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rant, eut par plusieurs fois de telles ocupacions comme la dessusdicte , pour quoy il faloit tousjours avoir le regard sur lui et le garder. Et pour ceste doloreuse maladie perdi, toute sa vie durant, grant partie de sa bonne mémoire ; qui fut la principale racine de la désolacion de tout son royaume. Et depuis ce temps commencèrent les envies et tribulacions entre les seigneurs de son sang , pour ce que chascun d'eulx contendoit à avoir le plus grant gouvernement de son royaume , voyans assez clèrement qu'il estoit assez content de faire et accorder ce que par iceulx lui estoit requis ; lesquelz se trouvoient vers lui les ungs après les autres, et à cautelle en l'absence l'un de l'autre, le induisoient à faire leur singulière voulenté et plaisir, sans avoir égard, tous ensemble par une mesme deliberacion, au bien publique de son royaume et dominacion. Toutesfois aucuns en y eut qui assez loyaument s'en acquitèrent, dont grandement après leur mort en furent recommandez. Lequel Roy, en son temps eut plusieurs enfants, filz et filles : dont, de ceulx qui vesquirent jusques à aage compétent, les noms s'ensuivent :

Premierement, Loys, duc d'Acquitaine, qui eut espouse la fille premier née du duc Jehan de Bourgongne; qui mourut avant le roy son père, sans avoir généracion. Le second eut nom Jehan, duc de Touraine, qui espousa la seule fille du duc Guillaume de Bavière, conte de Haynau ; qui pareillement mourut avant le roy son père, sans avoir généracion. Le tiers eut nom Charles, qui espousa la fille de Loys, roy de Cécile, et en eut généracion, de laquelle sera cy-après faicte aucune déclaracion ; lequel Charles

succéda au royaume de France après le trespas

du

roy Charles son père. La première fille ot nom Ysabel, et fut mariée la première fois au roy Richard d'Angleterre, et depuis au duc Charles d'Orléans, duquel elle délaissa une seule fille. La seconde fut nommée Jehanne , et fut mariée à Jeban, duc de Bretaigne, duquel elle eut plusieurs enfans. La tierce eut nom Michele, et eut à mary le duc Philippe de Bourgongne, de laquelle ne demoura pulz enfans. La quatrieme fut nommée Marie, qui fut religieuse à Poissy. La quinte eut nom Katherine, et eut espouse le roy

d'Angleterre, duquel elle eut un filz nommé Henry, qui après le trespas du roy son père , fut roy dudit royaume d'Angleterre. Lequel roy, Charles VI', eut tous les enfans dessusdis, de la royne Isabel, son espouse, fille du duc Estienne de Bavière'.

1.

II.

1. Il n'est pas inutile de compléter ici cette descendance généalogique de Charles VI donnée par Monstrelet, en ramenant les dates au N. S.

Charles VI naquit à Paris le 3 décembre 1368, et y mourut, à l'hôtel Saint-Pol, le 21 octobre 1422. Il avait épousé, le 17 juillet 1385, Isabeau de Bavière , dont il eut :

Charles de France, né le 25 septembre 1386, et mort le

28 décembre suivant. Jeanne de France, née le 14 juin 1388; morte en 1390. Isabelle de France, née le 9 novembre 1389, morte, en

couches, à Blois, le 13 septembre 1409, Jeanne de France, née le 24 janvier 1391, morte le 27 sep

tembre 1433. Charles de France, dauphin, né le 6 février 1392, mort le

III.

IY.

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11 janvier 1401.

Marie de France, née le 22 août 1392, morte le 19 août 1438. VII. Michelle de France, née le 11 janvier 1395, morte en 1422. VIII. Louis de France, duc de Guienne, né le 22 janvier 1397,

mort le 18 décembre 1415.

VI.

CHAPITRE II.

Comment un escuier d'Arragon, nommé Michel d'Oris, envoia en An

gleterre lectres pour faire armes, et la response qu'il eut d'un chevalier dudit pays d'Angleterre.

Au commencement de cest an mil quatre cens, furent envoiées ou royaume d'Angleterre unes lectres par ung escuier du royaume d'Arragon, nommé Michel d'Oris , desquelles la teneur s'ensuit :

« Ou nom de Dieu, et de la benoiste vierge Marie, de saint Michel et de saint Georges, je, Michel d'Oris, pour mon nom exaulcer, sachant certainement la renommée des proesses de la chevalerie d'Angleterre, ay, au jour de la date de ces présentes, prins ung tronçon de grève à porter à ma jambe jusques à tant qu'un chevalier dudit royaume d'Angleterre m'en aura délivré, à faire les armes qui s'ensuivent : premièrement, d'entrer en place à pié, et d'estre armé chascun ainsi que bon lui semblera, et d'avoir chascun sa dague et son espée sur son corps, en quelque lieu qu'il lui plaira , aiant chascun une hache, dont je bailleray la longueur : et sera le nombre des cops de

IX.

