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NOTES HISTORIQUES.

J- Ace Si. (i ) Henri-François Daguesseau naquit à Limoges le 17 Novembre 1668. Sa mère Claude le Picard de Périgny étoir fille d'un Maître des Requêtes. Du côté de son père , il deícendoit d'une ancienne famille, qui a possédé des terres en Saintonge & dans l'ifle d^Oleron. L'hiítoire fait mention en 1455, d'un Jacques Daguesseau, Gentilhomme de la Reine Anne de Bretagne , femme de Charles VIII. Antoine Daguesseau, aïeul du Chancelier, fut successivement Maître des Requéres , Président du Grand Conseil, Conseiller au Conseil d'Etat, Intendant de Picardie , enfin Premier Président du Parlement de Bordeaux. La réputation qu'il y a laissée , s'est perpétuée jusqu'à présent. Son éloge est consacré dans l'histoire de Saintonge.

Idem- (1) Henri Daguesseau , père du Chancelier , fut d'abord Conseiller au Parlement de Metz, ensuite Maître Jes Requêtes, Président du Grand Conseil, Intendant de Limoges , de Bordeaux , de Languedoc , Conseiller d'Etat , Conseiller au Conseil Royal des Finances, & enfin Conseiller au Conseil de Régence. ìl mourut âge de plus de quatre-vingt-un an, en 1716. Il avoir tout le mérite que les grandes places supposent, mais qu'elles ne donneur pas. Juste, désintéressé, bienfaisant, ami des peuples , homme d'Etat, excellent père de famille; à tous ces titres il en joignoit encore un, qui éroir commun à tous les grands magistrats , celui de Savant.

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Page 83. ( 3 ) On sçait combien les places d'Intendant de Provinces font difficiles à remplir. IÍ'faut soutenir les droits du Prince & ne point opprimer les sujets, être juste fans être dur. La ligne qui marque les limires du devoir, est quelquefois imperceptible; un Intendant marche fans cesse enrre la haine des peuples & la crainre de la disgrace. Cette place si difficile par elle-même, le devenoit encore plus par les circonstances , dans un pays où les peuples étoient révoltés par esprit de religion. On connoîr la sévérité des édits de Louis XIV contre l'hérésie; il falloir les faire exécurer, & cependant ménager des fujers'utiles; poutsuivre des rebelles, & ramener ceux qui pouvoienr l'être; joindre la fidélité que l'on doit aux ordres du Prince, avec la pitié que l'on doit à des fanatiques. Telle fut la conduite que tint le père du Chancelier. Aussi étoit-il adoré dans une place , où c'est beaucoup que de n'être point haï. A la première nouvelle de fa morr, routes les dans le témoignage qu'il avoit rendu de son fils. II fut reçu Avocat Général le 11 Janvier 16<> i. II y parut d'abord avec tant d'éclat, que le célèbre Denis Talon , alors Président à Mortier, dit: Qu'il voudroit finir comme ce jeune hommt commençoit.

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Page 87. ( 6 ) Après avoir exercé dix ans la place d'Avocat Général, il fut nommé Procureur Général le 19 Novembre 1700. Il succéda dans cette charge à M. de la Briffe. II étoit à la campagne , dans le temps des vacances, lorsqu'il en apprit la nouvelle. II n'avoit que trentedeux ans. Louis XIV l'avoit choisi pour remplir cette grande place, fur ce que le Premier Président de Harlay lui avoit dit de son mérite. Cet illustre magistrat avoit assez de lumières pour apprécier M. Daguesseau, & assez de vertu pour n'en être pas jaloux. II sçut rendre justice à un homme qui devoit un jour l'effacer.

Page 88. (7) Dans cette place, l'étendue immense de ses fonctions ne ralentit point l'activité de ses travaux. Un Procureur Général est l'homme du Roi, de la Patrie & de la Religion. M. Daguesseau remplit tous ces devoirs avec autant de sagesse que de zèle. Les affaires du domaine fournirent un champ vaste à ses recherchés. II déterra un grand nombre d'anciens titres ensevelis jusqu'alors dans l'obscurité. U les fit valoir par des écrits solides, qu'on peut regarder comme d'excellens morceaux d'histoire & d'érudition. Attentif à tour ce qui pouvoit intéresser son zèle, dans toute l'étendue du ressort du Parlement, il régloit lts jurisdidions, maintenoit l'ordre des magistratures, entretenoit la discipline dans les tribunaux, corrigeoit les abus, prévenóit l'effet des passions, arrêtoit "les excès même du zèle. Ses réponses aux lettres des officiers qui le consultoient , formoient comme une suite de décisions fur la jurisprudence. II fut l'auteur de plusieurs réglemens autorisés par des arrêts , & chargé de la rédaction de plusieurs loix, par lé Chancelier Pont - chartrain qui le consultoit souvent, & lui -prédit qu'il le remplaceroit un jour. Dèsmarets Contrôleur Général , & le meilleur Ministre des Finances depuis Colbert, avoit pour lui la plus grande estime, & lui demandoit souvent ses avis. Dès fa jeunesse il étoit uni avec M. de Torci, par la conformité des vues Sc des principes. Ainsi , fans chercher la saveur, sans empressement pour les affaires , il avoit souvent part aux résolutions qui étoient prises dans le Conseil de Louis XIV. II fut plus d'une fois consulté par ce Prince ; & il composoit alors fur les affaires d'Etat, des mé*

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