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Il nous importe de donner ici tout entier, en langue française, d'après

une ancienne traduction que nous avons revue avec soin sur le texte original, l'acte mémorable que nous avons cité plus haut :

1566, Philippe de Montmorency, seigneur de Hachicourt, frère de son père, fut légitimé par Philippe II, roi d'Espagne, en 1565, et fait gentilhomme de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas; il mourut en 1582 et fut enterré à l'église de Sainte-Marie-Madelaine, à Arras. Il avait épousé Marie de Wichery, qui convola après sa mort avec Louis de Crequy, seigneur de Vroylande ; elle décéda le 13 septembre 1614 et fut inhumée à Saint-Albin, à Douay. Nicolas de Montmorency et Marie de Wichery ont eu deux enfants ;

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Frédéric de Montmorency eut en don de Philippe de Montmorency, seigneur de Hachicourt, en 1556, Sauehy ou Saulci-le-Cauchier, la Tour de Souastre, 140 carolus de rcnte sur Montigny et 500 florins carolus une fois payés, à condition qu'il demcurerait catholique. Il mourut sans postérité de sa femme Philippine de Govignyes, fille de Jean de

Govignyes, chevalier, seigneur d'Arquennes, prévôt de Valenciennes, ct de Gillette de Morcipont.

4° Philippe de Montmoreney, seigneur de Hachicourt, de Vimy, de Farbus, de Le Bosquet, d'Escarpel, de Sauchy-le-Cau

chier, de Tour de Souastre, etc., chef des finances du roi d'Espagne, chevalier de la Toison-d'Or, élu à Gand, en 1559, avec Floris de Montmoreney, seigneur de Montigny. Les procès-verbaux de l'ordre rapportent que le 6 août 1559, monseigneur Hachicourt, nommé Philippe de Montmoreney, seigneur de Hachicourt, âgé de 57 ans, reçut le collier. C'est Philippe de Hachicourt et non le comte de Hornes qui fut chef des finances : ceci est conforme à la liste publiée dans le tome uI, page 199, des Trophées de Brabant, de Butkens. L'épitaphe du seigneur de Hachicourt en fournit également la preuve; si on pouvait encore en douter, il me serait possible de citer d'autres documents. Au reste, dans l'inventaire des pièces trouvées à la mortuaire de Marie DE HoRNEs, on lit ce paragraphe : « Audit sac se retrouve un autre petit sac marqué de la A, sur lcquel est écrit : Messire Philippe de Montmorency, seigneur de Hachicourt, Wismes, ete., chevalier de l'ordre, chef des finances de Sa Majesté, suppliant par requête contre messire Floris de Montmorency, seigneur de Hubermont, aussi chevalier de 1'ordre, etc., défendeur; et plus bas FI. de Cocq, avocat ; Steylen, procureur. » Philippe de Hachicourt fit un accord le 5 décembre 1550 avec Anne d'Egmont, sa belle-sœur, pour ses droits sur la succession de son père. Lorsqu'il fut certain que le comte DE HoRNEs avait disposé, comme d'un patrimoine privé, de tout l'héritage des seigneurs d'Altena, Philippe, seigneur de Hachicourt, qui portait une tendre sollicitude à toute sa famille, fut chargé, tant par sa mère que par son frère et ses sœurs, de poursuivre leurs droits respectifs contre Anne d'Egmont, Philippe et Floris de Montmorency, contre la famille de Nieunaer, et enfin contre le comte de Houtkercke, qui se présentait également comme successeur féodal du comte DE HoRNEs. Peu de temps après éclata dans la famille de Hornes un autre événement qui provoqua l'intervention du seigneur de Hachicourt. Martin DE HoRsEs, comte de Houtkercke, seigneur de Gaesbeek, le même qui s'était présenté pour successeur féodal du dernier comte DE HoRsts, des seigneurs d'Altena, abandonna tout à coup sa femme Anne de Croy, et à la faveur de la nouvelle religion, il épousa Catherine DE HoRsEs qui descendait, par bâtardise, des mêmes seigneurs d'Altena. Le 15 mai 1549, tous ses biens, rentes et revenus furent mis sous séquestre, et l'administration en fut confiée à trois seigneurs. Ceci est prouvé par une série de pièces et de documents; mais tout ce qu'il nous importe de constater se trouve mentionné dans l'inventaire de la mortuaire de Marie DE HoaxEs, mère de Philippe de Hachicourt; voici : « Un compte général de Henri du Bois, au nom et par charge des seigneurs de Glayon, de Hachicourt et du vicomte de Gand, de toute l'administration et entremise que lesdits ont eues de tous les biens et revenus du seigneur de Gaesbeck, en qualité et comme curateurs des biens dudit seigneur, et ce depuis le XIII° de mai 1549, que ladite curatelle fut accordée, jusqu'à la St-Jean 1562 incluse, par-devant maître Jacques Bornem, maître Jean du Quesnoy, conseillers ordinaires de S. M. en la chancellerie de Brabant, et maitre Josse de Facuwez, audiencier et " secrétaire dudit conseil, commis à ce ordonnés, lequel compte a été oirclos et passé par lesdits commissaires au mois de décembre 1565. » L'absencc du seigneur de Gaesbeck est encore constatée par l'intervention directe d'Anne do Croy dans la liquidation des dettes laissées par son mari ; cc qui résulte de la note suivante que nous avons également extraite de l'inventaire de la mortuaire de Marie DE HoRNEs : « Copie d'une déclaration par laquelle dame Anne de Croy déclare que Philippe de Montmorency, seigneur de Hacbicourt, aurait promis de payer à Roger Pathye la somme de deux mille cinq cents florins, à protestation que ledit seigneur de Hachicourt aurait son recours sur les biens du seigneur de Gaesbeek, en date du 10 avril 1564. » Le seigneur de Hachicourt resta chargé des soins de la curatelle ou séquestre des biens de Martin DE HoRNEs jusqu'à la fin de ses jours. Nous lisons en effet sous cette date, dans le susdit inventaire, la note suivante : « Certain écrit et autres pièces du seigneur de Hachicourt, en qualité de curateur, pour servir aux commissaires députés sur le fait de la récompense prétendue par maître Lueas Huyoel, des seigneurs curateurs du comte de Houtkercke. » i'hilippe de Montmorency, seigneur de Hachicourt, brisa ses armes de celles de sa mère au cœur de l'écu écartelé au premier °t au quatrième, d'or à trois cors de gueules virolés d'argent qui est Hornes; au deuxième et au troisième, d'or à 1° Philippe, qui suit :

