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L'Europe et la Nationalité belge, par Ch. Potvin. In-42 de xxxvn et 226 pages. Bruxelles, Lacroix, Van Meenen et Cic.

Nous avons dit quelques mots, dans notre dernière revue littéraire, du Livre de la nationalité belge, par dom Jacobus. Ce livre était une édition nouvelle, refondue, d'une brochure publiée à Bruxelles peu de jours après la révolution de Février, et signée alors : un Béotien. L'auteur, qui se fait connaître aujourd'hui, a ajouté à son travail une première partie sur la Situation de l'Europe, et une conclusion également d'actualité. C'est de l'histoire contemporaine, traitée et jugée par un esprit indépendant, qui plaide la cause de l'Europe entière en plaidant celle de la petite Belgique. Une Sainte-Alliance de la paix est devenue l'unique salut des peuples contre une politique odieuse, pleine de perfidies et d'impostures. Mais que cette paix ne soit pas de l'inertie, que la vie se révèle par des progrès réels et palpables; ce sont les réformes de 1848 qui ont sauvé la Belgique : que de nouvelles réformes, plus radicales, la sauvent encore. « La nationalité est un droit pour tous les peuples; pour les Belges, c'est plus encore, c'est une mission. » La conclusion de M. Potvin est digne des plus sérieuses méditations de ceux qui jouissent actuellement de la majorité dans nos comices électoraux. 11 n'y a rien, dans ces considérations, que d'aisément praticable, il n'y a rien qui ne soit déjà mûri par l'opinion, et qui ne puisse devenir une source de popularité pour nos gouvernants.

LA RESTAURATION DE L'HOTEL DE VILLE DE BRUXELLES.

Dans la séance du conseil communal de Bruxelles, du 9 juin dernier, M. l'échevin Lavallée a lu un rapport dans lequel, reproduisant en partie notre article su r la Rcstaurationdel'hôtel de ville, article inséré dans notre volume du 1er juillet 1839, il répond à nos critiques et conclut en adressant à l'architecte restaurateur les plus grands éloges.

On s'apercevra tout d'abord, par le temps que M. l'échevin Lavallée a mis à élaborer cette réponse, que la tâche était difficile. Une année presque entière a été mise à profit pour faire découvrir... quoi? que la gravure de Puteanus, dont nous avions contesté l'importance, est la reproduction d'une autre gravure attribuée à Callot : ce qui, remarquons-le bien, ne présente pas un témoignage de plus, loin de là, puisque les recherches faites à ce sujet aboutissent naïvement à montrer la gravure de Callot comme le type et l'original de toutes les représentations subséquentes et identiques qui ont été faites de l'hôtel de ville de Bruxelles. Pour le reste, M. Lavallée ne semble pas connaître du tout la discussion engagée à la suite de cette affaire, et que nous avons rapportée impartialement dans le volume suivant de notre Revue, celui d'octobre 1859. Si l'honorable rapporteur s'était donné la peine de parcourir ces pièces importantes de notre procès, il aurait compris, entre autres choses, que dans une critique où nous ne nommions personne et qui n'invoquait que des idées d'art, nous avions le droit de nous exprimer avec une certaine vivacité sans blesser les règles de la bienséance; il n'aurait point qualifié notre censure d'injurieuse, il n'aurait pas surtout osé prétendre que nous accusions « tous les membres du conseil communal » de vandalisme, d'outrecuidance et de sottise. Cette tactique, dont on pénètre aisément le motif, prouve précisément contre celui qui l'emploie.

Nous pourrions relever une à une toutes les assertions émises par M. Lavallée : nous préférons nous placer à un point de vue plus élevé et opposer à l'ensemble de cette réplique tardive une seule considération que nous tenons pour incontestable, pour incontestée.

