782 et 1783, Paris, 1783, in-8°. 2o Dictionnaire de musique de l'Encyclopédie méthodique, Paris, 1791-1818, deux volumes in-4o. Ce dictionnaire fut commencé par Ginguené et Framery. L'abbé Feytou avait fourni quelques articles de théorie d'après un nouveau système. Le plan était mauvais, car on avait conservé pour la base de l'ouvrage les articles du dictionnaire de musique de J.-J. Rousseau, qui sont souvent attaqués dans les additions de l'abbé Feytou ou de Framery. Ginguené s'était chargé des articles historiques; ce sont les meilleurs du livre; il est vrai que la plupart sont traduits de l'Histoire de la musique de Burney. La première partie du premier volume avait paru en 1791; les troubles de la révolution interrompirent le travail, et Ginguené resta étranger au reste de la publication. 3o Notice sur la vie et les ouvrages de Piccinni, Paris, veuve Panckouke, 1800, in-8° de xt et 144 pages Cette notice, bien écrite, a de l'intérêt; mais Gingnené y laisse apercevoir de la partialité en fa veur de Piccinni contre Gluck. 4o Rapport fait

GIOBERTI

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à la classe des beaux-arts de l'Institut de France par M. Ginguené, au nom de la commission, dans la séance du samedi 21'octobre 1815, sur une nouvelle exposition de la séméiographie, ou notation musicale des Grecs, par M. Perne, Paris, 1815, douze pages in-4o, 5o Histoire littéraire d'Italie, continuée par Salfi, Paris, 1811-1835, quatorze volumes in-8°. On trouve dans cet ouvrage des renseignements utiles et curieux sur l'étude de la musique au onzième siècle et sur Gui d'Arezzo (t. Ier, p. 134 et suiv.), sur les troubadours provençaux (t. Jer, p. 241-354), sur quelques musiciens célèbres de l'Italie, aux quatorzième et quinzième siècles, tels que François Landino (t. II et III en divers endroits), et sur le drame en musique (t. VI, p. 450-486). Salfi a ajouté dans le dixième volume du même ouvrage un long morceau (p. 403-424) à ce que Ginguené avait écrit sur la musique. Ce passage est relatif aux musiciens et aux théoriciens de musique qui ont vécu en Italie dans le seizième siècle : il fourmille d'erreurs.

GINI (JEAN-ANTOINE), maître de chapelle du roi de Sardaigne, à Turin, vers 1728, a écrit la musique de deux opéras, Mitridate et Tamerlano, qui ont été représentés dans cette ville.

GINZLER (SIMON), luthiste allemand, vécut à Venise, dans la première moitié du seizième siècle. On a de lui un livre de pièces de Juth, en tablature, sous ce titre : Intabolatura de Lauto de ricercari, motetti, madrigali et canzon francese. Libro primo, in Venetia, Ant. Gardane, 1547, in-4° obl.

GIOBERTI (VINCENT), prêtre piémontais, né à Turin, le 5 avril 1801, fit ses études à l'Université de cette ville. Après avoir reçu le grade de docteur en théologie, il fut appelé en 1825 à professer cette science dans la même université. Impliqué dans une conspiration républicaine, en 1853, il fut arrêté et exilé sans jugement. Après avoir passé une année à Paris, il se rendit à Bruxelles, où il demeura jusqu'en 1845, dans la position de professeur à l'Institution Gaggia. Ce fut là qu'il écrivit tous ses livres de philosophie, ouvrages remarquables par l'élévation des idées autant que par la beauté du style, mais dont la plupart sont, étrangers à l'objet de ce dictionnaire. Il n'est cité ici que pour le traité del Bello, qui a été traduit en français par M. Bertinatti, sous ce titre: Essai sur le beau, ou éléments de philosophie sthique, Bruxelles, Méline, Cans et C, 1845, un volume in-8°. Gioberti y traite

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