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par deçà envoiées par Aly le poursuivant, par lesquelles je entens la vaillance et courageux désir d'armes qui sont en vous, et aussi que vous avez fait veu de porter une certaine chose , laquelle , comme vos dictes lectres contiennent, vous fait grant mal à la jambe, et que vous le porterez jusques à certain temps que vous serez délivré d'aucun chevalier anglois d'avoir fait certaines armes, composées en vosdictes lectres. Moy, désirant honneur et plaisance, comme gentil homme, de tout mon povoir, ay, ou nom de Dieu et de la doulce vierge Marie, de monseigneur sainct George, et de saint Anthoine, acceptée et accepte vostre requeste, telle et en la meilleure manière que vosdictes lectres contiennent, tant pour vous aléger de la peine et du mal que vous souffrez , comme aussi pour ce que j'ay longuement désiré d'avoir acointance avec aucun noble et vaillant homme de la partie de France, afin d'apprendre aucune chose appartenant à honneur d'armes, pourveu qu'il plaise à mon sire le Roy, de sa grace espéciale me donner congé de le faire, soit devant lui et sa personne royale , en Angleterre, ou autrement, à Calais , par devant mondit très bault et puissant seigneur, le conte de Sombreseil. Et en oultre, pour tant que vos dictes lectres font mencion que vous apporterez chapeaulx, desquelz vostre compaignon choisira celui qu'il lui plaira, et aura chascun tel gorgerin qu'il lui plaira , vous plaise savoir, que pour ce que ne vouldroie que par aucune subtilité de ma partie, d'une piece de harnois ne d'autre, le fait par bon vouloir entreprins, peust aucunement estre destourbé ou délaissé, je vueil, s'il vous plaist, que vous apportez deux gor

gerins d'une facon , dont vous aurez semblablement le choix. Et vous prometz en bonne soy que loyaument je mectray et feray diligence à mon povoir devers messeigneurs mes amis et de moy-mesme,

de impétrer ledit congié; en quoy j'espère en Dieu que je ne fauldray pas. Et avecques ce, du jour et lieu où lesdictes armes se feront, se c'est le plaisir du Roy nostre sire, comme dit est, je escripray au capitaine de Boulongne dedens le jour de la Tiphaine prouchain venant au plus tost que faire se pourra , à fin que de mon entente et voulenté puissiez hastivement estre certifié, et de la plaine voulenté de mon cuer en ceste partie. Noble, honnorable et vaillant seigneur, je prie à cellui qui est faiseur et créateur de tous biens, qu'il vous octroit joye, honneur et plaisance, avecques tous biens que vous vouldriez de vostre dame, à laquelle je vous prie que ces présentes me puissent recommander. Escriptz soubz mon seel, à Calais , le onzieme jour de juing , l'an dessus

dit. »

Depuis lesquelles lectres dessusdictes envoiées audit escuier d'Arragon, pour ce que icellui chevalier n'avoit pas assez briève response, que la besongne fut

par longtemps délaiée , lui rescripvi de rechef autres lectres, dont la teneur s'ensuit :

S'ensuit la seconde lectre du chevalier anglois, envoiée à l'escuier

d'Arragon.

« A honnorable homme , Michel d'Oris , je, Jehan de Prendegrest, chevalier, salut. Comme pour vous aisier et aléger de la peine que vous avez soufferte , je vous ay octroié à délivrer les armes que vous avez

vouées, desquelles mencion est faicte és lectres seellées du seel de vos armes; sur ce que j'ay tant fait, qu'à ma poursuite, avec l'aide de monseigneur et de mon lignage, que le Roy, mon souverain et lige seigneur, le m'a octroié, et sur ce ordonné excellent et puissant seigneur, monseigneur de Sombreseil , son frère, capitaine de Calais, à estre nostre juge, si comme escript vous ay par Aly le poursuivant, par mes lectres portans date de l’xio jour de juing derrenièrement passé, lesquelles vous povez bien avoir veues en digne et souffisant temps , si comme peut apparoir par les lectres de noble et puissant homme, le seigneur de Gaucourt, chambellan du Roy de France, datées du xx® jour du mois de janvier, lesquelles contiennent que à vous-mesmes il a lesdictes lectres envoiées, pour haste de venir par deçà ; pourquoy povez bien entendre que le jour de l'acomplissement de nos dictes armes sera le premier lundi du mois de may prouchainement venant, car ainsi fut-il appoincté et ordonné Roy, nostre sire, sur la poursuite de ma dicte impétracion, et ainsi il le me convient tenir. Sur quoy, pour ce qu'il a pleu à icellui monseigneur le Roy, pour autres plus haultes causes et matières touchans et regardans le fait de sa royale excellence, avoir ordonné monseigneur son frère en autres parties estre, audit jour, il lui a pleu avoir tant fait à l'umble supplicacion de moy, et pour contemplacion de mesdiz seigneur et amis de lignage, pour tenir ladicte journée et estre nostre juge, il a commis et député son cousin et mon très honoré seignenr Hue Lutilier, lieutenant de mondit seigneur de Sombreseil audit lieu de Calais ;

