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les con

que mors que pris. Et brief ensievant en furent portées les nouvelles audit Daulfin, et luy fut dit comment ses gens avoient estés rués jus ou pays de Bourgongne. Lequel Daulfin jura lors ung grand sairement, qu'il s'en yroit en personne oudit pays, pour trevengier. Et d'aultre part, le duc de Bourgongne fut adverti de ce que le Daulfin avoit dit et juré. Si dist pareillement qu'il yroit aidier à garder son pays. Et par ainsi y eut aulcun commencement de rigueur entre ces deux princes. Mais assés briefz après, par le moyen d'aulcuns notables et saiges personnes d'un costé et d'aultre, furent les choses rapaisiés, et ledit Daulfiu rafraindi son yre et son courous.

CHAPITRE CCLXXVIII.

Comment unes trièves furent faites et dounées entre les rois de France

et d'Angleterre et tous leurs parens, amis, et aliés et subgetz.

Item, durant le temps dessusdit, se continuèrent à Tours en Touraine les assamblées et traictiés d'entre les deux royaumes de France et d'Angleterre. Ouquel lieu estoient pluiseurs princes et grans seigneurs du royaume de France en personne. Et ceulx qui point n'y estoient, avoient envoyé grans et notables ambassadeurs, ayant povoir souffisant de

par

les seigneurs qui les avoient envoyés. Entre lesquelz y estoit de par le duc de Bourgongne, messire Jehan de Croy, bailly de Haynau, le prieur de Vergy, maistre Oudart Caprel et aultres nobles hommes. Et aussy y estoient ceulz des bonnes villes en grand nombre. Et pareillement, de la partie du roy d'Angleterre y estoient, à tout povoir

souffisant, messire Guillaume de Laboulle, conte de Suffort, maistre Adam Mollaine, garde du privé seel du roy d'Agletetre et doyen de Salsebéry, messire Robert de Roos, Thomas Hoos et aultres. Lesquelz, tous ensamble, par diverses journées se assamblèrent l'un avec l'autre. Et furent faites pluiseurs ouvertures entre ycelles parties pour

venir et conclure à paix généralle. Mais finablement, pour les grandes difficultés qui lors estoient entre ycelles parties, ne povoient venir ne eulx accorder à ladicte paix générale. Mais sur espérance de y parvenir et traictier de ladicte paix, prinrent unes trièves et abstinence de guerre jusques à certain temps entre les dessusdictes parties. Lesquelles s'entretinrent assez seurement. Dont du contenu la teneur s'ensieut :

« Charles, duc d'Orliens et de Valois, conte de Blois et de Beaumont, seigneur de Couci et d'Ast, Loys de Bourbon, conte de Vendosme et de Chartres, souverain maistre d'ostel de France, Pierre de Bresel', seigneur de la Varenne et de Bresesac, séneschal de Poitou et d'Avignon, Bertrand de Beauval, seigneur de Presegni', chevalier, consillier et chambellan de très exelent prince le roy de France, nostre très redoubté et souverain seigneur. A tous ceulz qui ces présentes lettres verront, salut. Comme nostre saint père la pape ayt très souventes fois prié et requis, et exorté par ses lettres et mesages, et meismement darainement par révérend père en Dieu l'évesque de Viese, son ambassadeur et mesage, le Roy nostre très redoubté

i. Pierre de Brezé, seigneur de la Varenne et de Brissac. 2. Pressigny.

et souverain seigneur, de condescendre et vouloir entendre par moyen de longue triève ou aultrement à bonne paix, union et concorde avec très hault et très puissant prince son nepveu d'Angleterre; lequel pour ceste cause a depuis nagaires envoyé et transmis, à tout certain povoir, par devers nostre très redoubté et souverain seigneur, ses sollempnelz ambassadeurs et mesages, c'est assavoir Guillaume de Laboulle, conte de Susfort, grand maistre d'ostel dudit très hault prince, nepveu d’ycelui très redoubté et souverain seigneur, maistre Adam Melainne, garde de son privé seel, docteur en loix, doyen de Salsebéry, messire Robert Roos, mestre Thomas Hoos, chevaliers, Richard Androne, secrétaire dudit très hault et puissant prince nepveu d’ycelui très redoubté et souverain seigneur, docteur en loix, et Jehan Wembloch, escuyer. De laquelle chose le Roy nostre très redoubté seigneur, pour révérence de Dieu, pour la pitié aussy qu'il a tousjours eu et a des grans dommages et afflictions que le povre peuple d'une partie et d'aultre a eu longuement et a encore à souffrir et porter à l'occasion de ladicte guerre, et

pour
éviter l'effucion du

sang

humain, s'est libéralement condescendu pour besongnier en ceste matère avec lesdiz ambassadeurs de son dict nepveu, et, sur tout, communiquier, traictier et apoinctier avec eulz, luy ait pleu nous commettre et dépecher de sa part et nous baillier ses lettres de povoir, dont la teneur s'ensieut.