« Au nom de Dieu, ainsisoit-il. A tous ceux qui ce présent instrument verront ou lire oiront, sera public et notoire qu'en l'an de Notre-Seigneur 1540, indiction treizième, le 28°jour du mois de novembre, environ les six heures

la fasce de sable, parti de Saerwerden qui est de sable à l'aigle éployée d'argent. Il testa à Douay en 1566 et mourut sans postérité le 15 décembre de la même année, et fut enterré dans l'église de Saint-Albin. Immédiatement après sa

mort fut commandée une belle verrière qui était destinée au couvent de Sainte-Agnès, à Gand : elle était composée de ces quartiers :

Montmorency, Fosseux, Villain, Raes,

HoRNEs, Meurs, Melun, Saarbruck.

On y lisait l'inscription suivante :
« Cette verrière est donnée en commémoration de très-noble et très-puissant messire Philippe de Montmoreney, vrai

héritier de la comté de Hornes, seigneur de Hachicourt, Wismes, Liencourt, Wimy, etc., chevalier de l'ordre de la Toison d'Or, chef des finances du roi. Priez pour son âme. 1569. »

Le nom du donateur n'est pas connu; mais on ne peut perdre de vue qu'une sœur de Philippe de Montmorency était
religieuse au couvent de Sainte-Agnès.
5° Isabeau de Montmoreney, mariée par contrat du 20 juillet 1529 avec Joachim de Hangest, seigneur de Moyencourt, fils
de Louis de Hangest, dit de Genlis, seigneur de Montmort, grand-écuyer de la reine Anne de Bretagne ;
6° Marguerite de Montmoreney, décédée le 10 mars 1570, femme de Robert de Longueval, chevalier, seigneur de La Tour

et de Warlaing, mort en décembre 1559, fils puîné d'Adrien de Longueval, seigneur de Vaux, et d'Anne de Cortewille ; 7° Marie de Montmorency, décédée sans alliance, en 1557 ;

