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oudit quartier des halles, dont pluiseurs des femmes de mesdiz serviteurs ont esté durement traictiés et en vostre chastellet examinées sur ce. Pour quoy mou très redoubté seigneur, plaise vous sçavoir que oncques je n’escripsi ne fis escripre aucunes lectres en enfraingnant vostredicte ordonnance. Et font mal et peichent ceulx qui me baillent telles charges de quoy vous ne aultre puissiez ne puissent avoir maise ymaginacion contre moy. Et bien doivent congnoistre ceulx de Paris, tant ceulx dudit quartier comme des aultres, qui pour morir pe feroient ne vouldroient faire pour moy ne pour aultre quelconque quelque chose qui deuist tourner à vostre deshonneur et desplaisance. Et tant qu'est à moy, Dieu ne me presle jà tant vivre que je fache le contraire. Item, et qui pis est, on in'a dit, comme j'ay entendu, contre vérité, saulve l'onneur et révérence de vous, que j'ay traictié un mariage en Engleterre; auquel mariage j'ay promis les chasteaulx de Crottoy, Chierbourg et Ken, avecques pluiseurs autres choses faictes oudit traictiet ou grant préjudice de vous et de vostredit royaume. Laquelle chose je ne fis oncques ne pensay. Et pleuist à Dieu que tous ceulx de vostre royaume vous euissent esté et fussent tousjours aussy loiaulx à la conservacion de vostre personne et progénie et conservacion de vostre seignourie et domaine de vostredit royaume, comme j'ay esté et seray toute ma vie. Item, que contre vostre ordonnance ont esté faictes et poursievyes pluiseurs aultres choses à déclarer en temps et en lieu, qui sont contre l'estat et honneur de ma personne et des miens, lesquelles choses devant touchiés et aultres à déclarer comme dit est, ne font tenir les

plus principaulx termes de vostredicte ordonnance, mais faire plus dure guerre et plus maise que homme à paine puist faire, c'est assavoir de controver toutes les voyes qu'ilz puissent trouver par ce que dit est, de moy faire eslongier de l'amour et grace de vous et de mon très redoubté seigneur monseigneur

d'Acquittaine, et aussy de ma très redoubtée dame. Lesquelz, ensamble les biens, honneur et estas de vous et d'eulx aussy, j'ay désiré toute ma vie et désir sur toutes les choses qui sont en ce monde. Toutesfois, mon très redoubté seigneur, je ne vous escrips pas ne vous fay sçavoir les choses devantdictes asfin que je vueille aller contre vostre ordonnance ne icelle enfraindre de réintégracion ou réparacion de vostre estat ne de vostre royaume, qui tant à souffrir en tous estas et en tant de manières qu'il n'est homme tant pervers ne cruel auquel il n'en deuist prendre pitié. Item, se aucuns m'ont donné ou vueillent donner charge de reculler et eslongier de exauchier vostre ordonnance, je vous afferme que oncques n'y pensay, ne ycelle n'ay volu empeschier, mais l'ay volu autant que homme de vostre royaume fait, soit de vostre sang ou aultre, exauchier. Mais il est bien vray que je querroye provisions à mectre bonne paix ferme et estable en vostre royaume, doubtaus les choses dessusdictes advenir. Pour quoy je vous supplie, mon très redoubté seigneur, tant humblement et cordiallement que je puis, qu'il vous plaise à pourveoir aux inconvéniens devantdis par telle manière que

ceulx qui de che sont bléchiez ou empeschiez n'ayant cause de eulx plus doloir, et que vostredicte ordonnance soit tellement entretenue que ce soit au bien de vous

et salut et restauracion de vostre royaume, et que chascun puist dormir ainsy que on cuidoit, et reposer en paix. Et ad ce faire et exposer tout mon corps, le mien, mes amis et tout ce que Dieu m'a presté, en ce et en toutes aultres choses vostre bon plaisir et commandement d'accomplir je suis prest et appareillié. Et mon très chier et très redoubté seigneur, je supplie au benoit filz de Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde et vous doinst bonne vie et longue. Escript en nostre bonne ville de Gand le xx° jour de novembre.

(Bibl. imp., ms. Supp., fr. 93, fol. 1960.)

Lettres patentes du 26 janvier 1413 (V. S.).

(Addition à la p. 413 du t. II.)

