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ÉCONOMIE RURALE.

M. de Lachapelle établit de prime abord que tout sol est susceptible de s'améliorer par la réunion de trois moyens : Intelligence, Assiduité, Capitaux.

Essai sur la

régie des propriétés rurales et sur l'emploi des capitaux en agriculture

pour parvenir

à de grandes

Mais si l'intelligence de l'agriculteur se développe par l'étude des sciences qui se lient au premier des arts, pourquoi ces sciences ne sont- améliorations; elles pas, en France, l'objet d'un enseignement par M. Passespécial? et combien devons-nous désirer des institutions formées à l'instar de celle d'Holvitz!

L'assiduité de l'améliorateur est une garantie du succès. L'œil du maître engraisse le bœuf et double la moisson. L'autorité du maître est presque toujours nécessaire pour triompher des obstacles qui s'opposent à toute amélioration. Le riche propriétaire qui aspire à ces succès doit renoncer au luxe, au bruit du monde et s'imposer de longs travaux ; mais combien il trouve de jouissance dans une vie champêtre toute patriarchale! Heureux l'améliorateur qui, ne pouvant suivre par lui-même tous les détails d'une vaste entreprise, peut associer à ses projets un bon régisseur.

Dans tous les cas, ce n'est pas sans user d'adresse qu'on engagera les paysans à adopter

rat-de-Lacha

pelle-de-Larouge.

une amélioration. On la leur présentera comme un essai peu important, de pure curiosité; on écoutera patiemment les observations des docteurs de village. On adoptera avec des démonstrations d'estime et de reconnaissance toutes les modifications au plan projeté, excepté celles qui pourraient en empêcher le succès. On leur laissera croire qu'eux-mêmes ils ont créé le procédé qu'on leur a fait adopter.

Sans capitaux, l'intelligence et l'assiduité ne suffiraient pas pour mener à fin une grande entreprise. Au reste, l'argent qu'on confie à la terre donne pour l'ordinaire des produits plus assurés que celui qu'on place dans le commerce, ou dans les entreprises manufacturières.

Les avances d'argent faites à la terre sont de plusieurs sortes. Les unes, qui ont pour objet des engrais, des minages, des confections d'outils, améliorent un domaine seulement pour quelques années. D'autres ont un effet beaucoup plus durable et même permanent; ce sont les plantations, les irrigations, les dessèchemens, la création de prairies, etc. Il en est qu'on pourrait assimiler aux plus belles opérations commerciales; c'est l'éducation, l'engraissement de certain bétail, l'introduction de certaines plantes. C'est ainsi qu'un ami de M. de Lachapelle, qui est propriétaire dans le comtat

d'Avignon, acheta, à un prix assez élevé, un champ d'une étendue considérable. Il le travailla avec soin le fuma abondamment et l'ensemença en garance dont la récolte, au bout de trois ans, couvrit, avec tous les frais de culture, l'achat du terrain.

Le plus grand nombre des améliorations agricoles, n'exigeant pas de grandes mises de fonds, peuvent être opérées avec les économies que fait sur ses revenus un riche propriétaire, vivant à la campagne sans faste et sans luxe.

Quant à celles qui demandent d'immenses capitaux, comme le dessèchement des marais; l'ouverture des canaux, etc., elles doivent être faites par des sociétés d'actionnaires, ou par le Gouvernement. L'homme le plus riche pourrait engloutir sa fortune dans des entreprises de ce genre. C'est parce qu'on ne sait pas toujours proportionner ses capitaux à ses projets agricoles, qu'on éprouve, en agriculture, tant de désastres, et qu'on fournit, à ceux qui rient de tout, une ample matière à de froides plaisanteries. On se moque des agronomes qui enterrent leur dernier écu dans leur dernier sillon, et on n'apprécie pas les véritables agronomes qui, plus forts que la terre qu'ils cultivent (selon l'expression de Columelle), y font germer et leur fortune particulière et la

Vues sur les

fortune publique. De ce nombre est M. de Lachapelle; il a su appliquer à d'importantes améliorations beaucoup d'intelligence, une assiduité soutenue, et des capitaux considérables. Après avoir exposé quelques principes qui lui ont servi de règle, il s'est engagé à faire connaître, par une suite de mémoires, les résultats de ses travaux.

Il a déjà rempli une partie de ses promesses constructions en nous communiquant de belles vaes sur les des bergeries, constructions des bergeries, sur celles des toits par le même. en cintre, et des observations précieuses sur l'emploi du sarrazin comme fourrage. - Bientôt il nous fera connaître les améliorations qu'il ą opérées dans un domaine qu'il exploite.

Ce domaine offre d'un côté une terre argil leuse de bonne nature, propre au froment, sur laquelle il fait des expériences pour découvrir l'assolement qui lui convient. De l'autre côté s'étend une vaste plaine, nommée la Valbonne, réputée de temps immémorial par sa stérilité, et qui a été le principal théâtre des travaux de notre confrère.

Entre ces deux parties est son habitation, ainsi que de belles prairies, arrosées par un ruisseau qui fait mouvoir plusieurs usines particulièrement un moulin à scie, construit tout nouvellement, et très-utile pour débiter

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les bois de l'exploitation et les disposer pour les constructions de tout genre. Ce ruisseau était naguères un torrent dévastateur, emportant dans son cours les fourrages et autres récoltes. Maîtrisé par des travaux bien combinés, il arrose de belles prairies dont le produit est un des principaux revenus de la ferme; celui des prés artificiels fournissant en grande partie à la nourriture des animaux. Ce n'est pas tout; de beaux vergers ont été plantés sur des terrains qui ne sont plus exposés aux inondations, et un vivier très-poissonneux a été creusé,

En attendant le moment où M. de Lachapelle voudra bien nous faire connaître les détails de çes améliorations nous avons entendu avec intérêt ses vues sur les constructions rurales.

De crainte d'affaiblir ce qu'il nous a communiqué sur cet intéressant objet, je le laisserai parler lui-même.

>> Je me suis fort bien trouvé, dit-il, des erêches et râteliers doubles, séparés par un corridor, au bout duquel est placé l'abat - foin, Un enfant peut facilement servir les deux rangs de bétail sans perdre une poignée de fourrage, et sans courir aucun danger. »

» J'ai quelquefois établi au-dessous du râtelier une ouverture par laquelle on introduisait un baquet pour les boeufs à l'engrais, ou pour les vaches

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