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Les diminutifs restés en usage sont terminés :

1° En au, eau, iau : Arbre, Arbrisseau.

Lion,

Lionceau.
Côte,
Coteau.

Pasteur,

Pastoureau.
Ecrit,
Ecriteau.

Pigeon,

Pigeonneau.
Fable,
Fabliau.

Souris,

Sourissau.
Fripon,
Friponneau.

Ver,

Vermisseau.
Jambon,
Jambonneau.

Voleur,

Volereau.
. Mal prend aux volereaux de faire les voleurs. (La Fontaine.)

2° En et, ette :
Amour,
Amourette.

Fleur,

Fleurette. Doux, douce, Doucetle.

Grand,

Grandelette.
Chemise,
Chemisette.

Manche,

Manchette.
Bergère,
Bergerette.

Pauvre,

Pauvrette.
Brebis,
Brebiette.

Poule,

Poulette,
Broche,
Brochette.

Seule,

Seulette.
Chanson,

Chansonnette.
Petite BREBIETTE tousjours semble JEUNETTE. (Nicot.)

Ayant la main trop débile pour bien tenir la docte plume du cygne, j'ay prins la PLUMETTE d'un passereau, loyseau de la Mère d'Amour. (J. Iver.)

Mon Dieu, la sour, vous faites la discrète

Et vous n'y touchez pas, tant vous semblez doucette. (Molière.)
3° En on :
Aigle,
Aiglon.

Jupon.
Aile,
Aileron.

Mouche,

Moucheron.
Ane,
Anon.

Négre,

Négrillon.
Carafe,
Carafon.

Oisillon.
Cotte,
Cotillon.

Puce,

Puceron.
Enfant,
Enfançon (vieux). Sable,

Sablon.
Guenille,
Guenillon.

Val,

Vallon.
Quoi qu'il fasse, un ÂNon ne sera jamais qu'un âne.

Un image eust deseur l'autel
Qui moult estoit de belle taille,
Deseur son chief une touaille (1),
Un enfançon en son devant. (Gautier de Coinsi.)

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Avant le complément indirect de ce verbe on emploie indifférenment de ou d'avec : DISCERNONS l'ami D'AVEC le flatteur. (Académie.)

Mais sachez de l'ami discerner le flatteur. (Boileau.)

(1) On disait aussi louuillon, étoffe de soie, nappe, voile.

Il s'applique à DISCERNER la cause du juste D'Avec le pécheur. (Fléchier.)

Procureur de la Cour, j'entends qu'on me discerne

D'un méchant procureur du Châtelet moderne. (Boursault.) Quelques écrivains, au lieu de deux compléments, donnent à ce verbe un seul complément composé :

Discernez-vous si mal le crime et l'innocence ? (Racine.) Mais l'Académie semble, par son silence, condamner cette construction.

Discernement, jugement.

Le jugement est la faculté qui considère et apprécie une chose en elle-même; le discernement est la faculté qui distingue cette chose de celles avec lesquelles elle pourrait être confondue. Pour apprécier ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est vrai et ce qui est faux, le jugement peut suffire; mais, s'il faut choisir ce qui est bon ou ce qui est beau dans les choses de goût, le discernement est indispensable.

Discord, discorde.

Le premier de ces mots était déjà vieux du temps de Vaugelas. Quelques écrivains le regrettent, non sans raison; car il ne paraît pas que discord et discorde aient jamais eu un sens bien identique, même lorsque tous les deux s'employaient concurremment. Roubaud les distingue par cette nuance : « La pomme jetée devant les déesses rivales excite entre elles un discord; adjugée à l'une des trois, elle allume le feu de la discorde. » Le discord précède donc la discorde, comme l'accord précède la concorde; l'un est la cause et l'autre l'effet.

Discourir, disserter.

Ces verbes expriment tous deux un acte de l'esprit, manifesté par la parole; mais discourir a un sens plus étendu, disserter un sens plus spécial. Le sujet sur lequel on discourt est large, mais vague; celui sur lequel on disserte est restreint et déterminé. On discourt sur la politique, sur la morale, sur l'histoire, etc.; on disserte sur tel ou tel point spécial de l'histoire, de la politique, de la morale : Socrate passa le dernier jour de sa vie à DISCOURIR de l'immortalité de l'âme.

(Académie.) Il DISCOURT des lois et des coutumes. (La Bruyère.) Il a savamment DISSERTÉ sur ce point de chronologie. (Académie.)

Disert, éloquent.

Disert comprend tout ce que l'art et l'expérience ajoutent ou suppléent au talent oratoire; la pureté, l'élégance, la facilité, l'abondance, l'éclat, etc. Eloquent désigne les grands caractères de ce talent, tels que la force, la vigueur, la chaleur, l'entraînement, etc. Disert s'entend toujours d'un certain développement oratoire; éloquent s'applique aux plus brèves allocutions comme au plus longs discours.

Disparition.

Du participe passé disparu, quelques personnes ont fait disparution :

De tous ceux que la DISPARUTION de Voltaire a semblé affliger, les philosophes ont été le plus promptement consolés. (Linguet.)

Mais comme on dit apparition, formé du latin apparitio, et non apparution, on doit dire, et l'on dit par analogie, disparition :

La DISPARITION de cette personne alarma sa famille. (Académie.)

