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d'autre part, et que aussi vous dictes par vosdictes lectres que par aucune aliance faicte envers nous deux, laquelle vous m'avez envoiée de mot à mot, je la récite

pour, les voians , mieulx informer en vous demonstrant , veu mon propos que lors avoie et auray, se Dieu plest, toute ma vie, c'estassavoir de garder l'aliance, se envers vous n'eust eu aucun défault.

Premièrement, d'avoir entreprins encontre vostre lige et souverain seigneur le roy Richard, que Dieu pardoint, ce que avez fait; qui estoit alié de mon très redoubté seigneur, monseigneur le roy de France, tant par mariage comme par escripz seellez de leurs seaulx. En quoy nous jurasmes, c'estassavoir ceulx de leur lignage d'un costé et d'autre, comme il appert par les lectres faictes pour le temps, ilz assemblerent devers monseigneur et vostre seigneur dessusdit, vous estans en sa compaignie et plusieurs autres de son lignage. Et povez congnoistre et apparcevoir par mesdictes lectres, dont vous m'avez envoié la copie, se ceulx qui estoient par avant aliez de mondit seigneur ne sont point exceptez. Et si povez savoir se ce seroit bien honneste chose à moy d'avoir aliance à vous de présent. Car au temps que je fis ladicte aliance je n'eusse cuidié, ne pensé que vous eussiez fait contre vostre roy ce qui est congneu et que chascun scel que vous

regardé comme un cruel usurpateur. C'est ce que démontre clairement une pièce originale du Trésor des Charles. C'est une promesse de Henri IV de garder les tréves jurées par son prédéces: seur, où le secrétaire du roi de France n'a pas hésité à mettre au dos la note suivante : Littere Henrici Lancastrie dicentis se esse regem Anglie , per quas promittit tenere treugas.

avez fait. Et pour ce que vous dites que nul seigneur ne chevalier, de quelque estat qu'il soit, ne doit demander à faire armes sans rendre leurs aliances avant qu'on feist ceste entreprinse, je ne sçay se à vostre seigneur le roy Richard vous rendistes le serement de feaulté que vous aviez à luy avant que vous procédissiez contre sa personne par la manière que avez fait. Et quant à la quictance que vous me faictes avant que vous me respondez à la promesse que faicte m'avez, comme il appert par les lectres sur ce faictes que je ne puis avoir, sachez que depuis que je sceuz le fait que vous feistes à vostre lige seigneur, je n'euz apparence que vous deussiez tenir à moy, ne aultrui, quelzconques convenances que vous deussiez avoir fait. Et devez penser et assez congnoistre que je n'ay vouloir d'avoir aliance à vostre personne.

Quant à la consideracion que povez avoir à la dignité en quoy vous estes, je ne pense que la vertu divine vous y ait mis, Dieu le scet et peut bien savoir, et avoir dissimulé, comme il a fait plusieurs princes régner et à la fin de leur confusion. Et à me comparer à vostre personne, point n'en est besoing, regardant mon honneur.

A ce que vous me rescripvez que pour l'oisiveté que vous avez eu vostre honneur a tousjours bien esté gardé, assez est le contraire sceu par toutes contrées.

Quant à la venue que vous pensez à faire pardeçà sans le me mander quant ne où ce sera , rescripvez le moy ou le me mandez, et je vous asseure que vous orrez nouvelles sans guères actendre, de tout mon vouloir, pour faire et parfaire à l'aide de Dieu, se ay santé,

ce que j'ay escript par vos autres lectres se à vous ne tient.

Et ce que vous me rescripvez que voz progéniteurs n'ont point acoustumez d'estre ainsi infestez de mendres personnes qu'ilz n'estoient eulx mesmes, qui ont esté et qui sont les miens, n'est jà besoing que j'en soie mon hérault, il est congneu par tout pays, et quant

à moy je me sens sans reprouche, la Dieu-mercy , et ay tousjours fait ce que loial preudomme doit faire envers Dieu, comme envers monseigneur et son royaume. Qui fait ou a fait autrement, et eust tout le monde en sa main, si n'a-il riens et n'est mie à priser.