X.

Jean de France, né le 31 août 1398, mort le 4 ou 5 avril

1416. Catherine de France, née le 27 octobre 1401 , morte en

XI.

1438. Charles de France (Charles VII), né le 23 février 1402,

mort le 22 juillet 1461. XII. Philippe de France, né le 11 novembre 1407, mort le même

jour. 1. On désignait par le mot grève , la pièce d'armure défensive destinée à protéger le gras de la jambe.

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tous les bastons ensuivans’ : c'est assavoir, de la hache , dix cops sans reprendre, et quant ces dix cops seront parfais, et que le juge dira : Ho ! nous ferrons dix cops d'espée sans reprendre ne partir l'un de l'autre, et sans changer harnois. Et quant le juge aura dit : Ho ! d'espées, nous venrons aux dagues et en ferrons dix cops sur main. Et se aucun de nous perdoit, ou laissoit cheoir aucun de ses bastons, l'autre peut faire son plaisir du baston, qu'il tendra jusques à ce que le juge ait dit Ho ! Et les armes à pié accomplies, nous maintendrons à cheval; et sera chascun armé du corps, ainsi qu'il lui plaira. Et y aura deux chapeaulx de fer paraulx, que je livreray; et choisira , mondit compaignon, lequel des deux chapeaulx qu'il lui plaira , et aura chascun tel gorgerin qu'il lui plaira. Et avecques ce , je bailleray deux selles, dont mondit compaignon aura le choix. Et oultreplus , aurons deux lances d'une longueur , desquelles lances nous ferrons vingt cops sans reprendre, à cheval , sur main, et pourrons

férir

par devant et par derrière, depuis le faulx du

corps, en amont. Et icelles armes de lances faictes et acomplies, ferons les armes qui s'ensuivent : c'est assavoir , s'il advenoit

que

l'un ou l'autre ne feust blecié, nous serons tenus après, en icelle journée mesme et ou second jour après, férir de cop de lance, à course de chevaulx, à trois rens, tant que l'un ou l'autre cherra

1. On voit ici qu'on entendait par là toutes sortes d'armes blanches, haches, épées, dagues, etc. De là cette expression qui revient si fréquemment dans les anciens textes , de embastonnés. Au reste l'édit. Vérard est ici plus claire; elle met : de tous les bastons combatans ensuyvant.

gens armés et

à terre, ou soit blecié si qu'il n'en puist plus faire. Et que chascun s’arme à sa voulenté, le corps et la teste, et les targes soient de nerfz, ou de corne', sans ce qu'elles soient de fer, ne d'acier, ne qu'il y ait aucune maistrise. Et courrons lesdictes lances, à tout les selles que les chevaulx auront, faisans lesdictes armes à cheval. Et chascun liera et mectra ses estriers à sa voulenté, sans faire nulle maistrise. Et pour y adjouster plus grant foy et fermeté, je, Michel d'Oris, ay scellé ceste lectre du séel de mes armes , laquelle lectre fut faicte et escripte à Paris, le venredi xx® jour d'avril, l'an mil quatre cens. »

Lequel poursuivant, nommé Aly, s'adreça , à tous ses lectres, en la ville de Calais , et là , furent icelles veues par ung chevalier d'Angleterre, nommé messire Jehan de Prendegrest , lequel accepta de faire lesdictes armes ou cas qu'il plairoit au Roy d'Angleterre, son souverain seigneur. Et sur ce , rescripvi ses lectres à l'escuier d'Arragon dessus nommé : desquelles la teneur s'ensuit :

« A noble homme et honnorable personne, Michel d'Orix, je, Jehan de Prendegrest, chevalier et familier de très hault et puissant seigneur monseigneur le conte de Sombreseil ?, honneur et plaisance. Plaise vous savoir que j'ay, ores, personnellement, veues unes lectres

1. Et que les targes soient de nerfz ou de corne , que les bou« cliers soient de cuir ou de bois dur.

2. L'édit. Vérard et celle de 1572 donnent : le conte de Sommerset. Sur quoi Ducange fait la note suivante : « Jean de Beaufort, filz de Jean de Gand, duc de Lancastre et de Catherine Swinfort sa 2o femme. Il succéda au gouvernement de Calais, à Jean Holland, comte de Huntington.

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