L'art ogival, dont le type se trouve évidemment dans la végétation de l'Europe moyenne, présente des formes élancées, simples, unies, qui ne se compliquent et ne deviennent réellement riches, élégantes et variées qu'à une certaine élévation. Toute œuvre de style ogival est empreinte de ce caractère; c'est un principe que ne contrarie en rien l'existence des portails, lesquels ne se lient point intimement à l'ensemble. 11 va sans dire, par conséquent, que l'ornementation aussi doit être plus sobre vers le bas que vers le haut. Or c'est précisément le contraire que la restauration actuelle de l'hôtel de ville a eu en vue. Ce qui démontre qu'il y a là un parti pris, c'est que la fameuse gravure, — qui nous indique également un plus grand luxe d'ornementation à mesure que l'édifice s'élève, — n'a pas été suivie pour la restauration de la tour. Que signifie cette contradiction?M. Lavallée ne nous l'explique pas.

Est-ce que, par hasard, tout comme on a découvert la gravure de Callot depuis un an seulement, on n'aurait songé à la gravure de Puteanus qu'après l'achèvement de la restauration des parties supérieures? Cela est probable; mais alors pourquoi continuer d'après un système nouveau une œuvre commencée d'après des données toutes différentes? Nous attendons sur ce point des éclaircissements que nous sommes curieux de connaître et qui, nous l'espérons, ne se produiront pas seulement au mois de juin de l'année prochaine.

Jusque-là nous sommes en droit, nonobstant les louanges que se décerne si complaisamment M. Lavallée, de nier formellement que la restauration de l'hôtel de ville se soit opérée avec « un soin sévère et minutieux, » avec « une persévérance et un succès dont il y a peut-être peu d'exemples. »

Un de nos collaborateurs les plus assidus, les plus dévoués, J.-B. Langlois, est mort le 1er mai dernier, peu de jours après la publication, dans notre précédent volume, de la « Lettre » si vigoureuse et si sensée qu'il adressait « à ses compatriotes wallons. » Ce n'est pas la Revue trimestrielle seulement qui déplorera cette perte, c'est le mouvement flamand, c'est surtout la cause du progrès, inséparable, dans l'opinion de J.-B. Langlois, de la véritable cause flamande; c'est enfin la libre pensée philosophique et religieuse dont le jeune publiciste était l'un de nos plus fermes représentants. J.-B. Langlois n'avait que vingt-quatre ans, mais ses travaux eussent déjà fait honneur à une longue carrière. Nous ferons connaître, dans notre prochain volume, les titres nombreux qu'il s'était acquis à la sympathie de tous nos compatriotes, de tous les amis de la liberté, de la vérité et de la justice.

ERRATA.

Page 30, ligne 34 : étudier à Rome, lisez : à Bonn.
Page 35, ligne 10 : revue semestrielle, lisez : mensuelle.

TABLE.

Pages.

L. itmin. Louis De Polter 5

D'j. PiKisoT. De la réforme des asiles d'aliénés. . . 105

Ehnbht Tas Brithel. Études sur la presse anglaise . 133 H. Lb Rom. L'an sept mil huit cent soixante de l'ère

chrétienne 155

c. Tas Dkb Eut. Un Vaudois belge. Willem Cornelisz . 173 P.-a.-f. Gkrakd. Lettres sur l'histoire de la Belgique.

— Dissolution de l'empire des Francs. Omnipotence

de l'Église. Déchirement de la Lotharingie. Occupa-
tion du pays par les Normands 193

P.-e. Di Wybt. Panarchie 222

p. Lebscn. Corbeille de rognures 246

H. Boscaven. Moncrabeau et le wallon de Namur. . . 263 en. Lb Habdy De Beaclieu. La caverne de Chauvaux et

l'homme fossile 282

j.-c. Hoceeau. Correspondance d'Amérique .... 299 Henri Bergé dit .habmon. Revue scientifique. Chimie

pure et chimie manufacturière 327 Ch. Pottik. Revue philosophique. La femme .... 345 Eccknb Van Bbmhel. Revue littéraire. Travaux historiques 370

Notice nécrologique sur Joseph Guislain 382

Prolégomènes philosophiques de la géométrie, par J. Delbœuf. 384

Biographie universelle des musiciens, par F. Fétis . . . 387

Zurijgende liefde, door Julius 389

Brochures politiques . 393

La restauration de l'hôtel de ville de Bruxelles. . . . 396

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