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est de même de toutes les congrégations de femmes dont on a voulu reculer l'origine. Nous avons fait voir ailleurs qu'elles ne datent que du commencement du xIII° siècle. Aussi l'auteur des Délices du pays de Liége, ajoute-t-il à

son frère, prévôt à Bonn, qui en prit possession au carême de l'an 1192. Mais le pape ayant approuvé l'élcction d'Albert de Louvain, et l'ayant fait sacrer évêque de Reims, les deux frères d'Hochstadt ordonnèrent ou approuvèrent l'assassinat commis sur la personne d'Albert le 24 novembre de la même année. C'est ce qui attira à Lothaire, de la part du pape, une entière privation de tous ses bénéfices, excepté un seul, et à Thierry la guerre, de la part du duc de Brabant, frère du prélat, du duc de Limbourg, ainsi que d'autres parents du défunt, qui, au commencement de l'année suivante, entrèrent à main armée sur ses terres, les ravagèrent, et lui prirent tous ses châteaux à la réserve d'un seul qui était presque imprenable ; mais dans la suite, ayant fait la paix, il les lui restituèrent tous. Thierry vendit la terre de Kelbereh à Jean, archevêque de Trèves, et l'en prit à fief. II avait épousé, au rapport de Jacques de Hemricourt, une sœur d'Albert, comte de Moha et de Dasbourg, fille de Godefroi lI, duc de Brabant, nommée Lutgarde, qui lui apporta en dot la terre de Hanneffe, dans la Hesbaye, et le fit père d'une fille mariée au seigneur de Neuf-Château, au comté de Daelhem, et d'autres enfants des deux sexes, comme on peut le conclure d'une charte par laquelle il conféra en 1194 à l'abbaye de Steinfeld, la moitié du patronage de l'église de Hochkirchen et quelques autres biens. En voici un extrait : Nos Theodoricus, comes de Hochstaden..., pro salute animœ nostrœ, uroris, filiorum ae filiarum nostrarum. Mais il paraît qu'il mourut sans postérité ; ° Othon, qui suit :

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Lothaire d'Hochstadt, prévôt de Bonn, est selon Butkens, t. II, p. 520 et 518, fils de Conrad, comte d'Hochstadt et de Daelhem ; mais nous croyons, avee le chanoine de Rolduc, que Conrad, comte de Daelhem, n'appartenait point à la maison des comtes d'Hochstadt. « C'est en 1492, dit Villenfagne dans les Essais, t. 1, p. 144, que saint Albert, évêque de Liége, fut assassiné. Lothaire d'Hochstadt, qui prétendait à cet évêché et qui était soupçonné d'avoir participé au meurtre d'Albert, jura à Cologne, la même année, qu'il n'y avait pas trempé. C'est ce qu'il répéta encore à Huy, _peu de jours après, en présence des comtes de Flandre, de Hainaut, de Namur et de Gérard comte de Looz. » Lothaire mourut en 1194.

