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tin; ainsi les mots qui suivent, formés de mots latins, seraient im-
proprement appelés latinismes:
Ad patres.
Ex æquo.

Tertio,
A fortiori.
Ex professo.

Quarto, etc.
A posteriori. '
Ex voto.

Quantum.
A priori.
Hic et nunc.

In extremis.
De profundis.
Te Deum.

In partibus.
Ex abrupto.
Primo,

Sine qua non.
Exeat.
Secundo,

Ab hoc et ab hac.

Linceul.

L'Académie écrit linceul; les premières éditions de Boiste donnaient linceuil, et cette orthographe, qui se rapproche de la prononciation, a été adoptée par quelques poëtes :

Quand ma froide dépouille, étendue au cercueil,

Sera couverte, hélas ! du funèbre linceuil. (Le Brun.) Linceul , qui ne se dit plus aujourd'hui que du drap dont on ensevelit les morts, désignait anciennement les deux draps qui serventi à garnir un lit :

... Avec rien on montait un ménage,
Il ne fallait matelas ni linceul. (Lá Fontaine.)

Louche, équivoque, amphibologique.

Ces qualificatifs expriment un défaut de clarté résultant d'un double sens. Une phrase est louche quand les mots qui la composent présentent par leur construction un sens en désaccord avec la pensée qu'on veut exprimer ; une phrase est équivoque quand les termes qui y figurent n'ont pas entre eux une relation précise, et que le rapport est vague de l'antécédent au relatif; une phrase enfin est amphibologique quand elle est susceptible de deux sens ou de deux interprétations différentes.

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Malfamé se dit! d'un homme qui a une mauvaise réputation; diffamé, de celui qui est perdu de réputation, déshonoré. On est malfamé par suite d'une conduite mauvaise que l'opinion publique réprouve et condamne; on est diffamé par une suite d'actes coupables que le sentiment public ou une décision juridique ont marqués d'infamie. Nous avons déjà expliqué la différence de valeur des particules initiales mal ou , et , dis, diff.

Marée en carême, mars en carême.

On dit proverbialement : Cela vient comme mars en carême, en parlant d'une chose qui ne manque jamais d'arriver à certaine époque.

Cela vient comme marée en carème, se dit de ce qui arrive à propos.

Il y a donc une grande différence entre ces deux expressions, et l'on ne doit pas prendre l'une pour l'autre.

Mari, époux.

Mari, formé de mas, maris, mâle, répond à femme, formé de fæmina, femelle; c'est le terme de la langue vulgaire; époux, de sponsus, promis, est le terme légal et moral, et aussi celui du style noble :

Vous vivrez trop contente avec un tel mari. (Molière.)
Tu trouvais bien des torts à cet objet chéri.

— Torts qu'elle a réparés. — En perdant son mari. (C. Delavigne.) Le terme de mari entraîne une idée de superiorité, de domination; celui d'époux exprime seulement l'idée d'association, d'union :

Son époux la tenait tremblante entre ses bras. (Voltaire.)
Il s'emploie au pluriel pour désigner le mari et la femme :
Les époux doivent vivre en bonne intelligence. (Académie.)

Le divorce est si naturel que, dans plusieurs maisons, il couche toutes les nuits entre les deux ÉPOUX. (Chamfort.)

Employé dans la langue familière, époux est une expression prétentieuse et ridicule; les gens de la bonne compagnie disent mon MARI, ma FEMME, et non mon ÉPOUX, mon ÉPOUSE.

Marri, repentant.

Marri est un terme de la langue mystique; il exprime un état de repentir mêlé de tristesse, dans lequel domine le chagrin que donne le regret d'avoir péché : Être marri d'avoir offensé Dieu. (Académie.)

Il s’emploie quelquefois familièrement, mais surtout dans le style comique.

Repentant est le terme de la langue vulgaire; il exprime plutôt le regret que fait ressentir une faute que le chagrin qu'elle produit.

Anciennement, on disait se marrir, dans le sens de Se courroucer, et marrisson, dans le sens d’Indignation : . La MArrisson et tristesse qu'on a du bien d'autrui. (Nicot.) Ces expressions sont encore usitées dans quelques campagnes.

Martyr, Martyre.

Le premier est un nom épicène qui se dit de celui ou de celle qui souffre des peines, des supplices, et même la mort, pour la confession et la défense de la religion : Saint Etienne a été le premier MARTYR. Sainte Cécile est vierge et MartynE.

(Académie.) Figurément, il se dit d'un homme ou d'une femme qui a beau- . coup souffert :

Il y a des Martins de vanitė, aussi bien que de piélé. (Nicole.)

Martyre exprime le supplice même, la mort ou les tourments endurés pour la foi; et, dans cette signification, il ne se dit point au pluriel : LÉglise a attaché des honneurs à l'opprobre et aux souffrances du martyre.

(Saint-Evremond.) Il sert encore, par analogie et par exagération, à exprimer toutes sortes de peines de corps et d'esprit : C'est un MARTYRE que d'avoir affaire à des gens de mauvaise foi. (Académie.)

Et plusieurs, qui tantôt ont appris mon martyre,
Bien loin d'y prendre part, n'en ont rien fait que rire. (Molière.)

Massacrant.

