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si eust esté prins et occis dudit conte, se ses gens ne l'eussent défendu et rescoux, Là fut occis Henri de Persiaque et Thomas de Persiaque, son oncle', Si y fut prins le conte de Douglas, d’Escoce, et plusieurs autres. Après laquelle besongne, icellui roy Henry se partit du camp, joyeux de sa victoire, et envoia en Gales plusieurs de ses gens d'armes pour assiéger une ville en laquelle estoient aucuns favorables aux dessusdiz Persiaques.

DE L'AN MCCCCII.

(Du 26 mars 1402 au 15 avril 1403. ]

CHAPITRE VIII.

Comment Jeban de Verchin , séneschal de Haynnau, envoya ses lectres

en divers pays pour faire armes.

Au commencement de cest an, Jehan de Verchin, chevalier de grant renom, et séneschal de Haynnau , envoia en divers pays par un sien hérault plusieurs lectres aux chevaliers et escuiers, afin de este (sic) fourny à faire aucunes armes qu'il avoit entreprinses à faire. Desquelles lectres la teneur s'ensuit:

« A tous chevaliers, escuiers et gentilz hommes de

1. Le ms. Suppl. fr. 93, Vérard, et l'édit. de 1572 portent que Thomas de Percy seul fut tué, et qu'Henri de Percy ne fut que prisonnier. « Là fut occis Thomas de Parsiaque, et Henry, son nepveu , prins. »

nom et d'armes, sans reprouche, je , Jehan de Verchin , chevalier, séneschal de Haynnau , fays savoir à tous, qu'à l'aide de Dieu, de Nostre Dame, de monseigneur saint George et de ma dame , seray, le

premier dimanche du moys d'aoust prouchain venant, à Coussi , se je n'ay léale essoine', pour faire les armes qui cy-après sont escriptes, pardevant mon très redoubté seigneur, monseigneur le duc d'Orléans , lequel m'a accordé la place. S'il est donques gentil homme, tel que dessus est dit , qui accorder les me vueille : premièrement, le gentil homme qui accorder me vouldra mon emprinse, sera monté à cheval en selle de guerre sans nulle maistrise, et serons armez pour noz corps comme il nous plaira et aurons targes sans couverture ne ferreure, de fer ne d'acier, et aurons chascun une lance de guerre où ne pourra avoir agrape ne rondelle, et une espée. Si assemblerons desdictes lances une fois, et assenez desdictes lances ou non, chascun ostera sa targe a par lui et prendra son espée sans aide d'autrui. Si en ferons vingt cops sans reprinse. Et je, pour honneur de la compaignie et pour le plaisir que le gentil homme m'aura fait d'acomplir madicte entreprinse, le délivreray prestement à pié se je n'ay essoine de mon corps, sans ce que nous prenons ne ostons, lui ou moy, pièces de harnois

pour les espées à cheval si non que chascun pourra prendre autre visière et ralonger ses plates s'il lui plaist, de tel nombre de cops d'espée qu'il me aura voulu deviser, et de dagues aussi, quant il m'aura affermé d'acomplir ma dessusdicte emprinse, pourtant

1. Empèchement ou excuse légitime. (Voy. la note de la p. 26.)

que ledit nombre de cops se puist fournir dans la journée, à telles reprinses que je lui deviseray, et pareillement de tant de cops

de hache

que

deviser me vouldra. Mais pour les haches se pourra armer chascun comme il lui plaira. Et s'il advenoit aussi, que jà ne puist advenir, que en faisant lesdictes armes l'un de nous deux feust blécié tant que pour la journée les armes ne peussent estre parfaictes, qui adonc seroient emprinses par nous deux , l'autre ne seroit en riens tenu de le actendre pour les parfaire, ains seroit quicte d'icelles. Et quant je auray acompli ce que dessus est dit ou que le jour sera passé, je, avec l'aide de Dieu, de Nostre-Dame, de monseigneur Saint George et de ma dame, me partiray de ladicte ville, se je n'ay essoine de mon corps, pour aler à Saint-Jacques en Galice. Et tous les gentilz hommes de la condicion dessusdicte, que je trouveray moy alant oudit voyage et retournant, jusques en la dessusdicte ville de Coucy, qui me vouldront faire tant de honneur et de grace de me délivrer de pareilles armes cy-dessus devisées, à cheval, et me bailler juge raisonnable sans me eslongner de mon droit chemin plus de vingt lieues , ne me reculer du chemin, et me affermer que le plaisir du juge soit tel que lesdictes armes soient commencées dedens cinq jours que je seray venu en la ville où les armes se devront faire, je, à l'aide de Dieu et de ma dame, si je n'ay loyale essoine de mon corps, quant il me auront acompli mon emprinse les délivreray prestement à pié et par la manière cy-dessus devisée, de tel nombre de cops d'espée, de hache et de dague qu'ilz me auront voulu deviser quant ilz commencèrent à acomplir ma dessusdicte entreprinse.