III. Othon d'Hochstadt, comte de Wickerode, avoué de l'abbaye d'Hamborn, est bien frère de Thierry, comte d'Hochstadt, comme nous l'avons fait voir dans l'article de celui-ci, et fils de Gérard, comte d'Hochstadt, puisqu'ils fondèrent ensemble en 1165 le monastère de Hameren près de Duisbourg. Il est mentionné avec son frère Thierry, comte d'Hochstadt, dans une charte de Philippe de Heinsberg, archevêque de Cologne, signée en 1180, selon Miraeus, tome II, page 1185, et dans une autre charte de 1208 publiée dans le même recueil, tome 1, page 407.Je présume qu'il est parvenu à un âge assez avancé : « En la même année, 1205, lit-on dans Butkens, t. I, p. 166, le duc de Brabant et Adolphe d'Altena, archevêque de Cologne, renouvellèrent les anciennes alliances et confédérations qu'il y avait entre eux, leurs pays, sous le témoignage d'Engelbert des Monts, grand-prévôt ; d'Udon, grand-doyen; de Gérard, prévôt de Santen ; de Bruno, prévôt de Bonn; de Thierry, prévôt de Saint-Cunibert; de Thierry, prévôt de Saint-André; de Thierry, prévôt de Saint-Géréon; de Thierry, prévôt des SS. Apôtres; de maître Olivier; de Bruno de Beusehem ; de Godefroi, notaire; d'Othon, comte de Gueldre; de Thierry, enfant ou jeune comte de Clèves; de Guillaume, comte de Juliers ; de Henri, comte de Seyne ; de Gérard, comte d'Are ; de Lothaire, comte d'Hochstadt; de Henri, comte de Kessel; d'Adolphe, comte des Monts; d'Arnoud, comte d'Altena ; d'Arnoud, comte de La Marck ; de Godefroi, comte d'Arenberg ; de Henri, comte de Teclenbourg; d'Othon, sire de Wickerode; d'Éverard, sire d'Arberg ; de Rutger, sire de Meerchem; de Gisbert, sire de Bremer; de Rutger Stommel ; de Herman, avoué de Cologne ; de Henri de Volmesteyn ; de Henri, sire d'Alphen; de Herman, sire d'Alsteren; d'Othon, chambellan; de Henri Wichterich; et de Thierry d'Erenpoorte. » Et puis Othon, sire de Wickerode, assista au couronnement de l'empereur avec son fils Lothaire, comte d'Hochstadt. Voici le texte de Butkens : « L'empereur Philippe, trouvant son parti fort accru par la réconciliation de notre duc, s'avisa de prendre la couronne impériale à Aix, ce qui se fit le jour de la fête de l'Epiphanie de l'an même 1204, par la main d'Adolphe, archevêque de Cologne, avec grand appareil et magnificence, étant à

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l'article du monastère de Keyserbosch une note que nous reproduisons : « Se« condement, Knippenberg étant le seul auteur qui parle de la fondation de « Mathilde (en 1155), nous avons lieu de la croire douteuse, d'autant plus

cet effet convenus en solennelle assemblée la plupart des princes, prélats, barons de son parti, savoir : "Dithelme, évêque de Constance; Conrad, évêque de Spiere; Henri, élu de Wirtzbourg; Henri, élu de Strasbourg; Gérard, prévôt de Santen; Thierry, prévôt de Saint-Cunibert; Henri, duc de Brabant; Louis, duc de Bavière; Henri, comte palatin du Rhin; Bernard, duc de Saxe; Simon, duc de Lorraine ; Othon, comte de Gueldre; Guillaume, comte de Juliers; Lothaire, comte d'Hochstadt; Godefroi, comte d'Arenberg; Gérard, vicomte de Magdenbourg; Othon, sire de Wickerode; Herman, avoué de Cologne; Henri, maréchal de Kalentin ; Cunon de Mintsenberg; Henri, sénéchal de Walpurg; Henri, chambellan de Ravensperg; Wernier.et Philippe de Bouland, frères; Conrad, enfant de Bomparden, et plusieurs autres. » Plus tard, sous les années 1208, nous le trouvons mentionné dans des actes authentiques, avec la qualité d'avoué d'Hamborn. Butkens parle encore de lui, page 175. « Cependant, Adolphe et Bruno par-devant le pape Innocent, contendaient pour l'archevêché de Cologne; mais Bruno fut maintenu par le pape qui lui donna aussi sa confirmation, de sorte qu'encore audit an 1208, il fut reçu en la ville de Cologne ; mais il éprouva aussi peu après l'inconstance de la fortune, car il trépassa deux mois après, et en sa place fut élu Thierry, fils aîné du sire de Heinsberg, doyen des Apôtres, jeune d'âge, mais doué d'assez de maturité, qui encore en ladite année renouvella la confédération entre cette église et le duché de Brabant par lettres dépêchées sous le témoignage d'Engelbert des Monts, grand-prévôt de ladite église de Cologne, qui aussi depuis fut archevêque; de Thierry, prévôt de Saint-Géréon ; d'Olivier, écolâtre; de Gérard, comte de Gueldre; de Thierry, comte de Clèves; de Guillaume, comte de Juliers; de Henri, comte de Seyne ; d'Adolphe, comte des Monts; de George, comte de Wiede; de Henri, comte de Kessel; de Rutger de Merchem ; d'Othon de Wickerode; de Waleran et Henri, frères ; des ministériels Herman, avoué; Godefroi, chambrier; Thierry de Rotselaer ; Franco, échanson ; Guillaume Salline et autres. » Sa femme ne m'est pas connue. Il eut deux enfants légitimes :

1° Lothaire, qui suit :
2° Henri de Wickerode est cité comme frère de Lothaire, vir nobilis de Wickerode, chevalier, et tous deux fils d'Othon
de Wickerode. Il épousa Sophie, et il n'eut pas de postérité.

