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DE LOUIS XIV,

ET
| DE LOUIS XV,

PAR V OL T'AIR E.

ToME QUATRIEME.

ÉDITIoN sTÉR É o TYPE ,
D'après le procédé de FIRMIN DIDoT.

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DE L'IMPRIMERIE ET DE LA FoNDERIE sTÉRÉofYPPs
DE PIERRE DIDOT L'AîNÉ, ET DE FIRMIN DIDOT.
1817.^
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Nous avons donnéavec quelque étendue une idée du siecle de Louis XIV, siecle des grands hommes, des beaux-arts et de la politesse : il fut marqué, il est vrai, comme tous les autres , par des calamités publiques et particulieres, inséparables de la nature humaine ; mais tout ce qui peut consoler les hommes dans la misere de leur condition faible et périssable semble avoir été prodigué dans ce siecle. Il faut voir maintenant ce qui suivit ce regne, orageux dans son commencement, brillant du plus grand éclat pendant cinquante années, mélé ensuite de grandes adversités et de quelque bonheur, et finissant dans une tristesse assez sombre, après avoir commencé dans des factions turbulentes. Louis XV était un enfant orphelin. Il eût été trop long, trop difficile et trop dangereux d'assembler les états-généraux pour régler les prétentions à la régence. Le parlement de Paris l'avait déja donnée à deux reines : il la donna au duc d'Orléans. Il avait cassé le testament de Louis XIII ; il eassa celui de Louis XIV. Philippe, duc d'Orléans, petit-fils de France , fut déclaré maître absolu par ce même parlement qu'il envoya bientôt après en exil. Pour mieux sentir par quelle fatalité aveugle les affaires de ce monde sont gouvernées, il faut remarquer que l'empire ottoman, qui avait pu attaquer l'empire d'Allemagne pendant la longue guerre de 17o1, attendit la conclusion totale de la paix générale pour faire la guerre contre les chrétiens. Les Turcs s'emparerent aisément, en 1715 , du Péloponnese, que le célebre Morosini, surnommé le Péloponnésiaque, avait pris sur eux vers la fin du dix-septieme siecle, et qui était resté aux Vénitiens par la paix de Carlovitz. L'empereur, garant de cette paix, fut obligé de se déclarer contre les Turcs. Le prince Eugene, qui les avait déja battus autrefois à Zenta, passa le Danube, et livra bataille près de Petervaradin, au grand-visir Ali, favori du sultan Achmet III, et remporta la victoire la plus signalée. Quoique les détails n'entrent point dans un plan général, on ne peut s'empêcher de rapporter ici l'action d'un Français, célebre par ses aventures aingulieres.Un comte de Bonneval, qui avait quitté le service de France sur quelques mécontentements du ministere, major-général alors sous le prince Eugene, se trouva dans cette bataille entouré d'un corps nombreux de janissaires : il n'avait auprès de lui que deux cents soldats de son régiment ; il résista une heure entiere ; et ayant été abattu d'un coup de lance, dix soldats qui lui restaient le por

· terent à l'armée victorieuse. Ce même homme,

proscrit en France, vint ensuite se marier publiA

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