8° Françoise de Montmorency, dame de Montigny, de Vimy, de Hachicourt, de Wismes, de Liencourt, après la mort de

Marie DE HoRNEs, sa mère, et celle de Robert et de Philippe de Montmorency, ses frères, née en 1511, décédée le 11 mars 1569 et inhumée à Saint-Albin, à Douay, auprès de son frère Philippe;

9° Hélène de Montmoreney, religieuse, puis prieure du monastère de Sainte-Agnès, à Gand, de l'ordre de St-Augustin, décéda le 19 septembre 1578 ;

10° Claude de Montmoreney, religieuse au monastère d'Estrun, près d'Arras, décéda l'an 1564, à l'âge de 67 ans.

III. Joseph de Montmorency, seigneur de Nevele, de Hubermont, de Huysse, de Saint-Leu et du quart de Montmorency, rendit aveu au comte de Saint-Pol des terres de Vimy et de Farbus. Le 19 juin 1526, il promit : « Tenir quitte et indemne la dame Marie DE HoRNEs, sa mère, de ce en quoi ladite dame, feu messire Frédéric DE HoRNEs, son père, et autres ses prédécesseurs, pourraient être tenus à cause de rentes ou arrérages envers les religieux et couvent des Chartreux lez-Tournay. » Il vendit, le 15 octobre 1527, à Anne de Montmorency, grand-maître de France, la seigneurie de SaintLeu, le Plessis-Bouchard, et sa part dans la baronnie de Montmorency, pour 26,870 livres. Depuis il alla à Boulogne pour assister au couronnement de l'empereur Charles V, et étant tombé malade, il mourut en cetteville à la fleur de l'âge, l'an 1550 : son corps fut transporté à Weert et enterré dans la sépulture de la famille de Hornes. Il épousa, par contrat du 26 août 1525, Anne d'Egmont, fille aînée de Floris d'Egmont, seigneur de Buren et de Leerdam, chevalier de la Toison-d'Or, et de Marguerite, dite Walburge de Berghes. Immédiatement après la mort de son mari, elle s'empressa de régler sa succession. Nous voyons dans un inventaire : « Partage fait par appointement entre dame Anne d'Egmont, comme ayant le gouvernement de ses enfants délaissés par le trépas de feu son mari Joseph, baron de Montmorency, et noble homme Philippe de Montmorency, seigneur de Nevele, touchant la succession paternelle, en date du 6 décembre 1550. » Elle convola, après la mort de Joseph de Montmorency, avec Jean, comte DE HoRNEs, seigneur de Weert et d'Altena, lequel, n'ayant pas d'enfants, disposa de sa fortune en faveur des enfants de sa femme.

Joseph de Montmorency et Anne d'Egmont eurent les enfants dont voici les noms :

2° Floris de Montmorency, baron de Montigny ct de Lenze, qu'il aeheta de Louis de Bourbon, duc de Montpensier. En

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après-midi, du couronnement de notre très-saint père et seigneur, le seigneur Paul III, de nom, en présence de moi notaire public et des témoins ci-après nommés, à fin des présentes appelés et requis, a comparu lui-même,

sa jeunesse il fut élevé en France chez son cousin Anne, due de Montmorency, connétable de France. Ayant atteint l'âge de porter les armes, il servit, en plusieurs occasions de guerre, le roi Philippe II, qui en récompense le fit gentilhomme de sa chambre, gouverneur de la Flandre française, de Tournay et du Tournaisis. En 1559, au chapitre de Gand, il fut élu, à I'âge de 51 ans, chevalier de la Toison-d'Or, dont il reçut le collier le 6 août de cette année.

