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les plus grandes choses, parce qu'il ne craignit jamais rien: il mourut en 1701.

Le Comte de Tourville fit ses premières armes dans un vaisseau armé en course contre le* Algériens. II livra en 166 r un combat terrible à des Corsaires Turcs. II continua à s'exercer & à s'instruire dans la même école jusqu'en 16(7, que le Roi l'attacha à la Marine royale , en lui donnant le titre de Capitaine de vaisseau. II fut nommé Chef d'escadre en 1677 ; Lieutenant Général en 1681 ^Vice-Amiral & Général des armées navales du Roi en 1 690; Maréchal de France en 1653. II mourut en 1701 le 27 Mai. Il combattit long-temps fous Duquefue, & mérita de remplacer ce grand Homme. La bataille de la Hogue, quoique perdue, augmenta fa gloire.

Le Commandeur Paul fit Iong-tems la guerre d'Armateur. II entra enfin dans la Marine royale; & en 1663, Louis XIV lui confia une escadre de six vaisseaux de guerre contre les Pirates de Tunis & d'Alger. II montra dans cette expédition beaucoup d'intelligence, de courage & d'activité; & fit trembler par ses victoires toutes les côtes de Barbarie.

Sur la fin du règne de Louis XIV, il y eun encore en France un Armateur, né avec le plus grand génie pour la mer, & qui n'avoit pas moins d'intrépidité que de talens ; il s'appelloic Cassart. II se distingua long-temps par la quantité & la richesse de ses prises. En 1711, il commanda une escadre de six vaisseaux de guerre 5c de deux frégates, à la tête de laquelle il ravagea dans une même campagne plusieurs colonies di» Portugal, de la Hollande & de l'Angleterre. Mais il avoit des défauts qui quelquefois tiennent au courage ; un caractère dur , Sc une ame trop inflexible. II choqua la cour ; & la cour le Jaissa dans l'òubli. Un jour Duguay - Trouin étoit à Versailles dans l'antichambre du Roi , où il s'entretenoit avec plusieurs courtisans; «out-à coup il appercoit dans un coin un homme seul, & dont l'extérieur annonçoit la misère; c'étoir Cassart. Duguay-Trouin quitte les seigneurs dont il étoit entouré , & va causer avec lui près de trois quarts d'heure. Les courtisans étonnés lui -demandent à son retouravec qui il étoit. Comment? s'écria DuguayTrouin , avec qui j'étois! avec le plus grand Homme de mer que la France ait aujourd'hui. II est probable que cet homme auroit pu rendre les plus grands services à la nation , s'il eût été employé : mais il n'a servi qu'à prouver par son exemple , combien la cour doit craindre d'étousser le mérite, & combien on doit ménager la cour, puisque c'est d'elle en partie qae dé

pendent la réputation & la gloite. Nous ajons du moins la satisfaction de rendte à fa mémoire la justice qui ne lui a pas été rendue pendant fa -vie; & d'apprendre à la France qu'elle pouvoit avoit un grand Homme de plus.

Idem. ( 6 ) René Duguay-Trouin naquit à Saint-Malo le 10 Juin 1673 , d'une famille de Négocians. Son père y commandoit des vaisseaux armés, tantôt en guêtre, tantôt pour le commerce: il s'étoit acquis la réputation d'un ttès-brave homme & d'un habile marin. Daguay-Trouin eut trois frères. L'aîné , nommé Trouin de la Barbinais, homme intelligent & actif, fut .d'abord Consul de France à Malgi^s en Espagne; il fut ensuite occupé le teste de sa vie à seconder son frète pour ses arméniens & toutes ses entreprises. Les deux autres plus jeunes que lui, périrent glorieusement en servant l'Etat dans la Marine.

Page 170. (7) L'année 1673, où naquit Duguay-Trouin , Louis XIV étoit en guerre avec l'Empire, la Hollande & l'Espagne. Cette année mcme il se livra trois batailles navales consécutives , les 7, 14 & 11 de Juin, entre la flotte Hollandoise d'un côté, & celles de France 8c d'Angleterre de l'autre. La cour de Londres servoit alors celle de Versailles. Bientôt tout devoit changer; & la France avoit vu naître celui ^uidevoit faire tant de mal à l'Angleterre,

Page 171. (8} En 1680, 1Í81, Itti, la Marine fut élevée à un point de grandeur que les François eux - mêmes n'auroient osé espérer. Louis XIV» qui portoit dans toutes les parties de l'administration la hauteur de son ame , avoit formé le projet de donner à la France l'Empire de la mer. Colbert étoit digne d'exécuter ce projet. L'activité du Ministre seconda les vues du Prince. Bientôt le port de Toulon fur la Méditerranée , le port de Brest fur l'Océan , furent perfectionnés à frais immenses. La nature fut forcée à Rochefort. Dunkerque & le Havre de Grace furent remplis de vaisseaux. Un homme de#génie , mais qui fans Colbert n'eut peutctre jamais été connu , Renaud inventa pour la construction, une méthode plus régulière 8c plus facile. C'est à lui qu'on doit l'invention des galiotes à bombes; si cependant une telle invention est un service rendu au genre - humain. Des écoles de Gardes-marines surent instituées dans les ports. La foule des citoyens , ou inutiles à l'Etat par leur oisiveté , ou dangereux par leur occupation , ou onéreux à des provinces qui ne pouvoient les nourrirfut enrôlée; on en forma soixante mille matelots. L'otdonnance de la Marine parut; des loix justes disciplinèrent ce peuple immense & féroce; loix nécessaires fur, la mer, où la société polit ffloìns les mœurs , & où la rudesse de I'élément lê communique aux esprits. La France eut alors plus de cent vaisseaux de lignes, dont plusieurs étoient montés de cent canons. D'Estrées, Duquesne, Tourville , Château-Renaud , Jean Bart & Forbin portoient de tous côtés la gloire de notre Marine. Duguay - Trouin commençoit à s'élever. Les Anglois & les Hollandois, jusqu'alors maîtres de la mer, furent vaincus dans plusieurs batailles rangées. Les vaisseaux ennemis se cachoient par-tout devant les flottes de Louis XIV. On scait que la Marine Françoise conserva cette supériorité jusqu'à l'assaire de la Hogue.

Page 171. (9) Ce sut en 1689 que DuguayTrouin fît sa première campagne. II obtint de sa famille la permission de s'embarquer en qualiré de volontaire fur une frégate de dix - huit canons. On eût dit que la nature vouloit l'éprouver. Pendant cette campagne il fut continuellement incommodé du mal de mer; une tempête lui montra de près le naufrage; bientôt il fut témoin d'un abordage sanglant. Un de ses compagnons qui étoit à côté de lui, en voulant sauter dans le vaisseau ennemi , tomba entre les deux vaisseaux , qui venant à se joindre , écrasèrent ce malheureux ; une partie de fa cervelle réjaillit fur Duguay-Trouin. Dans le mè-'

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