« Charles duc d'Orliens, etc., sçavoir faisons que après ce que pour traictier à ladicte paix et trève nous avons assamblé par pluiseurs journées en ceste ville de Tours avec yceulx ambassadeurs d'Angleterre, nous, à

leur requeste, avons, par vertu à nous donnée, en espérance principale de parvenir par traict de temps à bonne paix et accord final entre nostre très redoubté et souverain seigneur et sondit nepveu et des

royaumes de France et d'Angleterre, octroyé, consenti, promis et accordé, et par ces présentes octroions, consentons, prometons et accordons, pour et ou nom de nostre très redoubté et souverain seigneur, avec les dessusdiz conte de Suffort et aultres mesages et ambassadeurs d'Angleterre desusnommés, et eulz aussy avec nous, par vertu du pooir à nous donné. Duquel aussy la teneur s'ensieut.

« Henricus, etc. Trêves générales pour le Roy nostre très redoubté et souverain seigneur, son royaume, tant par terre et par eaue doulce, comme par mer, ses vassaulx et subgectz, et meismement pour très puissans princes les rois de Castille, des Rommains et de Lyon' et Sézille, duc d'Angou de Bar et de Lohorainne, le roy d'Escoce, monseigneur le. Daulfin de Vienois, aisné filz de France, nous,

duc d'Orliens dessusnommé, les ducs de Bourgongne, de Bretaigne, de Bourbon et d'Alençon, le conte du Maine, et généralernent pour tous les seigneurs du sang du Roy nostredit souverain seigneur et ses aultres subgects, amis, alyés et adhérens, et par tous leurs royaumes, Dauphiné et Vienois, duchées, contées et par tous les aultres pays, terres et signouries qu'ilz ont et tiennent tant en ce royaume que dehors, et pour tous leurs vassaulx et subgectz. Cestassavoir, au regard desdiz amis et alyés et adhérens non subgectz, se comprins y voelent estre et pour

1. Lis. Léon.

ledit très hault prince et nepveu de nostredit très redoubté et souverain seigneur et les royaumes, terres et signouries quelconques, et aussy pour les terres et pays qu'il tient et occupe de ceste heure en cestui royaume de France, et pour tous ses parens, amis et alyés et aidans et adhérans qu'il y vouldra comprendre, se compris y voelent estre. Lesquelz alyés, aidans et adhérens, non subgectz d'un costé et d'aultre, ou ceulx qui y vouldroient estre compris, seront tenus de prometre et jurer à garder ladicte trêve et de réparer ce que par eux ou les leurs seroit fait au contraire.

« A commencier lesdictes trêves par tout le royaume de France, tant par terre comme par eaue doulce et és portz de mer: est assay

savoir, en la duchée de Guienne et

pays de Gascongne, et és portz de mer et ès ysles qui y sont, le x vo jour de juing prochainement venant, à souleil levant, et en tous les aultres pays et contrées d'ycelui royaume. Et au regard de la mer, le premier jour de jullet après ensievant ladicte heure de souleil levant, par tous les royaumes d'Angleterre et signouries d’Yrlandes et de Gales, et par toutes les aultres signouries et isles quelconques dudit très hault et puissant prince et nepveu de nostredit très redoubté seigneur, dudit premier jour de juing prouchain venant, à souleil levant. Et au regard de ladicte mer, le premier jour de jullet prouchain venant, à souleil levant. Et, au regard desdiz alyés d'un costé et d'aultre, commenceront ycelles trêves après ce qu'on aura signifié la déclairacion de leur voulenté, d'une partie et d'aultre. Et souffira pour la descharge et acquit du Roy nostredit très redoubté et souverain seigueur, qu'il face signifier ladicte déclairacion et voulenté desdiz

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