Les états du Tournaisis et la ville de Tournay donnèrent, chacun, à Floris de Montmorency, à l'occasion de son mariage avec Hélène de Melun, la somme de trois mille florins. On lit dans les registres de cette ville, sous la date dn 15 mai 1565 : Don à M. de Montigny de 5,000 florins carolus, de 20 pattars, en reconnaissance des plaisirs qu'il a faits à Ia ville, touchant la décharge de la garnison, et aussi en considération de son alliance avec la fille de madame la. princesse d'Espinoy.

assista à une fête de l'ordre en Espagne, où il avait été envoyé avec le marquis de Berghes par la régente des
Pays-Bas, le 7 juin 1566, pour exposer au roi le véritable état du pays. Le roi étant au bois de Ségovie, lit-on
dans les notes de Viglius ab Ayta, qui font partie de ma bibliothèque privée, donna le troisième collier de son
ordre, réservé à sa disposition, au dernier chapitre de Gand, au seigneur don Juan d'Autriche, le 14 juillet 1566,
avec les cérémonies accoutumées, après l'avoir armé chevalier en présence de monseigneur notre prince, du due
d'Albe, et de monseigneur de Montigny, chevalier du même ordre, et de messires de Tisnacq et Courteville, tréso-
rier et greffier dudit ordre.
Il était encore en Espagne quand fut arrêté son frère dont il partageait les opinions ; la mission qu'on lui avait con-
fiée, paralysée par cet événement, traina en longueur. Sur ces entrefaites, le marquis, qui restait à Madrid malgré
Iui, décéda le 22 mai 1567. Alors le baron de Montigny demanda, à son tour, son congé ; mais loin de le lui
accorder, le roi fit prendre toutes les précautions pour qu'on ne lui délivrât pas de chevaux ni pour lui ni pour
ses gens, et dès qu'on eut des nouvelles certaines sur l'emprisonnement des comtes DE HoRNEs et d'Egmont, l'ordre fut
donné de cerner Ia demeure du baron de Montigny qui fut arrêté par un lieutenant des archers flamands.
Le château de Ségovie lui servit de prison. PIus d'une fois il demanda à être interrogé et insista pour être mis en
jugement, mais en vain. Cette indifférence pour un des droits les plus sacrés du citoyen, celui de sa défense, devait
lui inspirer des craintes, d'ailleurs fondées sur des événements analogues. Il tâcha de s'évader, et son évasion deve-
nait d'autant plus probable que tout était préparé pour la favoriser; mais la veille du jour projeté pour l'évasion,
son maltre-d'hôtel, Jean le Moine, qui correspondait avec lui au moyen de petits pains cuits à la flamande, dans
lesquels on mettait des lettres ou des notes, commit une imprudence dans la remise du pain contenant la lettre qui
le prévenait des dernières mesures et précautions à prendre. Dès lors la surveillance fut plus active et tout espoir
d'évasion s'évanouit. Enfin le bourreau se présenta devant lui, et par ordre du roi Philippe il fut étranglé dans
le courant du mois d'octobre de l'année 1570. A Bruxelles, où se trouvait encore le duc d'Albe, fut publiée, au nom
de ce gouverneur, le 22 mars 1571, une sentence contre la mémoire de Floris de Montmorency.
Il n'eut de sa femme Hélène de Melun, décédée en 1590, fille de Hugues, prince d'Espinoy, et d'Yolande de Barban-
çon, qu'un fils qui mourut jeune. Sa veuve convola, en 1581, avec Florent de Berlaymont, comte de Berlaimont,
seigneur de Floyon, de Hierges, de Haultepenne, chevalier de la Toison-d'Or, gouverneur du Luxembourg, mort à
Namur le 8 avril 1626 et enterré chez les Cordeliers de cette ville, fils de Charles de Berlaymont, comte de Berlay-
mont, baron de Hierges, de Péruwelz, de Beauraing, et d'Adrienne de Ligne. Voici l'épitaphe du fils de Floris de
Montmorency, qui se trouvait à Montigny :

Cy gyst Philippe de Montmorency, fils unique de haut et puissant seigneur messire Floris de Montmoreney, chevalier de

l'ordre, baron de Montigny, seigneur de Leuse, et de noble et puissante dame madame Hélène de Melun, lequel mourut, âgé de 21 ans, le 14 d'aoust MD LXVIII.

