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J.-J. Rousseau, Voltaire; et les plus célèbres écrivains du dix-huitième siècle › publiaient plusieurs des ouvrages qui ont fait leur réputation et leur gloire. La plupart de ces ouvrages sont jugés dans la Correspondance de Grimm avec une sagacité, une impartialité qui doit quelquefois étonner les lecteurs du siècle présent. On y trouvera aussi des jugemens et des observations sur les moeurs sur les lois, sur la philosophie, qui nous ont paru très-propres à jeter une grande lumière sur l'esprit du dix-huitième siècle, et qui sont d'une telle importance qu'elles ne doivent point échapper à l'histoire d'une époque où se préparaient dans le silence et comme à l'insu des contemporains, tant de grands événemens dont nous avons été témoins.

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Ce qui doit sur-tout piquer la curiosité du lecteur dans cette Correspondance,

c'est la franchise avec laquelle elle est écrite. Le baron de Grimm et les hommes de lettres qui s'associaient à son travail ne songeaient point à éclairer le public; ils n'étaient retenus ni par les complaisances de l'amitié, ni par la crainte de blesser les amours propres ; ils exprimaient leur opinion avec d'autant plus de liberté qu'elle ne pouvait offenser personne c'est pour cela qu'on y remarque cette abnégation totale de considérations et de ménagemens qu'on ne trouve point dans les livres destinés à l'impression. En un mot, la Correspondance littéraire de Grimm, de Diderot, de Raynal, etc., devait être d'autant mieux accueillie du public qu'elle n'a point été faite pour lui.

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Nous avons retranché du manuscrit tout ce qui n'avait plus d'intérêt pour les lecteurs du dix-neuvième siècle. Nous

n'avons conservé que ce qui pouvait servir à l'histoire de l'esprit humain. Sans nous établir les juges des opinions, nous n'avons cherché ni à affaiblir ni à combattre celles même dont l'expérience nous a démontré la fausseté et la dangereuse exagération; mais nous avons dû quelquefois avertir dans une note que ces opinions n'étaient point les nôtres, et que nous ne les donnions au public que pour faire juger le siècle où elles ont été soutenues avec une trop funeste exaltation.

Si nous avons élagué avec le plus grand soin tout ce qui paraissait peu digne de l'attention des lecteurs, nous n'avons pas cru cependant devoir supprimer quelques articles très-courts, qui ne sont point remarquables par la pensée ni par la tournure, mais qui ont trait aux discussions du temps sur les jésuites, l'inoculation,

les économistes, la liberté d'exportation des grains, etc. Nous avons conservé ces petits articles comme de simples notes qui peuvent être utiles à ceux qui écriraient l'histoire de cette époque intéressante sous tant de rapports.

La Correspondance manuscrite renfermait un grand nombre de lettres de Voltaire; les unes avaient déjà été imprimées, d'autres restaient inédites, ou renfermaient des variantes remarquables; toutes celles que le public ne connaissait pas, ou dont il ne connaissait qu'une partie, ont été fidèlement conservées, et doivent ajouter beaucoup de prix aux volumes qu'on publie aujourd'hui.

Cette Correspondance, dont les deux dernières parties sont déjà imprimées, commence à 1753 et va jusqu'à 1790. Elle renferme la moitié d'un siècle; elle

a été déjà placée au rang des meilleurs Mémoires littéraires que nous ayons; la publication de cette première partie ne peut qu'ajouter au succès qu'a obtenu le reste de la collection.

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