IV. Lothaire, comte d'Hochstadt, d'Are et de Daelhem, succéda à son oncle Thierry, dans les comtés d'Hochstadt et de Daelhem, et à Othon son père, dans celui de Wickerode. Lothaire, comte d'Hochstadt, Gérard, comte d'Are, et Othon de Wickerode figurent comme témoins dans un acte signé en 1200 par Herman, comte d'Arenberg, et Jutte sa femme. Comme seigneur de Wickerode, il était avoué de l'abbaye d'Hamborn. Vers l'an 1200, il intervint à un traité entre le duc de Brabant et le comte de Gueldre. L'an 1202, on le voit dans une lettre de Guy, cardinal-évêque de Préneste, légat du saint-siége, entre les princes attachés au parti de l'empereur Othon IV. Lothaire fut aussi du nombre des seigneurs que ce prince avait mandés à Maestricht pour conférer sur les affaires de l'empire. Il suivit encore Othon en 1205, mais il le quitta en 1204 et se rangea du côté de Philippe, son rival, au couronnement duquel il assista. Vers 1217, de concert avec Arnoud d'Elslo, il renonça en faveur de l'abbaye d'Herckenrode à ses droits féodaux sur le patronage de l'église d'Othée, cession qui fut ratifiée par le comte Lothaire son fils, comme il conste par deux chartes de ce prince. Le 9 février 1207, il fut chargé avec les comtes de Juliers et de Gueldre, d'aller après la Pentecôte jusqu'à Sinzich à la rencontre de la fille de Philippe, promise en mariage au prince Henri de Brabant, et de la conduire en Brabant dans le cas qu'elle ne fût pas

« qu'il est certain que dans la première institution des monastères de « l'ordre de Prémontré, les filles étaient admises et demeuraient en com« mun avec les hommes dont elles n'étaient séparées que par un mur de

remise au duc même. En 1208, il donna le droit de patronage de l'église de Mersburch, à l'abbaye Steinfeld, en faveur des moines de l'ordre de Prémontré qui s'offraient partout, à cette époque, pour desservir les oratoires situés à la campagne. Par charte de 1216, il céda à l'abbaye de Sainte-Agathe douze bonniers de terre situés à Saint-Jean-Sart pro remedio anima suœ ac parentum suorum. Mais il ne doit guère avoir survécu longtemps à cette époque, s'il est vrai, comme l'historien de Looz l'assure, que Henri de Looz, prévôt de Maestricht, et puis comte de Duras, qui épousa sa veuve, mourut le 2 août 1217. Elle se nommait Mathilde, suivant deux chartes; par l'une Lothaire conféra, de son aveu et de celui de ses enfants, en 1212, le droit de patronage de l'église de Romerskirchen, à l'abbaye de Knechsteden, et par l'autre, il reconnut en 1215, avoir vendu à l'abbaye de Val-Dieu des terres situées à Weert. Butkens le considère même comme le fondateur de cette abbaye, de l'ordre de Cîteaux, laquelle était située au comté de Daelhem. Elle était fille de Frédéric, suivant Butkens, ou de Godefroi, selon Bertholet, comte de Vienne ou Vianden, décédé en 1192.Albéric, sans exprimer le nom du père, fait connaître son extraction et ses secondes noces, sous l'année 1258 en ces termes : In quadragesima moritur archiepiscopus Coloniensis Henricus; filius vero comitis de Herstal (Hochstade), Conradus electus est in archiepiscopum ; natus de sorore comitis Viennentis (Henrici); hanc posteà habuit uxorem Henricus frater (Ludovici) comitis Lossensis, quondam praepositus Trajectensis, genuitque ex eâ Imainam abbatissam in Salensines. La charte de 1215 en faveur de l'abbaye de Val-Dieu, rappelée plus haut, termine en ces mots : Recognovit etiam contractus carissima contectatilis mea Machthildis unacum prole nostra Luthero, Conrado, Theodorico. Il figure dans cette charte sous le nom de Lutherus, comes de Are. Mathilde, sa femme, vivait encore, selon Butkens, en 1228. De ce mariage naquirent :

