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Des Romains. De leurs Eloges du temps de la République. De Cicéron.

E N passant des Grecs aux Romains, nous éprouvons à peu-près le même sentiment qu'un voyageur, qui après avoir parcouru les Iiles de l'Archipel & le climat voluptueux de l'ancienne Ionie, seroit tout à coup transporté au milieu des Alpes ou des Apennins , d'où il découvriroit un horison vaste & une nature peut-être plus majestueuse & plus grande, mais sous un ciel moins pur , & qui ne porteroit point à ses sens cette impression vive & légère qu'il éprouvoit sous le ciel & dans la douce température de la Grèce. A Rome tout fut grave , lent & austère. Les Romains, pendant cinqcents ans plus brigands disciplinés qu'hommes de génie, n'eurent pen

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dant tout ce temps ni arts , ni goût, ni sensibilité, ni imagination , ni éloquence. Ils empruntèrent tout & leurs erreurs même. Les Grecs de la Sicile, de la Calabre & de la Campanie, leur donnèrent leurs divinités, leurs fables, leur alphabet & les caractères de leurs lettres; les Etrusques, leurs superstitions, leurs augures & leurs combats de gladiateurs ; Athènes , Sparte & la Crète , leurs loix des douze tables ; | des artistes Toscans & Samnites, leurs · temples grosliers & leurs dieux de bois ou de terre cuite; les peuples & les rois qu'ils vainquirent tour à tour, la forme de leurs armes, & la manière d'attaquer & de se défendre. A mesure qu'ils étendirent leurs conquêtes , ils ne sûrent que piller les monumens des arts , sans savoir jamais les imiter. Déja ils avoient enlevé une foule de statues des villes d'Etrurie, de la grande Grece & de la Macédoine ; ils avoient pillé Corinthe & Athènes; ils

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tiques, leurs arcs de triomphe; que des Grecs ornassent de peintures les murs de leurs palais. Les arts du gé

nie, ils ne les dûrent qu'à ces mêmes

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