3° Éléonore de Montmoreney, fille ainée de Joseph de Montmorency, se maria : 1° avec Ponthus de Lalaing, chevalier de

l'ordre de la Toison-d'Or, seigneur de Bugnicourt, fils d'Arthur de Lalaing, seigneur dudit lieu, sénéchal d'Ostrcvant, et de Jeanne de Habaroq, dame de Noyelles-Vion, et 2°, par contrat du 9 novembre 1560, passé à Weert, avee Antoine de Lalaing, comte de Hooghstraeten, chevalier de I'ordre de la Toison-d'Or, fils aîné de Philippe de Lalaing, comte de Hooghstraeten, chevalier de la Toison d'Or, et d'Anne, comtesse de Rennebourg, qui était fille de Guillaume, comte de Rennebourg, et de Cornélie de Culembourg. Ce dernier contrat débute ainsi : A I'honneur de Dieu et de notre mère la Sainte-Église, traité de mariage a été conçu, conclu et accordé entre haut, noble et puissant seigneur messire Antoine de Lalaing, comte de Hooghstraeten, baron de Borsele et de Sombreffe, etc., chevalier de la Toisond'Or, conseiller et chambellan du roi, notre sire, pagné de ig le pr ire H de Rennebourg,

chanoine de Liége et prévôt de Sainte-Croix à Liége, d'une part; de haute et puissante dame douairière de Bugni

et en sa propre personne, très-noble et très-illustre seigneur, messire Jean, comte DE HoRNEs, seigneur de Weert, d'Altena, de Cortessem, malade et infirme de corps, mais en bonne puissance de ses sens et entendement, réflé

c»urt, Villers, Brebières, etc., accompagnée de aussi haute ct puissante dame, madame Anne d'Egmont, comtesse de
Hornes, dame de W eert, d'Altena, sa mère; de haut et puissant seigneur Florys de Montmorency, chevalier dudit
ordre, baron de Montigny et de Leuze, gouverneur de Tournay ct du Tournaisis, son frère, et de aussi haute et
puissante dame, madame Marie de Montmorency, comtesse douairière de Lalaing, dame de Condé, Fresne, ete., sa
sœur, d'autre part; et auparavant y avoir entre eux aucune promesse ou autre lien dc mariage, lesdites parties de
leurs bonnes, pures et franches volontés, sans contrainte, par leurs consaux et avis de leurs prochains parents et amis
d'un côté et d'autre, firent conclure et affirmèrent le traité de mariage d'icelui messire Antoine de Lalaing, comte
de Hooghstraeten, ct de ladite dame Éléonore de Montmorency, sous les devises, promesses et conventions ci-après écrites
et déclarées : premièrement, ledit messire Antoine de Lalaing, comte de Hooghstraeten, est héritier propriétaire paisi-
blement jouissant et possédant, et il porte en ce présent mariage lesdits comté, terres, seigneuries, rentes, maisons
et biens ensuivants, à savoir la maison, comté et seigncurie de Hooghstraeten, maison et seigneurie de Ryckevorssel,
le fief de Minderholt, la terre de Merxplas, ainsi qu'elle se comprend, et ladite dame Éleonore de Montmorency a
déclaré lui appartenir et qu'elle porte en ce présent mariage, etc.
Éléonore de Montmorency, en qualité de fille aînée, forma des droits sur la succession des comtes DE HonNEs, seigneurs

d'Altena, ainsi qu'il est dit dans le contrat de mariage de son fils Guillaume de Lalaing avcc Marie-Christophe d'Eg-
mont : « Item, la succession de feue la haute et puissante dame madame Éléonore de Montmorency, dame comtesse douai-
rière dudit Hooghstraeten, sa mère, appréhendée par bénéfice d'inventaire, en laquelle se trouvent le comté de Hornes,
les baronnies de Nevele, Montigny, Cortessem, Boucholt, les terres et villes de Weert, Workum, Altena, les seigneu-
ries de Vimy, Farbus, Wismes, Hachicourt, Achict-le-Grand, Liencourt, Bellencourt, et autres. » La postérité d'Éléo-
nore de Montmorency se trouve comprise dans celle des comtes de Lalaing, que nous donnons à la suite de cette pré-
sente notice, lesquels ont formé des prétentions sur l'héritage ou le patrimoine des comtes DE HoRsEs, seigneurs d'Altena,
du chef de leur mère Éléonore;

