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Ainsi on trouvera rassemblés les classiques latins ad usum Delphini, in-4°.; ceux qui ont été enrichis des notes de plusieurs savants, et connus sous la dénomination de Diversorum, aussi in-4°. Cette collection, qui est assez nombreuse et fort belle, manquait aux Bibliographies, soit françaises, soit étrangères. Quant aux Variorum, comme plusieurs bibliographes font entrer dans leur collection un grand nombre de classiques grecs et latins imprimés ailleurs qu'en Hollande, et que d'autres persistent à ne reconnaître pour vrais Variorum que ceux de Hollande, nous avons désigné ceux-ci par une étoile (*), sans prétendre nous immiscer dans cette querelle bibliographique. Les amateurs des livres imprimés chez les Aldes pourront en toute sûreté faire leur choix dans notre liste, qui a été formée d'après le catalogue raisonné de M. Renouard, et d'après celui qui a paru à Florence sous le titre de Série des Editions Aldines.

C

Le même zèle et les mêmes soins avec lesquels nous avons rédigé les collections précédentes, ont présidé à celles que nous avons déja publiées ou que nous publions pour la première fois, telles que celles des Elzevirs, des Tonson, des Cominus, des Baskerville, des Barbou, des Didot, des Stéréotypes, etc.

Pour guider les amateurs dans leurs acquisitions, nous avons joint des prix approximatifs aux articles de notre Dictionnaire. Quoique ces prix aient été fixés d'après l'état comparé des adjudications qui ont eu lieu dans les ventes les plus célèbres depuis quarante ans jusqu'à ce jour, nous ne prétendons pas les donner comme une règle certaine à laquelle les amateurs et les libraires doivent se conformer. On sait fort bien qu'en fait d'objets rares ou de pure curiosité, il serait ridicule de vouloir établir une valeur précise et in

variable. Plus'un livre est rare, plus il est sujet à varier dans son prix; car ce prix dépend du caprice des amateurs, de leur concurrence, de la condition et de la conservation du livre, ét de plusieurs autres circonstances que les bibliophiles savent si bien apprécier: mais comme entre le plus haut et le plus bas prix il s'en trouve un moyen qui approche 'plus ou moins de l'un ou de l'autre, c'est à ce prix que nous nous sommes surtout attachés, et c'est ce prix que nous avons indiqué avec le plus d'exactitude qu'il nous a été possible de le faire.

On sera sans doute étonné de la baisse qu'ont subie depuis quelques années les prix d'un grand nombre d'ouvrages utiles, dans les arts et dans les sciences principalement, tels que ceux qui ont pour objet les mathématiques, la physique, la chimie, la médecine, l'histoire naturelle, la botanique, que les grands noms de leurs auteurs, tels que Tournefort, Linné, Nollet, Bezout, Brisson, Buffon, etc., n'ont pu ρικ sauver d'un discrédit absolu, quoique leur prix élevé ait été invariable pendant près d'un demi-siècle. On n'ignore point que les progrès faits par la science depuis vingt ans, ont dû faire baisser le prix de certains ouvrages, en proportion de la faveur que quelques autres ont obtenue. Mais pourquoi ceux qui sont encore utiles, toujours bons à consulter, et dont l'exécution typographique répond à l'importance des matières qu'ils contiennent, pourquoi sont-ils frappés de l'anathême lancé contre les livres, ou inutiles ou mal faits? Pourquoi sont-ils tombés dans une sorte de mépris, et les noms de leurs auteurs brillent-ils encore de tout l'éclat de leur première illustration?

Ne craignons point d'attribuer cette étrange révolution à certains savants de nos jours, qui, sous le prétexte du perfectionnement de la science et des nouvelles découvertes, voudraient voir anéantir tous les livres qui ont rapport à la science

qu'ils cultivent, et qu'il n'y eût de conservés que ceux qui portent leurs noms, ou qu'ils ont adoptés. Le public a beau venger les noms illustres qu'ils affectent de mépriser; d'autres demi savants ont beau renverser leur domination usurpée, pour se voir bientôt humiliés à leur tour après quelques années de règne, le coup qu'ils ont porté aux bons livres est mortel; et le public, tout en estimant les auteurs, s'accoutume à dédaigner leurs ouvrages.

Si ce que nous venons de dire n'indique pas la vraie cause du discrédit de certains ouvrages et de la baisse que leur valeur a éprouvée, pourquoi les Éléments de botanique de Tournefort, de l'édition de 1694, qui se vendaient, il y a vingt ans, 80 à 96 livres, et qui valaient encore, il y a trois ans, 50 à 60 livres, ne passent-ils pas aujourd'hui la moitié de cette dernière somme? Pourquoi chaque volume des ou vrages de Linné, dont le prix était naguère de 5 à 6 livres, ne se vend-il plus que 2 livres à peine? Pourquoi la Physique de Nollet, qui se soutenait, il y a vingt ans, au prix de 20 à 24 livres, malgré les nouvelles découvertes, ne vautelle plus, quoique bien reliée, que 20 à 24 sous le volume au plus ? Pourquoi l'Histoire naturelle de Buffon, séparée de tout ce que nos modernes naturalistes y ont ajouté, éprouve-t-elle chaque jour l'humiliation du rabais, malgré le style enchanteur et inimitable de son auteur?

