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Us E ville Grecque demanda une statue à un artiste célèbre, & lui laissa le choix du sujet. Je ne ferai point un lutteur, dit-il; la Grèce compte assez d'athlètes , & je préfère la vertu à la force. Je ne ferai point un guerrier ; ce mérite eft commun ; des milliers d'hommes , tous les ans , meurent pour leur patrie. Je ne ferai aucun de vos anciens tyrans; je briserois plutôt leurs images. Je pourrois représenter quelqu'un de vos Dieux ; mais vous en avez en foule dans vos temples ; & pour contempler la Divinité, au défaut des statues, n'avez-vous pas les cieux ? Alors le peuple l'interrompit ; Statuaire , que feras - tu donc ? — Cc qu'il y a jamais eu de plus rare sur la

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rerre, un homme qui meurt pour la vérité; & il fit Socrate mourant.Sans doute Platon, quand il composa ses dialogues, étoit frappé de la même admiration pour Socrate. Il avoit été son disciple & son ami. Il l'avoit vu traîner dans les fers. Il avoit vu la ciguë broyée par les mains de l'Envie, & le fanatisme prenant d'elle la coupe empoisonnée pour la présenter à son maître. Depuis, ii avoit été témoin des honneurs extraordinaires rendus à sa mémoire. Il avoit vu les Athéniens, ce peuple léger, cruel & sensible, qui tour à tour féroce & tendre, après l'avoir laissé périr, le vengeoit. Il avoit pu embrasser dans Athènes la ftatue de Socrate élevée par ordre de l'Etat, & peut-être érigée sur la même place où on l'avoit chargé de chaînes pour le conduire à la mort. Plein de l'admiration générale & de la sienne, il voulut aussi contribuer à la gloire de son maître, en l'éternisant; & ii

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