4° Marie de Montmorency, mariée : 1° à Charles, comte de Lalaing, baron d'Escornaix, chevalier de la Toison-d'Or, veut de Marguerite de Croy, dame de Wavrin, frère germain de Philippe de Lalaing, comte de Hooghstraeten, chevalier de la Toison-d'Or, fils de Charles, comte de Lalaing, baron d'Escornaix, chevalier de la Toison-d'Or, gouverneur de la ville d'Audenarde, et de Jacqueline de Luxembourg. et 2° avec Pierre-Ernest, comte de Mansfeld, gouverneur de Luxembourg, chevalier de la Toison-d'Or, veuf de Marguerite de Brederode, décédée en 1554, fille de Renaud de Brederode, chevalier dc la Toison-d'Or, ct de Philipotte de la Marck. Pierre-Ernest, comte de Mansfeld, mourut en 1604, à l'âge de 87 ans.

IV. Philippe de Montmorency, seigneur de Nevele, comte de Hornes et de Meurs, baron d'Altena, seigneur de Weert par le testament de Jean, comte DE HoRNEs, son beau-père et cousin, épousa Walburge, comtesse de Nieunaer. Les conventions anténuptiales furent arrêtées, le 26novembre 1540, entre lui, Jean, comte DE HoRNEs, accompagné de sa femme Anne d'Egmont, et Guillaume, comte de Nieunaer. Le mariage ne pouvait se faire immédiatement, à cause du jeune âge des futurs époux. Le contrat fut seulement signé le 22 janvier 1546, en présence d'Anne d'Egmont, comtesse douairière de Hornes; de Marguerite de Berghes, comtesse de Buren et de Leerdam; de Maximilien d'Egmont, comte de Buren; de Winandt de Bryellant, grand-commandeur du bailliage du VieuxJonc pour l'ordre teutonique; de Guillaume, comte de Nieunaer, père de Walburge; de Gomphert ou Humbert, comte de Nieunaer et de Lymbourg, seigneur d'Alphen, et d'autres encore qui apposèrent au contrat leurs sceaux et leur signature. Ce contrat confirmait le testament de Jean, comte DE HoRNEs, et il y était clairement et nettement stipulé : Dat in gevalle de voorseyde heer Philips (de Montmorency) en heer Floris syn broeder sonder eenige wettige geboorten te hebben van heuren huysvrouwen te laeten, dat alsdan 't graefschap van Hoorne, stadt ende heerlicheyt van Weert, dorpen van Boucholt ende Bruegel, met allen heuren toebehoorten, den huyse van Nieunaer vervallen en succederen zullen.

Né en 1526, Philippe de Montmorency avait à peine atteint sa majorité quand il se maria avec Walburge de Nieunaer qui avait reçu la naissance en 1525 : cette union lui donnait l'espoir d'être l'un des seigneurs les plus riches et les plus puissants des Pays-Bas. ll avait passé ses jeunes

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chissant et ayant égard à la fragilité de la nature humaine, qui dès la naissance est sujette à la mort; considérant aussi que rien n'est plus certain que la mort et rien plus incertain que l'heure d'icelle, espérant et souhaitant,