1° Thierry d'Hoehstadt, mort en 1208 ; . -
2° Conrad d'Hochstadt, chanoine de Liége et de Cologne en 1256, archevêque de Cologne en 1258, mort en 1261 ;
5° Lothaire, qui suit :
4° Frédéric d'Hochstadt, chanoine de Saint-André à Cologne, et puis prévôt de Sainte-Marie-aux-Degrés à Cologne, forma
des prétentions sur le comté d'Hochstadt, après la mort de Thierry, dernier comte d'Hochstadt, son neveu. Le fait
est attesté par une charte de Frédéric lui-même, datée du jour de saint Quirin (le 12 juin 1246), dont voici un
extrait : Fredericus verus hares et comes de Hochstaden... notum esse cupio... quöd ego pro meœ, venerabilis patris
domini mei coloniensis archiepiscopi, Lotharii fratrix mei, Theodorici filii sui, eomitum de Hochstaden, ac pro aliorum
progenitorum suorum remedio animarum, comitiam meam de Hochstaden, eastra quoque Are, Hart et Hostaden ac alia
castra, munitiones cum omnibus vassallis... liberè... dono B. Petro et ecclesiœ Coloniensi...; reservo tamen mihi de bonis
ipsi comitiœ attinentibus redditu 60 marcarnm quod vixero annuatim obtinendas, etc. L'archevêque nomme Frédéric,
son frère, dans la charte qu'il donne en confirmation de celle qu'on vient de lire. Mais nous ne comprenons pas en quel sens Fré-
dérie, dans une autre charte de la même année appelle cet archevêque son frère utérin, fratris mei uterini. Il ne
faut pas sans doute prendre le mot à la rigueur, car si Frédérie était sorti du second mariage de Mathilde, com-
ment 'aurait-il été de droit! et de fait l'héritier du comte d'Hochstadt ?
5° Marguerite, mariée en 1240, à Adolphe, comte de Berg, fils de Henri IV, duc de Limbourg ;
6° Mathilde, femme de Conrad de Molenarcken et de Tomberg ;
7° N., femme du comte de Seyne. Ernst suppose que ce comte était Henri qui se rencontre avec Éverard, son frère,
dans plusieurs chartes. Il est connu par le démêlé qu'il eut en 1255 avec le fameux inquisiteur Conrad de Mar-
bourg, et mourut avant l'an 1248. Après avoir établi cette supposition, l'auteur ajoute : Mais il y a lieu de douter
de cette alliance, vu que Tierry, comte d'Hochstadt, dans l'acte de vente du comté de Daelhem que nous citerons
ci-après, nomme Henri, comte de Seyne, sans dire qu'il fut son parent, comme il le dit d'Othon, comte de Gueldre.

V. Lothaire ou Lutsel, comte d'Hochstadt, de Wickerode, dont il hérita de son père, est proba

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« clôture. Il est vrai que le bienheureux Hugues des Fossés, successeur de « saint Norbert dans le gouvernement de son ordre, craignant que le « mélange des sexes ne devint une occasion de scandale, en procura la sépa

blement le comte d'Hochstadt, qui approuva le 2 novembre 1217, la vente de la dîme du village d'Othée faite par Arnoud d'Elslo, du consentement de feu son père, à l'abbaye de Herckenrode, en ces termes : In nomine sanctae et individuae Trinitatis, Lotharius, comes de Hostaden, omnibus fidelibus in perpetuum notum esse volumus tam praesentis quam futurae aetatis hominibus, quòd Arnoldus de Elslo, vir nobilis, jus patronatûs ecclesiae de Altei cum omnibus attinentibus, quod de nobis in feodo tenebat, ad opus conventûs de Herckenrode in manus nostras resignavit, Domino Engelberto archiepiscopo multisque aliis tam nobilibus quam ministerialibus praesentibus, haeredibus suis praebentibus assensum, nos autem, Coloniensi archiepiscopo tutore, nostre existente de consilio et assensu consanguineorum nostrorum, Gerardi de Randerode et Ottonis de Wickerode, caeterorumque ministerialium nostrorum, jus praefatum de ecclesiâ scilicet de Altei cum omnibus attinentiis suis in manus Coloniensis archiepiscopi statim resignavimus, à quo similiter in beneficio tenebamus; ipse vero motus zelo pietatis, jus patronatûs praefatae ecclesiae cum decimis atti

