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renferme sa cendre élèvera l'ame de tous les François , leur inspirera le courage, la magnanimité, l'amour généreux de la gloire , le zèle pour le Roi & pour la Patrie.

Puissent tous ceux que leur naissance ou leurs talens, appellent à con> mander , le prendre pour modèle ; & puisse la France, toutes les fois qu'elle fera forcée de combattre , n'avoir point à regretter ce grand Homme!

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NOTES HISTORIQUES.

jP A c j 4. ( 1 ) Le Comte de Saie naquît le 1 j Octobre 1696, de Frédéric-Auguste II, Electeur de Saxe, Roi de Pologne , & de la Comtesse de Konismark , Suédoise , aulE célèbre par sou esprit que par sa beauté.

Page 6 (<t) En 1708 il étoit en Flandre dan» l'armée des Alliés , commandée par le Prince Eugène & par Malborough. II fut témoin de la prise de Lille en 1709. II se distingua au siège de Tournay, où il pensa périr deux fois. II se signala au siège de Mons. II se trouva à la Bataille de Malplaquer, & ce jeune enfant dit le soir qu'il étoit content de íà journée.

Page 8 Stralsund la plus forte place de la Poméranìe, étoit assiégée par les Rois de Pologne , de Danemarck & de Prusse, & défendue par Charles XII. Le jeune Comte obtint la permission de servir à\ ce siège parmi les troupes Saxonnes. II y montra la plus grande intrépidité. Le désir de voir & de connoître Charles XII , la faisoit s'exposer dans les endroits les plus périlleux , parce qu'il pensoit que ce devoit être là-le poste du Roi de Suède. En effet il le vie J'admira. II conserva ce. sentiment pendant

Tome XII, C

touta sa vie. C'ctoit la seconde sois qu'il com^ battoit à Stralsund. En 1711 il avoit sum dans cette place le Roi son pere, il avoit passé1 la rivière à la nage, à la vue des ennemis , gc 1» pistolet à la main,

Page 10. (4) En 1717 il se rendit en Hongrie, où l'Empereur avoit contre les Turcs une armée de 1 joooo hommes fous les ordres du Prince Eugène. II se trouva au siège de Belgrade, & à une bataille sanglante que Je Prince Eugène gagna sur les Turcs.

Page, ii (5) Le Traité d'Utrecht avoit ter-i miné la guerre pour la succession d'Espagne, & calmé les orages du Midi. La mort de Charles XII avoit pacifié le Nord ; & les victoires du Prince Eugène, en abattant les forces de l'Empire Ottoman , procurèrent à l'Allemagne la paix de Passarovitz,

Page 14. ( 6 ) Ce fut en 1710 qu'il fît son premier voyage à Paris, IJ avoit eu de tput temps beaucoup d'inclination pour les François, Çe goût sembla naître en lui avec le goût de la guerre, La langue ftançoise fut même la seule; langue "étrangère qu'il voulut apprendre dans son enfance, Le Duç d'Orléans lui fit un accueil 'très-flatteur, & pour le fixer en France, Jui fit expédier un brevet de Maréchal de camp, I)

$st daté du 7 Aofo17*9,

Page 16. (7) Le Comte de Saxe fixé à Paris ta 1711, employa tout le temps que dura la paix à étudier les mathématiques, le génie, let fortifications & les méchaniques. II avoit un talent naturel & décidé pour toutes ces sciences abstraites. Avant d'appliquer ces connoissance» à la guerre, il les consacra à servir sa nouvelle patrie, par un de ces ouvrages dont le projet seul fait honneur à un citoyen, & dont la gloire doit être indépendante du succès, puisqu'ils ont pour but l'utilité publique. C'étoit une machine qu'il inventa pour faire remonter les bateaux de Rouen à Paris, fans le secours des chevaux. U fut obligé d'abandonner cette entreprise, après j avoir dépensé des sommes immenses. II contribua beaucoup à la perfection d'une autre machine qui sert à Paris , & par le moyen de laquelle on remonte les bateaux depuis le Pontroyal jusques dans le bassin.

Puge 18. (8; On £ë croit obligé d'avertir que Jans tout ce détail, on parle moins en Orateur ^u'en Historien. Les éloges des grands Hommes ne doivent être fondés que fur les faits. Le Comte de Saxe fit l'étude la plus profonde de la guerre. Le délassement de tant de travaux étoit un amusement guerrier. L'art d'exercer les troupes , cet art qui en augmentant la souplesse du soldat, fait que Tordre se joint à la rapidité de» - 1

évolutions, & que les bataillons paroissent <îa Vastes machines qui n'ont qu'un méuie ressoít (6 un même mouvement; cet art qui a h" souvent décidé de la perte ou du gain des batailles, avoir pïesqu'au sortir de Enfance, fixé l'attention da Comte de Saie. Dès l'âge de seize ans, il avoit inyenté un nouvel exercice , & l'avoit fait exécuter en Saxe avec le plus grand succès. En 1711 ayant obrenu un régiment, en France j tous les jours il prenoit plaisir à le former ic à l'exercer lui-mi me selon sa. npuvelle rnérhade^ & ce for peut-être spn exemple qui réveilla l'attention du gouvernement Çai cette pa/tie de la guerre , trop négligée jusqu'alors parmi nous, & perfectionnée .fn Prusse par $0 ans d'application & de foins. Le Chevalier Follard qui a passé fa vie à étudier la guerre & à en donner des leçons, estimoit béant .coup la nouvelle tactique inventée par le Comte de Saxe, Voici comment il s'exprime lui-même dans ses commentaires fur Polybe, tome 3 , Jiv, x, ch. 14, §, 4. Après avoir parlé de l'utilitc de- plusieurs exercices , il ajoute: Ce que je viens *ff„(í/>f est excellent; mais il faut encore exercer I fcs troupes à tirerfeJlon la nçuvelle méthode que Comte de Slaxe a introduite dans soji régi' ment; méthode dont je fais grand cas , ainsi que son invcnteuii ; qui est des plus beaux gér BM€ f W k çuerri qu$ j'^ie cojmvy lion.

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