par le

et pour ce, suis venu, prest pour acomplir lesdictes armes au plaisir de Dieu, de saint George et de saint Anthoine, espérant que de vostre partie pour l'alégement de vostre dicte peine, vous y serez aussi présent. Et en celle entente, je vous envoie sauf-consoixante

personnes et autant de chevaulx. Autre chose de présent ne vous sçay que rescripre, car vous sçavez assez qu'il appartient à vostre honneur. Si prie au Dieu d'amours que, ainsi que vous désirez l'amour de vostre dame, vous avancez vostre venue. Escript audit lieu de Calais, soubz le seel de mes armes, le second jour de janvier, l'an mil quatre cens. »

duit pour

S'ensuit la tierce lectre du chevalier anglois, envoiée audit escuier

d'Arragon.

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« Honnorable homme, Michel d'Orix, je, Jehan de Prendegrest, chevalier, salut. Il vous plaise bien avoir en remembrance que

de par vous furent envoiées par deçà, par Aly le poursuivant , unes lectres générales et universelles adrécans à tous chevaliers anglois, escriptes à Paris, le venredi vingtième jour d'avril, l'an mil quatre cens, seellées du seel de voz armes et aussi vous ne devez pas oublier la response que je feis ausdictes lectres, comme scet le chevalier d'Angleterre à qui elles vindrent premièrement. De laquelle response et de ce qui depuis s'en est ensuy, je vous ay escript la substance par mes lectres seellées de mes armes, de la date du onzième jour de juing derrenier passé. Et aussi vous envoyai sauf-conduit bon et souffisant, pour venir par deçà acomplir l'entente de vos dictes lectres universelles, si comme és dictes miennes derrenières lectres est pleinement contenu, où s'en

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suit : « A honnorable homme, Michel d'Oris. » Sur quoy, vueillez savoir que j'ay grant merveille, car, actendu la substance et teneur d'icelles lectres, je n'ay eu de vous autres nouvelles, soit de venir au jour qui assigné estoit, ou autrement de deue excusacion pour essoine de vostre corps. Néantmoins, je ne scay se le Dieu d'amours qui vous exorta et mit en courage de vos dictes lectres générales envoier, ait en aucunes choses esté si despleu, par quoy il ait changié les condicions anciennes qui souloient estre telles, que pour resveiller armes et pour chascun acroistre il tenoit les nobles de sa court en si réale gouvernance que pour acroissement de leur honneur, après ce qu'ils avoient empris aucun fait d'armes , ils [ne) se absentoient du pays où ils avoient fait leur dicte entreprinse jusques à tant que fin en feust faicte; ne aussi faisoient leurs compaignons, fraier, traveiller, ne despendre leurs biens en vain. Non pourquant je ne vouldroie pas qu'il trouvast ceste défaulte en moy, si qu'il eust cause de me bannir de sa court. Pour tant je vueil encore demourer par deçà jusques au huitième jour de ce présent mois de may, prest, à l'aide de Dieu, de saint George et de saint Anthoine, de vous délivrer, si que, ma dame et la vostre puissent savoir que pour la révérence d'icelles j'ay voulenté de vous aisier de vostre grève qui par si long temps vous a mésaisié, comme vos dictes lectres contiennent, pour quoy aussi vous avez cause de désirer vostre alégence. Après lequel temps, se venir ne voulez, je pense, au plaisir de Dieu, retourner en Angleterre par devers nos dames, ausquelles, j'ay espoir en Dieu, qu'il sera tesmoigné par chevaliers et escuiers, que je n'ay en riens mes

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