ans avec ses sœurs sous les bons soins de sa mère et sous la direction de Jean, comte DE HoRNEs.
ll s'attacha depuis au service de l'empereur Charles V qui le fit gentilhomme de sa bouche et l'em-
ploya en diverses occasions de guerre. Il était absent, à la suite de l'empereur, lorsque fut com-
mencé le procès pour l'héritage et le patrimoine des comtes DE HoRNEs, seigneurs d'Altena, de la
part des héritiers féodaux de ces derniers et d'autres intéressés; sa femme fut autorisée à le repré-
senter dans certaines formalités, comme on le voit par une pièce citée dans l'inventaire de la
maison mortuaire de Marie DE HoRNEs :
« Expédition de la journée servie à Arnhem par-devant les gouverneur et gens de conseil en
Gueldre, le 2° jour d'octobre 1544, sur l'appointement amiable que lors la cause fut mise en sur-
séance à raison que le seigneur de Nevele était en expédition de guerre au service de l'empereur. S'y
fut aussi lors déclaré que la dame de Montmorency serait admise, ou son procureur, à renouveler
les reliefs de Gueldre délaissés par son cousin le comte DE HoRNEs. »
Philippe de Montmorency, comte de Hornes, et Anne d'Egmont, sa mère, levèrent, l'an 1550,
une somme de 22,000 florins de Gaspar van der Lippe, dit Hoen, seigneur de Blienbeck, en faveur
de qui Anne d'Egmont renonça à son usufruit jusqu'à concurrence de 5,000 florins, par acte passé
devant la cour de Curenge le 14 octobre 1550. Ils levèrent encore l'année suivante, du même sei-
gneur, une somme de 51,667florins. Herman de Nieunaer, frère de Walburge, femme de Philippe
de Montmorency, consentit à l'hypothèque susdite et se porta même caution pour toute la somme
par contrat du 2 février 1555. Herman et Walburge étaient les deux héritiers présomptifs du
patrimoine et de l'héritage des comtes DE HoRNEs, seigneurs d'Altena, en vertu du testament de
1540, à défaut d'hoirs légitimes de Philippe et de Floris de Montmorency.
Il fut ensuite capitaine des archers de la garde de Philippe II, et, en cette qualité, il accom-
pagna ce prince dans ses voyages d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et d'Angleterre. A son
retour, le roi le pourvut du gouvernement de Gueldre et de Zutphen, et le créa chevalier de la
Toison-d'Or, au chapitre de cet ordre, à Anvers, l'an 1555. On lit dans les notes de Viglius, pour
servir à l'histoire de l'ordre de la Toison-d'Or, inconnues à tous nos historiens et historiographes :
« Messire Philippe de Montmorency, comte de Hornes, fut fait chevalier de l'Épée, âgé d'environ 50
ans, et après avoir fait le serment pertinent, reçut le collier de l'ordre de la main du roi. » Ce prince
le fit aussi amiral ou capitaine-général de la mer des Pays-Bas et son chambellan; ensuite il se
signala à la bataille de Saint-Quentin, en 1557, à la tête de trois mille Bourguignons, prit une
part glorieuse au combat de Gravelines, servit utilement à la défense de Luxembourg et au siége
de Doullens. La fortune semblait alors lui être favorable.
La paix de Câteau-Cambresis, signée le 5 avril 1559, le fit rentrer dans l'intérieur où le mécon-
tentement était sur le point d'éclater. Il se trouva au chapitre mémorable de l'ordre de la Toison-
d'Or qui fut tenu à Gand le 29 juillet de cette année; la réunion fut une des plus nombreuses. Y
furent aussi Philippe de Montmorency, seigneur de Hachicourt, et Floris de Montmorency, seigneur
de Montigny. Les corrections qui s'y firent par Toison-d'Or sont curieuses; nous donnons celles qui
concernent les comtes de Hornes et d'Egmont, et le prince d'Orange, trois personnages qui déjà
s'associaient aux vœux du peuple : « Le 1" jour d'août, le prince d'Orange fut de tous trouvé per-
sonnage de tout noble et chevalereux et très-affectionné au service de S. M. : le second d'août, con-
tinue Viglius, le comte de Hornes fut semblablement loué de tous pour très-vertueux chevalier et
bien digne de l'ordre qu'il portait; ce que Sa Majesté confirma. Sur le comte d'Egmont fut dit pa
tous qu'il s'était si très-bien porté et acquitté en la manière de guerre, qu'il méritait d'être haute-

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