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les Impériaux. Le Comte choisie un poste si avaa» tageuz, que le Prince Eugène.quoique très-supérieur en forces, n'osa jamais hasarder ce passage.

Page 13. (14J Parla paix de r 7 j 6, Staniflas Leczinski , beau-père de Louis XV, élu deux fois Roi de Pologne, l'une en 1704, l'autre en 173}, renonça à ce royaume, en gardant le titre de Roi. Le Duché de Lorraine & de Bar lui fut donné en dédommagement; & François , Duc de Lorraine, gendre de l'Empereur, eut en échange le grand Duché de Toscane.

Page 14. ( 1 $) Le Comte de Saxe avoit connu en 17 j 1 le Chevalier Follard, & s'étoit lié avec lui. Cet officier, passionné dès son enfance pout l'artde la guerre, avoit passé sa vie à combattre & à méditer. C'étoit un guerrier plein de vues, qui joignoit la méthode à la hardiesse des idées. C'est aux maîtres de l'art à décider, s'il eut raison de vouloir appliquer à tous les lieux & à toutes les circonstances son système de la colonne, & de rapporter tout à cet objet. II a laissé dans un commentaire fur Polybe le vaste dépôt de ses connoissances & de ses réflexions. Ces deux hommes, que le même goût, ou plutôt la même passion avoit unis , tenoient tou* les jours ensemble des conférences de deux ou trois heures, où ils se communiquoient leurs idées fur les opérations militaires.

Ce fut dans le méme temps que le Comte de Saxe étudia tous les auteurs anciens qui ont traité de la guerre. II lut Polybe en entier. II avoit un goût particulier pour un auteur peu connu , & qui cependant mérite de l'être. C'est Onozander qui vivoit fous les Empereurs Romains. II a fait un ouvrage fur la manière de conduire les armées. Le Comte de Saxe l'avoit souvent à la main , & le portoit toujours avec lui. Nous n'en avons jusqu'ici qu'une traduction en vieux style. On nous en promet une nouvelle de M. Ie Baron de Zurlauben , membre de l'Académie Royale des Inscriptions, & auteur de l'Kistoire militaire des Suisses.

Page 15. (16) Prague fut assiégée à la fin de novembre 1741. L'Electeur de Bavière, depuis Empereur fous le nom de Charles VII, confia au Comte de Saxe les opérations du siège. La. grandeur immense de cette capitale, le grand nombre des troupes qui formoient la garnison, le défaut de vivres dans le camp , les rigueurs excessives de la saison , & plus que tout cela, l'approche d'une armée de joooo hommes qui Toloit à son secours , & qui n'étoit plus qu'à cinq lieues, tout cela faifoit craindre beaucoup pour le succès. Le Comte de Saxe résolut da prévenir l'arrivée des ennemis, & d'emporter la ville par escalade. Il confia son projet à un os

ììcier digne de le íeeonder, c'étoit M. de Ché-Vert, alors Lieutenant-Colonel, & depuis Lieutenant-Général. Cet officier se servit d'un sergent dont la valeur lui étoit connue. L'instïuctíon singulière qu'il lui donna, mérite à jarriais d'être conservée. »Tu te rendras, dit il, en tel endroir; » tu appliqueras une échelle contre le mur ; tu » monteras : on criera gui vive'Tu né répondras » rien. On retirera, on te manquera, tu égorge» ras la sentinelle , & je suis à toi ». Le sergent ne pensa pas mcme à faire une objection; tout fut exécuté de point en point. Le sergent monta , fut tiré , fut manqué; M. de Chévert le suivit, & la ville fut prise. C'étoit le i5 novembre , la iluit même du jour où la tranchée avoit été ouverte.

Page 17.-(17) La conquête d'Egra étoit d'autant plus importante , que les ennemis y avoient tous leurs magasins. Cette ville étoit si forte , que le Prince Charles crut qu'il n'étoit pas nécessaire d'y jetter du secours! Elle fut investie par le Comte de Saxe le 1 avril 1741. Une garnison nombreuse, un chef habile, l'abondance de tout ce qui fait le nerf & le ressort de la guerre, toutes les ressources de cet art ingénieux te savant inventé par les modernes pour défendre les places, ne purent empêcher qu'elle ne lût prise aptes quelques jours de tranchée ouVêrte. Cette conquête fit beaucoup de bruit dans . l'Europe , & causa la plus grande joie à 1'Empereur Charles VII, qui écrivit de fa propre maia au Comte de Saxe pour l'en féliciter/

Page j (18) Dans l'hivet de Í745 il se conclut un traité d'union à Vatfovie, entre la Reine de Hongrie, le Roi d'Angleterre , l'Electeur de Saxe & la Hollande. L'Ambassadeur des érats généraux ayant rencontré le Maréchal de Saxe dans la gallerie de Versailles, lui dema»da ce qu'il penfoit de ce traité. Cela est sort indifférent à la France , reprit le Maréchal ; mais fi le Roi mon maître veut me donner carte-blanche, j'en irai lire l originalà la Haye, avant que f année soit passée.

Page 34 (i9> Lorsque la bajaiíle de Fontenoy se livra, le Maréchal de Saxe étoit presque mourant. II se faisoit traîner dans une voitnre d'oíîer pour visiter tous les postes. Pendant l'action ii monta à cheval ; mais son extrême foiblesse faisoit craindre qu'il n'expirât à tout moment. C'est ce qui fit dire au Roi de Prusse dans une lettre qu'il lui écrivit long-tems après, o, qu'agitant, il y a quelques jours , la question 35 de savoir quelle étoit la bataille de ce siècle » qui avoir fait k plus d'honneur au Général , » les uns avoient proposé celle d'Almanza, 6c » Jes autres celle de Turin} mais qu'eufin tout » le monde éroit tombé d'accord que c'étoit u sans contredit celle dont le Général étoic à la. » mor t lorsqu'elle Te donna ».

Page 3 S. (10) Cette fameuse colonne dont on a fait honneur au génie de nos ennemis, fut presque l'ouvrage du hasard. L'infanterie angloise étoît d'abord rangée sur deux lignes; & ses flaics «poses au feu de notre artillerie soufFroient beaucoup. Ce fut ce qui obligea cette infanterie à se resserrer pour présenter un front moins large, 3c à former ce bataillon quarré qui fit tant de progrès Sc de ravages, & qui donna pendant une heure entière la victoire à nos ennemis. Le Maréchal de Saxe, pour l'enfoncer, le fît attaquer en même temps de front & par les flancs. Ces trois attaques concertées ensemble, & exécutées avec la plus grande intrépidité , arrachèrent enfin la victoire aux Anglois.

"Page 40. (n) Au mois d'avril 174*, le Roi donna au Maréchal de Saxe des lettres de naturalisé. Elles font conçues dans les termes les plus honorables & les plus flatteurs. Après la bataille de Raucoux, il lui fit présent de six pièces de canon qui faisoient partie de l'artillerie prise sur les ennemis ; honneur rare, & qui de la part d'un Roi est la marque de la plus grande confiance, II lui avoit déja donné le

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