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Vouloir soustraire le beau sexe à l’empire des sots en lui démontrant la perversité de son goût, il n’y faut pas songer, ce serait folie : autant vaudrait changer la nature Ou contrarier la fatalité. Car sachez, continue Champcenets, que les femmes ne sont pas maîtresses d’elles-mêmes, que tout, chez elles, est instinct et tem— pérament, et que, par conséquent, elles ne peuvent être coupables de leurs préférences. On ne répond que de ce que l’on fait avec intention et discernement : or, quelle est celle qui peut rendre compte de l’engouement qui la pousse, de la passion qui la subjugue, du sentiment qui la fait ingrate ou de la vengeance qui lui dicte ses noirceurs? En vain, vous chercheriez en elles un si cruel prodige, aucune n’est complice du mal qu’elle cause : à cet égard, leur étourderie atteste leur candeur. Pourquoi donc vous obstinez-vous à leur demander ce que la providence ne leur a pas départi? Elles s’offrent à vous belles, désirables et aveugles : cela ne vous suffit pas, et vous les voulez encore raisonnables, clairvoyantes et sensibles! C’est ne les pas connaître... En elles, ne chèrchez qu’elles, admirez leur taille élégante et flexible, caressez leur chevelure soyeuse, baisez leurs mains mignonnes; — mais traitez de badinage leurs mépris, accueillez leurs outrages sans aigreur, opposez l’insouciance à leurs colères. Pour prendre ces êtres légers et frêles, il ne faut que les étourdir par le bruit de vos louanges, par le faste de votre toilette, par la publicité de vos hommages...

XIII.
Oui, oui, il faut tout oser auprès des femmes!

VICTOR HENAUX.

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Organisation du crédit industriel, commercial, agricole et foncier en Belgique, par M. F. Bancs. 1 volume in-4. Bruxelles, 1857.

Dans tous les pays où le travail est actif et multiplié , la question du crédit est une de celles que l’on inscrit le plus souvent à l’ordre du jour; mais les hommes qui s’en sont le plus préoccupés, sauf quelques esprits aventureux, pionniers de l’avenir, ne l’ont guère fait sortir du cercle dans lequel, depuis longtemps, on l’a renfermée.

Le crédit, pour beaucoup de monde, n’est que la théorie et la pratique de la monnaie de papier substituée au numéraire ou lui servant d’auxiliaire indispensable dans nos sociétés civilisées. On a pris le moyen pour le but.

Le crédit est la science et l’art de distribuer le comptant de manière à favoriser toutes les branches de la production. Peu importe que le crédit soit donné en écu réel ou en écu fictif, si, sous l’une ou sous l’autre forme, il produit l’effet du comptant. _

n. r. 43.

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L’écu réel ou l’écu fictif n’est que le représentant du capital; c’est avec le capital que l’on donne le crédit.

Le capital est la richesse , réalisée et accumulée , destinée à la reproduction; il est donc l’aide nécessaire du travail. Il peut parvenir au travail soit en nature soit en numéraire ou en monnaie de papier; en définitive le travail ne se sert du capital qu’en nature; s’il reçoit du numéraire ou de la monnaie de papier, c’est pour transformer l’un ou l’autre en valeurs consommables, matières premières, outils, instruments, denrées, etc., qui composent le capital en nature.

Le numéraire et la monnaie de papier ne sont que des moyens commodes, faciles et prompts, de faire circuler le capital et le mettre aux mains de ceux qui savent et veulent s’en servir. Le principe est la circulation du capital. Les moyens de réaliser ce principe sont divers et en rapport avec le degré de civilisation d’un pays. Quelles que soient les combinaisons du crédit, celui—ci a pour but la circulation du capital.

Pour que ce but soit atteint avec facilité et régularité, des intermédiaires, sous le nom de banquiers, se sont placés entre les possesseurs de capitaux et les travailleurs de quelque ordre que ce soit. Ils ont fait circuler le capital de ceux-là à ceux-ci.

On a de plus imaginé les banques de circulation qui font métier de donner du comptant contre des promesses à échéance, en retenant l’escompte pour leur bénéfice. Elles font aussi largement circuler le capital.

Les banques de circulation sont le grand marché du comptant; c’est à elles qu’aboutissent la plupart des importantes transactions du pays.

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Les banques de circulation et d’escompte sont en général une bonne, une excellente affaire. Elles rendent de grands services, et, pour être à même de les rendre, elles jouissent d‘un monopole.

Elles dominent le marché et prennent les garanties nécessaires pour être à l’abri de toutes pertes. Elles avancent leur disponible contre des effets de commerce a trois signatures et à échéance moyenne de 45 à 50 jours, après examen de la solvabilité des signataires. Si les effets de commerce ne sont pas payés à échéance, elles ont recours sur les biens du créateur des effets et des endosseurs, et il n’est pas probable que dans le court espace de temps pendant lequel les effets sont restés dans le portefeuille de la banque, les trois signataires aient pu être frappés d’insolvabilité. Comme elles répètent incessamment l’escompte, elles font de gros profits par la réunion de petites parcelles et peuvent réduire le taux de l’escompte pour multiplier celui—ci. Elles ont un capital de garantie qui le plus souvent est placé, en partie ou en totalité, à intérêt. Elles possèdent un en— caisse métallique par dépôts ou comptes courants, lequel leur coûte peu ou ne leur coûte rien, et elles sont autorisées à émettre sur cet encaisse trois capitaux pour un; c’est—à—dire que pour un capital dont elles ont la disposition à bon marché ou gratuitement, elles font des affaires jusqu’à concurrence de trois capitauxqui ne leur coûtent que le prix d’une feuille de papier empreinte et timbrée. Ces avantages, comme on le voit, sont considérables. Il n’est donc pas étonnant que l’industrie des banques soit très-productive.

Mais si les banques rendent des services, elles les mettent quelquefois à un haut prix.

Elles ne peuvent, il est vrai, malgré leur monopole, dépasser pour l’escompte un certain taux. Si elles le faisaient payer trop cher, elles réduiraient le nombre et l’importance d’ensemble de leurs affaires.

Il s’établit donc une moyenne du taux de l’escompte déterminée par l’état du marché et par une sorte de balance entre l’intérêt des banques à gagner beaucoup par le taux de l’escompte, et leur intérêt à élargir le cercle de leurs opérations.

Le service rendu se trouve être ainsi et par la force des choses, assez équitablement rémunéré. '

Mais la quotité de la rémunération n’est équitable qu’au point de vue des conditions circonstancielles au milieu desquelles elle s’opère.

Si ces conditions étaient changées, s’il advenait que le service pût être rendu à moindres frais, la rémunération actuelle serait naturellement hors de proportion avec le service.

La première banque de circulation connue est celle d'Angleterre, créée par le génie inventif de W. Patterson et par le besoin d’argent de Guillaume 111. Depuis 1694 l’expérience et l’observation des faits ont amélioré diverses parties du système, mais le système dans son ensemble n’a pas varié. Toutes les banques de circulation ont été constituées sur le modèle de la banque de Patterson, qui semblerait avoir dit ainsi le premier et le dernier mot sur cette institution.

Mais, en dehors des grandes banques de circulation, un travail s’est accompli qui a fait voir que cette vieille machine, excellente au temps où elle fut créée et pendant la longue période de son exclusif exercice, n’est peut—être plus en rapport avec les progrès réalisés dont elle a été sans contredit l’un des principaux mobiles.

De même que sous l’influence de ce système la face du monde commercial et industriel s’est transformée, de même la transformation du monde commercial et indus

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