· nentibus domui de Herckenrode liberè et integrè coram multis ad subsidium sanctimonialium

ibidem Deo famulantium. Nos autem factum patris nostri defuncti ob ipsius anima salutem ratum habentes, hanc donationem, piè et rationabiliter factam, litteris nostris approbamus, et sigilli nostri appensione protestamur; hujus rei testes sunt : Theodoricus, Trevirensis archiepiscopus; Theodoricus, major praepositus; Conradus, major decanus et archidiaconus; Godefridus, capellanus ; Godefridus, camerarius; Peregrinus, notarius; Henricus, dux de Liutburch ; Henricus, comes Seinensis; Adolphus, comes de Monte ; Willelmus, comes Juliacensis; Walramus, comes Lucerenburch ; Fredericus, comes de Altena; Theodoricus de Heinsberg ; Gerardus de Randerode ; Otto de Wickerode; Theodoricus de Monenhyse ; Hermanus, nobilis advocatus ; nnus de Aluet; Theodoricus, dapifer. Anno dominicae Incarnationis M.CC.XVII, datum. Nous donnons cet acte pour prouver qu'en 1217, le père du comte Lothaire était mort et qu'il avait pour proche parent un Othon de Wickerode, que Butkens considère à tort comme seigneur de Wickerode, terre qui était alors en la possession de Lothaire, comte d'Hochstadt. Voici les expressions de Butkens, page 185 : « Après que Thierry de Heinsberg, archevêque de Cologne, avait été dépossédé pour avoir servi le parti de l'empereur Othon, ladite église demeura quelque temps vacante, et à la fin fut à cette dignité élu le lundi après le premier dimanche en carême de l'an 1216, style romain, personnage très-digne, tant par la noblesse de sa naissance, que par l'intégrité de sa vertueuse vie : avec celui-ci renouvella le duc de Brabant les confédérations anciennement traitées entre les pays de Brabant et de Cologne, et furent sur ce des deux côtés dépêchées lettres, le 5 de juillet 1217. Celles dudit élu sous le témoignage de Thierry, grand-prévôt; de Conrad, grand-doyen; de Gérard, prévôt des Saints-Apôtres; de Gérard, prévôt de Sainte-Marieaux-Degrés; de Gérard, comte de Gueldre; d'Adolphe, comte d'Altena ; d'Othon, sire de IVickerode; de Gérard, sire de Randerode; de Herman, sire d'Alsteren, maréchal; de Thierry, sénéchal ; de Brun, sommelier, et de Franco de Rotthem : et à celles du duc sont nommés témoins, Gérard, comte de Gueldre; Wauthier Berthout, avoué de Malines, et Gilles, son frère; Arnoud, sire de Diest; Léon, châtelain de Bruxelles; Gosuin de Gosenkourt ; Arnoud de Walhain ; Robin de Tillemont et autres. » L'acte a été réimprimé dans le tome 1" de la chronique de Jean de Clerk, p. 619, et on y voit Otto de Wickerode. Lothaire se brouilla avec Waleran de Limbourg, comte de Luxembourg, en prenant part, à ce qu'il paraît, au différend que ce prince avait avec le comte de Veldentz; mais en 1220, ils remirent leur querelle à la décision d'Engelbert, archevêque de Cologne. L'an 1222, au mois de mai il se trouva à Aix-la-Chapelle, au couronne

« ration ; mais ce changement ne se fit que l'an 1157; la fondation de « Mathilde qui est de 1155, ne peut en être la conséquence. Il est cepen« dant possible que cette dame ait donné à l'abbaye d'Everbode, la maison