La marche des comètes se termine par une DISPARITION aussi brusque que leur arrivée a été subite. (Babinet.)

Distinguer.

Dans le sens de Reconnaître, discerner une personne, une chose entre d'autres par les caractères qui lui sont propres, l'Académie et les meilleurs écrivains emploient de ou d'avec avec le complément indirect :

DISTINGUER un chien d'Avec un loup, ou un chien d'un loup. (Académie.)

Nous étions si éloignés que nous ne pouvions DISTINGUER la cavalerie d'Avec l'infanterie. (La même.)

Ce savant ne savait pas DISTINGUER le maïs d'avec le blé. (Chamfort.)
Il DISTINGUE à peine le froment d'Avec le seigle. (La Bruyère.)

On n'a qu'à lire Virgile ou Racine, on DISTINGUERA aisément le génie qui les élève D'Avec le talent qui les soutient et qui ne les quitte jamais. (Marmontel.)

Bien loin que la multiplicité des plaisirs donne aux sybarites plus de délicalesse, ils ne peuvent plus DISTINGUER un sentiment d'Avec un sentiment. (Montesquieu.)

Ma muse, en l'attaquant, charitable et discrète,
Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte. (Boileau.)
Elevée avec lui dans le sein de sa mère,
J'appris à distinguer Bajazet de son frère. (Racine.)

On peut aussi, dans le même sens, donner à ce verbe un complément direct composé :

Comme l'homme DISTINGUE le vrai du faux et le beau du laid, il DISTINGUE aussi LE BIEN ET LE MAL. (V. Cousin.)

L'Académie donne un exemple de cette construction, ce qu'elle ne fait pas pour discerner : DISTINGUER le BIEN et le mal. (Académie.) V. Discerner, p. 380, 381.

Diurne, quotidien, journalier.

Diurne n'est pas simplement ce qui se fait chaque jour, mais ce qui dure tout un jour ; quotidien est ce qui revient chaque jour, sans qu'il soit compris que cette action occupe la journée tout entière; et journalier se dit de ce qui se répète tous les jours, que l'action occupe ou n'occupe pas la durée du jour.

Droite (A). A droite est une locution adverbiale formée par ellipse du mot main :

Prendre À DROITE. Tourner À DROITE. (Académie.)
Il entend À DROITE et à gauche différents propos sur son compte. (Boileau.)

C'est par la même ellipse qu'on dit : Être assis A LA DROITE du. père; Il m'a placé A SA DROITE.

On a dit anciennement prendre à DROIT, en sous-entendant le mot côté ; cette forme n'est plus admise.

Éclairer.

Dans son Lexique de la langue de Molière, Génin dit :

« On disait éclairer à quelqu'un, pour signifier lui éclairer son » chemin. Nicot fait soigneusement la distinction entre éclairer » quelqu'un et à quelqu'un; il explique le second : Prælucere » alicui; lucem facere alicui ; lustrare lampade. Ainsi, quand on » lit dans Don Juan, act. IV, scène iii : « Allons, monsieur Di» manche, je vais vous éclairer, » il faut entendre ce vous au datif, » pour à vous, et non pas à l'accusatif, comme aujourd'hui nous » disons: Eclairez monsieur. C'est une politesse très-impolie: mon» sieur n'a pas besoin qu'on léclaire, mais qu'on lui éclaire sa » route.

» Ce vice du langage moderne paraît né de l'équivoque des » formes vous, moi, me, qui servent aussi pour à vous, à moi. »

L'Académie regarde cette construction comme un archaïsme, et veut qu'on dise aujourd'hui : ECLAIREZ Monsieur; ECLAIRER une personne qui descend l'escalier.

Édredon.

On désigne sous ce nom le duvet d'une espèce de canard des mers glaciales appelé eider; ainsi, deider-don, ou duvet d'eider, nous avons fait édredon :

L'innocence dort et repose sur la dure, le crime veille et s'agite sur le mol ÉDREDON. (Gaillard.)

Par ignorance de la véritable étymologie, on a dit autrefois, et quelques personnes disent encore, aigledon.

Égaler, égaliser.

Égaler s'emploie en parlant des personnes et des choses : Égaler les parts. La mort égale tous les hommes. ÉGALER quelqu'un en beauté. Rien n'égale sa beauté. (Académie.)

Rome, qui mit le prix à toutes les vertus,

Négala-t-elle pas Camille à Romulus? (Piron.)
Égaliser ne se dit qu'en parlant des choses :
ÉGAliser les lots d'un partage. La mort ÉGALISE toutes les conditions.

(Académie.) La mort égalise les fortunes. (Montesquieu.)

Telle est l'opinion de l'Académie; disons cependant que l'emploi d'égaliser est fort rare en ce sens, et ce verbe n'est guère usité que dans l'acception de Rendre uni : ÉGAliser un terrain; Égaliser un chemin.

C'est même en cette seule acception que Voltaire voulait qu'on l'employât, et il condamne EGALISER les fortunes, comme un barbarisme.

· Éminent, imminent.

Joints aux noms danger, péril, ruine, disgrâce, ces ajectifs ont à peu près le même sens : seulement, éminent signifie grand, menaçant, et imminent, très-grand, inévitable; le second n'est en quelque sorte qu'un augmentatif du premier. Un danger ÉMINENT, dit l'Académie, peut n'être pas IMMINENT.

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