L'Académie n'admet ce imot comme adjectif qu'au féminin singulier, et elle dit qu'il n'est en usage que dans cette locution familière : une humeur MASSACRANTE, une humeur bourrue, grondeuse :

Il est aujourd'hui d'une humeur MASSACRANTE. ( Académie.)

Matière, sujet.

En termes de littérature, on entend par matière le genre d'objets dont on traite, et par sujet l'objet même qu'on expose et qu'on veut

démontrer; ainsi un ouvrage roule sur une matière, et l'on traite différents sujets. Les vérités de l'Evangile sont la matière de tous les sermons, et chaque sermon a pour sujet particulier quelqu'une de ces vérités. Pour bien traiter le plus léger sujet, il faut donc bien connaître toute la matière qui en fait le fond.

Un auteur judicieux sait bien choisir sa 21ATIÈRE. (Académie.)

Quelque sujet qu'on traite, ou plaisant ou sublime,
Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime. (Boileau.)

Matinal, matineux, matinier.

Le premier exprime un accident; ainsi, vous avez été MATINAL signifie, vous vous êtes levé matin aujourd'hui ; le second, au contraire, exprime une habitude : l'homme MATINEUX est celui qui se lève le matin tous les jours :

La prière qui veille en ces saintes demeures,
De l'astre matinal nous annonce le cours. (A. Soumet.)
L'aiguille matinale a fatigué tes doigts. (Lamartine.)
Heureux qui, de Palès respirant tous les charmes,
Va surprendre l'Aurore à ses premières larmes,
Et, d'un pied mutineux effleurant le gazon,

De l'oiseau qui s'éveille entend le premier son. (E, le Brun.) Alatinier n'est usité qu'au féminin et dans cette expression : l'étoile MATINIÈRE.

Mêler.

Ce verbe, dans l'acception de Mettre ensemble deux ou plusieurs choses et les confondre, veut la préposition avec :

La Marne mêle ses eaux avec celles de la Seine.
Mêler de l'eau avec du vin. (Académie.)

Le traître, l'autre jour, nous rompit de ses mains
Un mouchoir qu'il trouva dans une Fleur des saints,
Disant que nous mêlions, par un crime effroyable,
Avec la sainteté les parures du diable. (Molière.)
Il méle quelquefois nos fonds avec les siens,
Et par distraction garde ce qu'il faut rendre;
Mais l'argent se ressemble, et l'on peut s'y méprendre.

(C. Delavigne.) Les armées françaises ont séjourné longtemps en Italie, en Hollande et en Allemagne; elles s'y sont MÊLÉES AVEC les peuples qu'elles ont vaincus. (Michaud.)

Mais au figuré, et dans le sens moral, ce verbe pris pour Joindre, unir, veut la préposition à : Il sait MÊLER la douceur À LA SÉVÉRITÉ. Mêler les affaires AUX PLAISIRS.

(Académie.)

Dieu MÊLE sagement aux douceurs de ce monde des amertumes salutaires.

(Fénelon.)
Mêlons aux chants de la victoire

Les douces chansons de l'amour. (Quinault.)
.... Une bergère, aux plus beaux jours de fete,
De superbes rubis ne charge point sa tête,
Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants,
Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements. (Boileau.)
Un soin nouveau se mêle au trouble qui me presse,
O mon ami! dis-moi quelle est cette prêtresse...

(Guymond de la Touche.) Il faut mêler sa cendre aux cendres de ses pères,

Et c'est le même Dieu qui nous jugera tous. (J.-B. Rousseau.) Je mêlais à mes leçons de petites fables propres à lui ouvrir l'esprit en le diverlissani. (Lesage.)

...... Dieu des cieux, pardonne cette joie

Qui se mêle un moment aux pleurs où je me noie. (Voltaire.) Lorsque j'entendis la cloche qui appelait l'équipage à la prière, je me hâtai d'aller VÉLER MES VOEUX À ceux de mes compagnons. (Chateaubriand.)

Des pressentiments de mort se MÊLAIENT À SES VASTES PROJETS et quelquefois en arrêtaient l'essor. (Thiers.)

La mesure ne permet pas toujours aux poëtes de se conformer à cette règle; ainsi Lefranc a dit, dans ses Poésies sacrées :

Privés de tes regards célestes,
Tous les étres tombent détruits,
Et vont mêler leurs tristes restes

Au limon qui les a produits. Toutes les fois qu'on a MÊLÉ un calcul À une bonne action, le calcul ne réussit pas. (Mme de Staël.)

Il serait facile de trouver dans les poëtes beaucoup d'exemples semblables; mais en examinant avec attention, on s'aperçoit promptement que toujours la mesure les a forcés d'enfreindre une règle fondée sur la raison et le bon sens.

Nous établirons donc en principe : 1° que le verbe méler veut la préposition avec quand il signifie Mettre deux ou plusieurs choses ensemble, les confondre; 2° qu'il veut la préposition à quand il a le sens de Joindre, unir.

Membru, membré.

Le premier se dit d'un homme qui a les membres forts et gros : On peint Hercule fort et MemBRU.

Le second se dit d'un homme qui a les membres bien faits, bien proportionnés; et il ne s'emploie qu'avec l'adverbe bien, qui en détermine le sens :

Il est BIEN MEMBRÉ. (Académie.)

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