ment de Henri, roi des Romains, fils de l'empereur Frédéric II. La dime du village d'Othée avait
appârtenu primitivement à l'église de Cologne; un de ses archevêques l'avait donnée en fief à un
comte d'Hochstadt. On a vu dans la pièce que nous venons de donner qu'Arnoud d'Elslo la tenait
féodalement de Lothaire, comte d'Hochstadt, lorsqu'il en fit la cession ou plutôt la vente à
l'abbaye d'Herckenrode. Ce qui est encore confirmé par une autre charte de l'année 1218 que
donne aussi M. Villenfagne dans ses Essais, tome II, page 519. Les mêmes témoins y figurent : Au
mois de mars 1225, il donna à l'abbaye de Val-Dieu la part qu'il avait dans la dîme de Warsage
et de Saint-Jean-Sart, avec quelques autres terres. Cette charte commence en ces termes : Ego
Lotharius, comes de Hare et de Dalehem. En 1227, il signa comme comte d'Hochstadt et de Dael-
hem, les lettres par lesquelles il confirma la donation du droit de patronage de l'église de Romers-
kirchen, faite à l'abbaye de Knechsteden par feu son père. Dans une charte donnée au mois de
février 1229, il ratifia avec sa femme la donation du droit de patronage des églises de Vremersdorf
et de Romerskirchen, faite par son père à l'abbaye de Knechsteden, ce qu'il avait encore fait deux
ans auparavant à l'égard de celle de Romerskirchen. Par la charte du mois de février que nous
venons de citer, l'on voit que sa femme se nommait Marguerite, car ce titre débute
ainsi : Lotharius Dei gratiâ comes de Hochstaden, filius Lotharii comitis, et Marguerita uxor
ejus. Elle était fille d'Othon, comte de Gueldre. Il vivait encore en 1256; mais alors il songeait à
sa fin : Ego Lotharius de Hostaden, comes, notum facio omnibus, quòd ego contuli pro salute
animae meae fratribus Vallis-Dei partem montis contra orientem à rivo Beruine justà fagum usquè
ad quercum magnam superius, et usquè ad terminum terrae quondam Ludovici de Belle, quam de
consensu nostro emerunt, et terram quae interjacet, si ab haeridibus legitimè acquisiverit, in
cujus, etc. -
De ce mariage vinrent :

1° Thierry, comte d'Hochstadt et de Daelhem, eut gucrre avec le duc de Brabant qui lui enleva, à cette occasion, le château de Daclhcm ; il tenta de le recouvrer après que Conrad, son oncle, él1 archevêque de Cologne, l'an 1258, n'avait pu réussir à le retirer des mains du duc par d'autres voies. Le prélat, appuyé de Henri, comte de Seyne, et d'autres de ses parents, alla mettre le siége devant ledit château, mais la garnison fit une si vigoureuse résistance pendant trois semaines, que le duc eut le temps de venir au secours de la place. A son approehe, I'archevêque se retira en désordre et avec perte considérable, ayant été continuellement harcelé par les troupes du duc, qui le poursuivit jusqu'à Cologne, d'où il porta le ravage dans les environs de Bonn. Le duc de Limbourg et son frère, le seigneur de Fauquemont, étaient aussi entrés en contestation avec l'archevêque, et les hostilités continuèrent de part et d'autre pcn dant tout le cours de l'an 1259, avcc bcaucoup d'acharnement ct au grand dommage des sujets respectifs; mais 1'an 1240, Othon, comte de Gueldre et quelques autres amis trouvèrent moyen de réconcilier les parties belligérantes. Pour mieux affirmer la paix, on convint qu'Adolphe, fils du duc de Limbourg et depuis comte de Berg, épouserait Marguerite d'Hochstadt, sœur de l'archevêque, et que le comte d'Hochstadt, son neveu, donnerait sa main à une fille de Waleran de Limbourg, seigneur de Fauquemont. Mais le duc de Brabant ne voulut en aucune façon accorder la restitution du château de Daelhem. Il fondait ce refus, selon Butkens, sur quelques anciennes prétentions ainsi que sur le droit de féodalité qu'il avait sur ce château. Il prit si bien ses précautions à ce sujet que le comte de Gueldre, médiateur de la paix, dut déclarer par une charte, donnée le 51 août de la même année 1240, que le château de Daelhem n'entrerait pour rien dans le traité fait entre l'archevêque de Cologne et le duc de Brabant et leurs alliés. Cet accommodement entre la maison de Limbourg et l'archevêque de Cologne ne dura pas longtemps, et il est à croire que Thierry aura aidé son onclc. Il paralt au moins avoir encore eu des démêlés avec le duc de brabant, qui se terminèrent par la médiation de l'archevêque de Cologne, du comte de Gucldre et de celui de Seyne, le 23 février de l'an 1244 (N.-S.), au moyen de la cession que fit Thierry au due, du comté de Daelhem, même de la partie qu'il tenait en fief du duc de Limbourg, aux conditions que le due lui payerait une somme de deux

mille marcs de Cologne, outre une pension annuelle ou fief de bourse de cent marcs de même monnaie, pour la

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