Charles, par la grace de Dieu roy de France. Au bailly d'Amiens ou à son lieutenant, salut et dileccion. Il est venu à nostre congnoissance que nostre cousin de Bourgoingne, contre le traictié de la paix par nous faicte à Aussoire et par luy et aultres de nostre sang et lignage jurée et audit lieu d'Aussoire promise, et depuis à Paris et ailleurs, et depuis luy ont esté faictes pluiseurs inhibicions et deffences, tant de par noz aultres lectres patentes comme par

ambassadeurs notables et aultrement, a fait et fait faire chascun jour grans congregacious et assemblées de gens d'armes et de trait et aultres gens de guerre. Et jà est partis de son pays et se tient sur les champs en intencion, si comme on dist, de venir à Paris, dont ladicte paix pourroit estre rompue et enfrainte, et par ce pourroient

venir et sourdre grans et innumerables et irréparables maulx et inconvéniens à Nous et à nostre royaume, dominacion et subgez, se par nous n'estoit sur ce pourveu de remede convenables. Pour quoy, Nous, les choses dessusdictes considérées, vueillans obvier et pourveir ausdiz maulx inconvéniens et entreprinses dudit duc de Bourgoingne, nous sommes délibéré de résister de toute nostre puissance contre luy et tous aultres qui vouldroient empeschier ladicte paix aucunement, et de nous, pour ce, aidier de tous nos bons vrays vassaulx et subgez. Pour quoy nous vous mandons et expressement enjoingnons sur tout quanques vous povez mesfaire devers nous, que sollempnellement, à haulte voix et à son de trompe, vous proclamés et publiiés ces présentes par toutes villes, lieux et places à faire publicacions et proclamacions accoustumées en vostredit bailliage. Et par

la teneur d'icelluy nous [leur enjoignons] sur leur foy, léaulté et obédience qu'ilz nous doivent, qu'ilz soient au ve jour de février prochain venant en nostre ville de Mondidier, en armes, prestz et appareilliez pour, en nostre ville de Paris ou ailleurs où nous vorrons ordonner ou commander, nous servir. En laquelle ville de Mondidier ilz trouveront gens de par nous qui les recepvront, ordonneront sur paiement tellement que de ce ilz deveront estre content, et là leur forons sçavoir là où ilz devront aller. En faisant deffence à tous nosdiz vassaulx et subgez, et nous meismes leur desfendons sur les paines dessusdictes et sur estre rebelles et inobédiens envers nous et de fourfaire corps et biens, que pour quelconques mandemens, priières ou requestes qu'ilz aient ou puissent avoir dudit duc de Bourgoin

gne ou d'aultres quelconques qui soient de nostre sang et lignage, ou d'aultruy soubz umbre et coulleur de nous, de nostre fait ou aultrement, ilz ne s'arment ne voisent avec eulx, ne obéissent en aucune manière, sans nostre licence ou congiet, dont il leur appère par nosdictes lectres patentes de datte subsequente à icelles présentes. Mais s'ilz estoient devers ledit de Bourgoingne ou aultre départy pour venir, qu'ilz s'en retournent et viengnent le plus tot qu'ilz pourront en leurs maisons, supposé qu'ilz fussent du lignage, hommes liges ou vassaulx dudit de Bourgoingne ou de celluy ou ceulx qui ainsi les aroit mandés ou qu'ilz tenissent en fiefz d'iceulx, desquelz de leurs povoirs et juridictions, quant ad ce cas et pour ceste fois, nous, tant seulement nous les exemptons, et avec ce leur promettons de les garandir et deffendre de tous dommages et intérestz qu'ilz pourroient avoir à ceste cause. Et en cas que après nosdictes desfences et oultre nostredit mandement aucuns de noz vassaulx de vostredit bailliage se partiront pour aller servir en armes ledit de Bourgoingne, ou aucuns qui sont jà en son service ne s'en détournoient dedens le tamps deu après la publicacion de ces présentes en leur maison et hostel, mais demourassent envers ledit de Bourgoingne ou aultres qui les auroient mandés, nous vous mandons et commandons sur les paines dessusdictes que sans délay, excusacion ou aultre dissimulacion, vous les mettés ou faictes mettre en nostre main réallement et de fait par bon et loial inventaire tous leurs biens meubles et aussi toutes leurs terres, maisons, rentes, prouffiz et hiretaiges quelconques, et iceulx baillier à gouverner

personne qui de ce puissent

de

par nous

à

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