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chaires de statistique furent érigées dans plusieurs universités d'Allemagne; elles ont été remplies par des savans du premier ordre, tels que Achenwal à Gottingue, Luder à Brunswick, Sprengel à Halle, Menzel à Erlangen. Ces professeurs ont publié sur la statistique d'importans ouvrages, dignes de servir de modèles, et dont aucun n'a encore été traduit dans notre langue.

Une science qui, dans un pays voisin, fait partie de l'enseignement public, est négligée chez nous. C'est en vain que MM. Sai, Peuchet, Chaptal et d'autres écrivains philantropes en ont démontré l'importance, et que le gouvernement a appelé sur elle les recherches des savans, lorsqu'il a demandé à MM. les Préfets l'exposé de la situation des départemens confiés à leurs soins. Certes, si de vrais savans avaient toujours fourni à ces administrateurs les élémens de leurs rapports, ils eussent offert, sur les connaissances utiles, des détails plus positifs, et l'agriculture, ce premier des arts, cet objet le plus important de toute statistique, puisqu'il est la source primitive de toute richesse, l'agriculteur n'y occuperait pas en général une place si exiguë. Il vous appartient, Messieurs, de remplir cette lacune en ce qui concerne notre département.

Sur la généralité de Lyon; par M. Lambert d'Herbigny,

STATISTIQUE AGRICOLE DU DÉPAR-
TEMENT.

Avant l'époque où vous vous êtes déterminés à faire connaître au public les résultats de vos travaux, plusieurs mémoires de statistique agricole vous avaient été communiqués. Comme ils renferment tous des renseignemens utiles et des vues précieuses, vous avez voulu qu'une analyse succinte vous en fût présentée au commencement de cette notice.

C'est pour remplir vos intentions, que je vous parlerai successivement des ouvrages de MM. de Laverriére, de la Chassaigne, Rey-Monléan et Carelle. Mais avant de vous tracer cet exposé, qu'il me soit permis de dire quelques mots sur des mémoires relatifs à la statistique de notre province, qui n'ont pas été déposés dans vos archives,

Intendant de Lyon en 1698, M. Lambert d'Herbigny fut chargé par le Roi de faire connaître la généralité dont l'administration lui était confiée; il crut exécuter les ordres qu'il avait reçus, en faisant longuement l'histoire de tous les châteaux, de toutes les églises, de

tous les couvens de la province, en débrouillant toutes les généalogies, en discutant les titres et les prétentions des cours judiciaires des autorités administratives, des diverses corporations; c'est très-succintement qu'il parle de l'un des plus grands marchés de l'univers. Quant à l'agriculture, à peine en dit-il quelques mots. Il ne compte dans le Mont-d'Or que cinq ou six villages, et cependant il y en a au moins dix dont aucun n'a été bâti depuis la fin du dix-septième siècle; il ne dit rien des chèvres sédentaires qu'on y entretient de temps immémorial. Les vins de ce terroir, dit-il, étoient célèbres chez les Romains, et ils ne sont plus du goût d'aujourd'hui. En supposant la réalité de cette détérioration, il serait important d'en connaître la cause.

Nous ne pouvons ignorer celle du dépérissement des bois qui couronnaient nos montagnes, et nous ne sommes pas étonnés en lisant que la forêt de Pramenou en Beaujolais, dont il reste à peine quelques traces, fournissait autrefois abondamment des poutres et des planches de sapin pour les constructions de Lyon et des villes voisines (1).

(1) Dans le 15.e siècle le sommet du Mont-d'Or était couvert d'une forêt considérable. M. Cochard a lu un acte

Le déboisement des montagnes de Tarare est plus ancien. Ce pays, dit M. d'Herbigny, est inculte, et ses habitans n'y subsitent que par la fabrication des toiles et de quelques futaines. On y connaissait donc à peine la périlleuse manufacture d'un produit exotique. L'importation du coton a sans doute restreint la culture du chanvre dans la plaine qu'un vieux proverbe appelle la meilleure lieue de France; car du temps de M. d'Herbigny, ce terrain fertile était couvert de chanvre de la plus belle qualité.

L'éloge bien mérité de nos vins termine le court chapitre accordé à l'agriculture, dans cette volumineuse statistique. Les vins de CôteRotie y sont mis au premier rang. Parlant ensuite des mines métalliques, l'auteur nous apprend que de son temps on n'en exploitait aucune dans la province; il ajoute que depuis 7 à 8 ans on a abandonné une mine de couperose gissant dans la montagne de Vautorte, près Chenellette. Cette prétendue couperose est sans doute le plomb phosphaté dont l'exploitation va bientôt commencer. Telles étaient, au reste, les connaissances chimiques de l'auteur,

de 1470 où il est dit que les frères Beluze y chassaient à la bête fauve.

qu'il dit que le fer plongé dans le petit ruisseau de Chessy se change en cuivre. Il ne parle d'autres mines de houille que de celles de StEtienne. Si celles de St-Chamont, de Rive-deGier, etc. étaient ouvertes, il ne les a pas jugées dignes d'attention.

Mémoires

d'Alléon - Du

lac sur le Lyon

nais, le Forez

La statistique lyonnaise, écrite officiellement à la fin du 17.me siècle, suffirait pour démontrer quelle était à cette époque l'indifférence du gouvernement pour l'agriculture. Cette indifférence et le Beaujolais. profonde dura jusqu'au moment où une société de philantropes appela sur le premier des arts la sollicitude des grands et les méditations des savans. Alors se répandit un mouvement d'améliorations auquel notre province fut loin d'être étrangère. Témoin des heureuses innovations agronomiques qui éclataient de toutes parts, Alléon-Dulac en consigna quelques résultats dans un recueil de mémoires, consacrés principalement à l'histoire naturelle de nos contrées (1).

Ce savant vit naître notre Société qui ne tarda pas à l'admettre dans son sein; il en si

(1) Cet ouvrage a pour titre : Memoires pour servir à l'histoire naturelle des provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais, par Alléon-Dulac, Lyon, 1765, 2 vol. in-12, fig. ; il n'a eu qu'une édition, mais il a été rafraîchi par

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