Et s'il advenoit que ung gentil homme et moy feissions accord à faire lesdictes armes , et me eust donné juge comme cy-dessus est devisé, et en alant devant le juge en trouvasse ung autre qui me voulsist faire les armes pareillement et donner juge plus près de moy que le premier, je araie toujours à aler premièrement délivrer cellui qui plus près juge me donroit, et quant je seroie quicte de lui, je retourneroie à l'autre pour fournir ce que accordé aurions ensemble, se je n'avoie essoine de mon corps ; et ainsi pareillement faire tout le voiage durant. Et seray quicte devant chascun juge pour

faire une fois lesdictes armes. Et ne pourra, ung gentil homme que une fois faire armes avecques moy tout le chemin durant. Et aurons bastons paraulx de longueur pour faire lesdictes armes qui se feront, laquelle longueur je bailleray quant je en seray requis. Et seront tous les cops de toutes lesdictes armes qui se feront, depuis le bort des plates dessoubz en amont. Et afin que tous gentilz hommes qui auront voulenté de me délivrer puissent sçavoir mon chemin, j'ay intencion, au plaisir de Dieu, de passer par le royaume de France et de là tirer à Bordeaulx et puis ou pays du conte de Foix, de là ou royaume de Castille , et puis à monseigneur saint Jacques. Et au retourner, s'il plaist à Dieu, repasseray par le royaume de Portingal , et de là ou royaume de Valence , ou royaume d'Arragon, en Cathelongne, en Avignon, et puis rapasseray parmi le dessusdit royaume de France, pourveu que je puisse par les dessusdiz pays seurement passer sans avoir empeschement et portant ceste présente emprinse, excepté ceulx du royaume de France et ceulx du pays de Haynau. Et afin que ceste emprinse

soit tenue véritable, j'ay mis le seel de mes armes à ceste présente lectre pour acomplir ce que dessus est escript et signé de ma main. Qui fut faicte en l'an de l'Incarnacion Nostre Seigneur mil quatre cens et deux, le premier jour du mois de juing. »

Lequel séneschal dessusnommé, pour fournir et acomplir son emprinse ala à Coucy, selon le contenu de ses lectres cy-devant escriptes, et là, fut par le duc d'Orléans très joieusement reçeu'. Mais audit jour ne comparut homme pour faire armes contre lui. Et pour tant, un peu de jours ensuivans se parti de là

pour aler ou voiage de Saint-Jacques ainsi que promis l'avoit. Durant lequel voiage il fist armes en sept lieux et par sept journées avant son retour. Auxquelles, à toutes les foiz, il se porta si vaillamment et si honnorablement que tous les princes qui estoient juges d'icelles armes furent contens de sa personne.

CHAPITRE IX.

Comment Loys, duc d'Orléans, frère du roy de France, envoya lectres

au roy Henry d'Angleterre pour faire armes, et de la response qu'il eut.

En l'an mil quatre cens et deux , Loys, duc d'Orléans, frère du roy de France, envoia unes lectres pour faire armes , au roy Henry d'Angleterre, dont la teneur s'ensuit :

« Très hault et puissant prince, Henry, roy d'Angleterre , je , Loys, par la grace de Dieu, filz et frère des roys de France, vous escrips et faiz savoir par

1. L'an 1400, le duc d'Orléans avait acheté la seigneurie de Coucy de Marie de Coucy, veuve de Henri, duc de Bar.

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