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44 Que de géans là-bas je vois paraître ! Allusion aux Infiniment petits, seconde cause de ma condamnation.

15 Promet mon ame aux gouffres dévorans.

Un prédicateur, dans une des principales églises de Paris, fit une sortie contre moi, après ma condamnation, et dit que la peine qu'on m'infligeait ici-bas n'était rien auprès de celle qui m'attendait en enfer.

16 Déjà le diable a plumé mon bon ange.

L'Ange gardien, prétexte de ma condamnation pour atteinte à la morale publique on ne voulut pas ne faire porter le jugement que sur des chansons politiques, et on n'osa pas incriminer les chansons contre les jésuites: il fallut bon gré mal gré que l'Ange gardien payât pour toutes.

17 C'est bien leur compte. Ah! du moins La Fontaine,

Le dévouement de La Fontaine pour Fouquet le fit exiler en Touraine, avec son cousin Jeannard; on doit à cet exil les lettres de La Fontaine à sa femme. On y voit que le lieutenantcriminel leur fournit de l'argent pour le voyage. Les temps sont bien changés.

18 Monsieur Loyal, délivrez-moi quittance. M. Loyal, l'huissier de Tartufe.

19 Vive le Roi! voilà dix-mille francs.

Il y a ici une inexactitude. Ce n'est point 10,000, mais 11,250 francs qu'on m'a fait payer, grace au dixième de guerre et aux frais.

LE CORDON, S'IL VOUS PLAIT!

20 Dont il soutient les premiers pas.

M. de Jouy qui, dans les genres élevés, a mérité les plus brillans succès, est l'auteur de beaucoup de chansons charmantes, ce qui ne l'a pas empêché, dès mon début, de préter aux miennes l'appui de sa réputation. Rien n'était plus propre à les faire connaître dans toute la

France que leur éloge souvent répété dans l'Ermite de la Chaussée-d'Antin.

21 Que je dois trois termes ici.
J'étais condamné à neuf mois de prison.

22

DENYS, MAITRE D'École.

Denys, fils de Denys l'Ancien, après avoir opprimé Syracuse pendant plusieurs années, chasse enfin, se retira à Corinthe, où, dit-on, il se fit maître d'école. Soupçonné d'avoir tenté de remonter sur le trône de Sicile, il fut obligé de quitter Corinthe, et s'associa à des prêtres de Cybèle, qui l'initièrent à leur culte. Il s'enivrait, dansait et courait les campagnes avec eux. C'est ainsi qu'au dire de quelques historiens, il finit sa friste existence.

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Il ne faut pas croire que cette espèce de charlatans ou de fous ait entièrement disparu de la France. C'est l'un d'eux qui m'a donné l'idée de cette chanson. Il faut convenir que celui-là avait l'air d'une profonde conviction.

24 Ou d'un vieux livre interroge les mots.

L'Hermès des anciens Égyptiens passait dans l'antiquité pour avoir découvert tous les secrets de la nature et les avoir transmis aux prétres de son pays. La transmutation des métaux lui était attribuée; de-lă le nom de science hermétique. Les prétendus livres qui portent son nom sont, diton, l'ouvrage des Grecs du Bas-empire. Ils sont encore la règle des alchimistes et souffleurs, gens qui cherchent le grand œuvre ou la pierre philosophale, secret qui donne à la fois des trésors à volonté et la prolongation indéfinie de la vie humaine. Nicolas Flamel, qui eut la réputation chez nos aïeux d'avoir découvert la pierre philosophale, passait pour être devenu immortel, et je ne sais quel ancien voyageur raconte l'avoir rencontré en Asie deux ou trois siècles après l'époque où il vécut.

CHANT FUNÉRAIRE

POUR LE CONVOI DE QUÉNESCOURT.

25 Long-temps son nom se lire sur la pierre!

François Quénescourt, né à Péronne, où j'ai passé six ans de ma jeunesse, est mort à Nanterre, près de Paris. J'ai reçu de lui les preuves de l'amitié la plus tendre et la plus constante. Cette chanson n'exprime qu'imparfaitement tous les services que cet ami m'a rendus. Voici l'épitaphe que je lui ai composée. Qui n'a pas connu cet homme d'un extérieur si simple, d'un ton si modeste, mais dont l'esprit était si élevé, le cœur si parfait, ne peut apprécier le peu qu'il y a de mérite dans ces quatre vers où j'ai tâché de le peindre.

Vous qui, le rencontrant, n'avez pas reconnu
Qu'un esprit cultivé, qu'une ame tendre et fière
Brillaient sous l'humble habit de cet homme
Saluez-le sous cette pierre. (ingénu,

26

LES CONTREBANDIERS.