Quant à ce que vous rescripvez que ce que ung prince roy doit faire il le doit faire à l’onneur de Dieu, au commun prouffit de toute chrestienté et de son royaume, et non point par vaine gloire et pour nulle convoitise temporelle, je vous respons que c'est bien dit, mais se vous l'eussiez fait en vostre pays passé, plusieurs choses par vous faictes n'eussent pas esté exécutées ou pays où vous demourez.

Quant à comparer ma très redoubtée dame, madame la royne d'Angleterre, vostre rigueur et vostre cruaulté, qui est venue désolée en ce pays de son seigneur qu'elle a perdu, desnuée de son douaire que vous détenez, despoullez de son avoir qu'elle emporta pardelà et qu'elle avoit par son seigneur, où est cellui qui veult avoir honneur, qui ne se monstre pour soustenir son fait? Où sont tous nobles qui doivent garder en tous estas les drois des dames vefves et des pucelles, de si belle vie comme tous scevent que estoit ma dessusdicle dame et nièpce? Et pour ce que je lui appartiens de si près comme chascun scet, me acquitant

le temps

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corps ou de

devers Dieu, et envers elle comme son parent, vous respons aux poins que vous me dictes, que pour eschever l'effusion du sang humain, vous estant venu pardeçà et moy estant venu à l'encontre de vous, me respondrés plus voulentiers de corps à plus grant nombre que de présent ne m'escripvez, qu'à l'aide de Dieu, de la benoiste vierge Marie et de monseigneur saint Michel, sceue de vous la response de ces lectres, soit corps à corps ou nombre à nombre, soit povoir à povoir, vous trouverez en faisant mon devoir et gardant mon honneur telle response par effect comme en tel cas appartient. Et vous mercie pour ceulx de mon costé, que de leur sang avez plus grant pitié que n'avez eu de vostre lige et souverain seigneur. Et afin que vous congnoissez et sachez que ce que je vous escrips et mande je vueil acomplir à l'aide de Dieu, j'ay cy fait mectre le seel de mes armes et me y suis soubscript de ma propre main, lendemain du jour Nostre Dame xxvio jour de mars, l'an mil quatre cens et deux. »

S'ensuit la seconde lectre du roy Henry d'Angleterre, dupliquant

à la seconde lectre du duc d'Orléans,

« Henry, par la grace de Dieu roy de France et d'Angleterre, seigneur d'Irlande. Loys de Valois , duc d'Orléans ! nous vous escripvons , mandons et faisons savoir que nous avons veu unes lectres de vostre part, le derrenier jour de ce présent mois d'avril, que nous avez envoiées par Champaigne, roy d'armes, et Orléans, vostre hérault, en cuidant avoir donné response à noz lectres par vous reçeues le premier jour de janvier derrenier passé, par Lanclastre, roy d'ar

mes, nostre hérault. Laquelle vostre lectre porte date du xxvio jour du mois de mars, mil quatre cens et deux, et avons bien entendu le contenu d'icelles. Et jà soit ce que toutes choses considérées et par espécial l'estat où Dieu nous a mis, nous ne deussions respondre à vostre requeste que faicte nous avez, ne aux réplicacions adjoustées à icelles , toutesfois, puisque vous touchez nostre honneur, nous vous voulons respondre, voiant et considérant qu'en vostre première requeste d'armes à nous faicte, à laquelle nous vous donnasmes response, vous prétendistes icelles avoir procédé d'entier désir et jeunesse de cuer pour vous acquérir honneur et bon renom à commencer à venir et vouloir savoir le mestier d'armes. Et nous semble par vostre présent escript que icellui vostre désir avez grandement tenu en frivoles et en paroles de tençon et de despit, en diffamant nostre personne, cuidant par aventure que ce tourneroit à la confusion de nous, ce que Dieu peut bien tourner à la vostre, et à bon droit. Si sommes pour tant esmeuz, et non pas sans cause raisonnable, de vous donner response aux principaulx poins comprins en vosdictes lectres par manière conime cy-après pourrez plus pleinement apparcevoir, bien pensant et considérant que point n'appartient à nostre estat , ne que ne pourrions nostre honneur garder par tencer, ne avecques ce sur les autres poins frivoles et tençons pleins de malice, ne vous donner response aucunement, sinon que tout ce qui touche nostre reprouche est faulx.

Premièrement, quant à la dignité que vous dictes nous tenir, laquelle vous ne escripvez au long ne approuvez, et si ne vouldriez en ce approuver la manière

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