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Que les amateurs et les libraires se consolent de cette révolution dans la fortune de certains bons ouvrages. Il en sera comme des mots dont Horace a dit:

Multa renascentur quæ jam cecidere; cadenique
Quæ nunc sunt in honore vocabula, etc.

L'immensité des articles contenus dans cette seconde édition aurait pu sans doute nous autoriser à la publier en

plusieurs volumes; mais mettant de côté tout motif d'intérêt, nous n'avons consulté que l'avantage et la commodité des amateurs, et nous avons cru en conséquence devoir rendre notre ouvrage portatif, en le renfermant dans un seul volume. A l'égard de la partie typographique, nous n'avons rien négligé pour la rendre aussi parfaite que possible : on n'en doutera point quand on jetera les yeux sur la qualité du papier que nous avons employé, et sur les caractères dont nous nous sommes servis ; caractères neufs et du plus bel œil que l'on puisse trouver. Nous n'oublierons point d'annoncer ici que ces mêmes caractères serviront à l'impression de la Bibliographie orientale, composée par le savant M. Langlès, laquelle doit faire suite à celle-ci et à toutes les autres.

D'après tout ce que nous avons dit sur cette seconde édition, nous avons lieu d'espérer qu'elle n'aura pas un moindre succès que la première; mais si nous réussissons, il est juste que nous en témoignions notre reconnaissance aux personnes qui nous ont aidés de leurs lumières, et qui nous ont fait part d'un très-grand nombre d'articles intéressants que nous avions omis, et qui avaient été négligés dans les Biblio graphies qui ont précédé la nôtre : nous voulons parler de MM. Clavier, Bosquillon, Hubert de Marseille, Boulard, Quatremère de Roissy, et sur-tout de M. Jardé, qui nous a été très-utile par ses conseils

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PRÉCIS

SUR LES BIBLIOTHÈQUES

S1

ET SUR LA BIBLIOGRAPHIE.

i l'art d'écrire est, comme on n'en saurait douter, presque aussi ancien que la parole, il est permis de croire que les hommes ont fait des livres dès le temps même qu'ils ont pu s'exprimer à l'aide des signes de la pensée. Ce qu'on appelle les Traditions patriarchales, n'était donc que des Mémoires transmis par les premiers pères de famille à leurs enfants, qui ajoutaient à ces mémoires les événements de leur temps. On a lieu de penser que Noé porta dans son arche tous les ouvrages dont il était proprié taire ou auteur, ainsi que plusieurs autres sur les arts et sur les procédés qu'on y employait avant lui, et pendant la longue carrière qu'il avait parcourue, lorsque le déluge vint anéantir tous les monuments. Sans doute ses enfauts, à l'époque de leur dispersion, ne négligèrent point d'emporter avec eux des exemplaires de ces utiles et respectables écrits: l'Egypte, qui en fut la première enrichie, fut aussi le berceau de toutes les sciences, et put, sept cents ans après, fournir à Moïse les matériaux nécessaires pour composer l'histoire de la Genèse, ainsi que la législation des Hébreux. Aucun monument n'est plus célèbre dans l'antiquité, que la Bibliothèque que le roi Osymandias avait formée dans son palais, moins de quatre siècles après le déluge. Quel qu'ait été le nombre des livres qui composaient cette collection, il est indubitable qu'il existait des livres à une époque antérieure de plusieurs siècles.

Un long espace de temps sépare Osymandias de Pisistrate, qui le premier ouvrit une bibliothèque dans la ville d'Athènes, et y plaça les Euvres d'Homère qu'il avait fait rassembler avec beaucoup de peine et de dépenses. On sait que Xercès la fit transporter en Perse, et que Séleucus, roi de Syrie, la rendit aux Athéniens.

Jusques à Ptolémée Philadelphe, second roi d'Egypte, de la race des Lagides, aucun prince, sans en excepter Alexandre-le-Grand, u'avait montre plus de zèle, et n'eut plus de moyens que ce monarque pour former une grande bibliothèque. Ami de la paix et des sciences, protecteur des philosophes, des orateurs, et possesseur de grandes richesses il rassembla dans le temple de Sérapis d'Alexandrie, une telle quantité de livres, que cette bibliothèque devint, sous son règne et sous celui de ses successeurs, le monument le plus riche, le plus important et le plus beau de l'univers. Pour satisfaire ce goût si digne d'un grand prince, qui fait consister le bonheur et la gloire dans les lumières, Ptolémee avait des émissaires dans toute l'Asie et dans toute la Grèce, chargés d'y faire la recherche des livres les plus rares et les plus précieux. Per sonne n'ignore que c'est à son zèle plein de magnificence, que l'Eglise est redevable de la célèbre version des Livres de Moïse, dite des Septante. La bibliothèque d'Alexandrie, composée de sept cent mille volumes, eut un bibliothécaire bien digne d'elle, l'illustre orateur et magistrat athé

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