Annales du Musée et de l'Ecole moderne des beaux-arts, Volumen 21

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Página 127 - Loin du trône nourri, de ce fatal honneur Hélas! vous ignorez le charme empoisonneur; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse. Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois, Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même...
Página 37 - Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour. Digne fils du héros qui t'a donné le jour, Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite. La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte! Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
Página 2 - Toute pleine du feu de tant de saints prophètes, Allez, osez au roi déclarer qui vous êtes. ESTHER. Hélas! ignorez-vous quelles sévères lois Aux timides mortels cachent ici les rois? Au fond de leur palais leur majesté terrible Affecte à leurs sujets de se rendre invisible...
Página 56 - Vous ne répondez point?... Perfide, je le voi, Tu comptes les moments que tu perds avec moi.
Página 128 - Phœdime, il fallait me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer, Et lorsque m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux ; Et, si mon nom encor s'est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois ; et de toute ma gloire, Phœdime, conte-leur la malheureuse histoire.
Página 127 - Corrompant de vos mœurs l'aimable pureté, Ils vous feront enfin haïr la vérité, Vous peindront la vertu sous une affreuse image. Hélas! ils ont des rois égaré le plus sage.
Página 37 - Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper. Voilà mon cœur. C'est là que ta main doit frapper. Impatient déjà d'expier son offense, Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance. Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups, Si ta haine m'envie un supplice si doux, Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée, Au défaut de ton bras prête-moi ton épée.
Página 91 - Adieu, déjà je sens dans un nuage épais Nager mes yeux éteints et fermés pour jamais. Adieu, mon cher Orphée, Eurydice expirante En vain te cherche encor de sa main défaillante. L'horrible mort, jetant son voile autour de moi, M'entraîne loin du jour, hélas ! et loin de toi. Elle dit, et soudain dans les airs s'évapore; Orphée en vain l'appelle, en vain la suit encore, II n'embrasse qu'une ombre ; et l'horrible nocher De ces bords désormais lui défend d'approcher. Alors, deux fois privé...
Página 62 - Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ? Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée? Et ne voyais-tu pas , dans mes emportements , Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments? Quand je l'aurais voulu , fallait-il y souscrire? N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire?
Página 67 - Dans ton perfide sang je puis tout expier, Et ta mort suffira pour me justifier. N'en doute point, j'y cours, et dès ce moment même... Bajazet, écoutez : je sens que je vous aime; Vous vous perdez.

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