Le Bon sens d'un homme de rien est un livre d'un grand sens fait par un homme de beaucoup d'esprit. Dans un cadre fort original, l'auteur philanthrope consciencieux et instruit, a traité beaucoup de questions économiques qu'il a su revètir d'une forme à la fois piquante et familière. Les questions politiques y sont également abordées avec une franchise toute bretonne. Le style de cet ouvrage, remarquable par une correction sans recherche et une naïveté sans affectation, décèle un très-rare talent d'écrivain, fait pour s'illustrer dans la défense des intérêts populaires. A l'appui de cette opinion, on peut lire le discours prononcé par M. Bernard, à la Chambre, lors de la discussion sur la réforme du Code pénal.

27

ÉMILE DEBRAUX,

Emile Debraux est mort au commencement de 1831, à l'âge de trente-trois ans. Peu de chansonniers ont pu se vanter d'une popularité égale

à la sienne, qui, certes, était bien méritée. Les chansons de la Colonne; Soldat, t'en souviens-tu ? Fanfan la Tulipe; Mon petit Mimile, etc., ont eu un succès prodigieux, non-seulement dans les guinguettes et les ateliers, mais aussi dans les salons libéraux.

L'existence de Debraux n'en resta pas moins obscure il ne savait ni se faire valoir, ni solliciter. Pendant la Restauration, il se laissa poursuivre, juger, condamner, emprisonner, sans se plaindre, et je ne sais si une seule feuille publique lui adressa deux mots de consolation. Souvent il fut réduit à faire des copies et à barbouiller des rôles pour nourrir sa femme et ses trois en fans.

Les sociétés chantantes, dites Goguettes, le recherchèrent toutes, et je crois qu'il n'en négligea aucune. Si, dans ces réunions, Debraux se laissa aller à son penchant pour la vie insouciante et joyeuse, il faut dire que par des soins utiles elles adoucirent ses derniers momens, rendus si pénibles par une maladie lente et douloureuse.

Sa pauvre famille n'a obtenu que d'incertains et faibles secours dans la répartition faite par le Comité des récompenses nationales. Pourtant les chansons de Debraux, en contribuant à exalter le patriotisme du peuple, ont concouru au triomphe de Juillet, qu'à son lit de mort, il a salué d'une yoix défaillante.

28

L'ÉCRIVAIN PUBLIC.

Cette chanson est anciennement faite. Moins on la trouvera digne de voir le jour, mieux on se rendra compte du motif qui la fait livrer aujourd'hui à l'impression.

M. DE CHATEAUBRIAND.

29 Brille à tes chants d'une noble rougeur

Dans un des couplets qui précèdent celui-ci, je parle des lyres que la France doit à M. de Chaieaubriand. Je ne crains pas que ce vers soit démenti par la nouvelle école poétique, qui néo

sous les ailes de l'aigle, s'est, avec raison, glorifiée souvent d'une telle origine. L'influence de l'auteur du Génie du Christianisme s'est fait réssentir également à l'étranger, et il y aurait peutétre justice à reconnaître que le chantre de Child Harold est de la famille de René,

Après ce que je viens de rappeler du grand mouvement qu'il a donné à la poésie moderne, il importe peu à M. de Chateaubriand que je répète ici ce que j'ai dit dans ma préface de l'influence particulière de ses ouvrages sur les études de ma jeunesse. Je crois plus à propos de faire ressouvenir qu'en 1829, M. de Chateaubriand m'ayant honoré de marques d'intérêt et d'estime, en fut vivement réprimandé par les organes du pouvoir auquel la France était livrée. Je rougis d'avoir si faiblement acquitté ma dette envers le plus grand écrivain du siècle, surtout quand je pense qu'il a consa cré quelques pages à immortaliser mes chansons. C'est un plaidoyer en leur faveur que la postérité lira sans doute, mais l'avocat le plus éloquent ne saurait gagner toutes les causes. Puisse du moins la trop grande générosité de M. de Chateaubriand ne lui donner jamais de liens plus ingrats que le chansonnier qu'il a bien voulu placer sous la protection de son génie !

30

LA RESTAURATION DE LA CHANSON.

On te détrônait.

A la fin de juillet 1830, j'avais dit: On vient de détrôner Charles X et la chanson. Ce mot fut répété à la tribune.

31 Depuis les jours de décembre,

Le jugement des ministres de Charles X. La Chambre alors ne voulait point entendre parler de sa dissolution.

32

Sauveront leur nid.

On craignait encore que l'hérédité de la paitie ne fût conservée.

SOUVENIRS D'ENFANCE.

33 Et m'apprivoise avec celle des rois.

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