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Réflexions fur VArt de parler & d'écrire , fi les dois à vos entretiens, & a ces Epîtres charmantes qui échappent a votre plume 3 SC qui font également les délices de Vesprit & du cœur.

J'ose espérer, Madame, que les jeunes personnes 9 a l'instruclion desquelles ces Eléments font cons acrés , s'empresseront d'imiter Vexactitude & l'élégance de votre ftyle; & qu'a votre exemple , elles ne feront usage de ces heureux talents, que pour consoler 3 pour soulager V infortune , SC rendre hommage à la vertu.

Si mes foibles Essais peuvent fe soustraire quelques instants a l'oublis sentiments d'admiration SC de respect avec lesquels je fuis 9 PRÉFACE.

Madame,

Votre très-humble & très-
obéissant serviteur,
J. B. Roche.

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jLtE but que je me suis proposé dans cet Ouvrage, a été de faire concourir tous les principes de la Grammaire à l'intelligence & à la perfection de l'Orthographe Françoise. La forme du dialogue que j'y ai adoptée, amène naturellement une foule d'objections dont la solution est auílì curieuse qu'utile; & les interlocuteurs, caractérisés par différents degrés de connoiffances, mettent chaque Lecteur à portée de choisir les explications qui lui parokront les plus convenables à ses besoins ou à ses vues.

Je ne me fui* point borné à marquer les variations que les mots éprouvent selon la partie du discours à laquelle ils font apjfliqués. J'ai analysé , autant qu'il m'a été possible , la construction essentielle de ehaque espèce de mots. Pour cet effet, je me fuis attaché fur-tout à comparer la langue Françoise avec elle-même , & à former des classes analogiques dans lesquelles j'observe méthodiquement la manière dont les lettres se conservent, se perdent ou s'altèrent, selon que le sens devient plus simple ou plus compliqué, plus direct ou plus oblique. Quand ces secours ne suffisent pas , j'ai recours aux étymologies les plus évidentes \ & enfin , pour les cas où les équivoques de prononciation ne peuvent être clairement déterminées par les régies que j'ai établies, j'ai donné à la fin de l'Ouvrage des Tables dans lesquelles on envisage les mots relativement aux lettres qui occasionnent quelque obscurité.

J'ai consulté avec grand soin tous les Auteurs qui ont écrit fur la Langue Françoise \ & si je ne les ai pas cités par-tout où j'ai profité de leurs lumières , c'a été pour ne pas interrompre trop souvent le cours de mes explications. Comme je me fuis fait une loi de ne rien négliger, j'ai souvent été contraint de parler d'après mes propres idées; quelquefois même j'ai osé m'écarter de mes modèles, non par un esprit de singularité, mais pour tirer parti des réflexions que m'a suggérées une expérience de plusieurs années pendant lesquelles j'ai été continuellement obligé par état de répondre à diverses questions fur les principes de la Langue Françoise.

Déférant dans tout le cours de mon Ouvrage aux décisions de l'Académie Françoise, 'je me permets d'y faire un parallèle exact: & suivi de tous les genres d'orthographe. Je fais voir

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