Imágenes de página
PDF

II en est de méme quand le mot fi est conjonction.

Si vous veille^ , je puis dormir.

L'abbé.

Le mot ci ne s'écrit par un c que quand il sc rapporte à ce qui est plus près, ce qui est en deçà. Cette maison-ci, ci-devant, par-ci, par-là, &c. Continuez, je vous prie, l'examen de votre orthographe.

Sophie.

Je ne sus.... première personne au singulier parfait du verbe savoir, qui n'est pas de la première conjugaison; ainsi j'ai eu raison de finir ce mot par une s.

Le Comte.

Mais, comme vous ne suivez pas la nouvelle orthographe, il falloit mettre un c après Ys, jc nc sçus , parce ce verbe a pour infinitif sçavoir, que tous les partisans de l'ancicn usage s'accordent a écrire par une s & un c , sçavoir; & non, comme les novateurs, savoir.

Sophie.

Je ne sçus... Jc ne sçus qu'an panser , que en panser, ce que je devois panser de cela : c'est le mot que, joint au pronom composé en : j'ai eu tort d'écrire qu'an panser par un a; il falloit écrire je ne sus qu'en panser. Je crois méme que , quand cet a nasal forme íeul un mot, il s'écrit toujours par a , & jamais par e.

I'abbì

Pardonnez - moi , Mademoiselle; le mot an, année, s'écrit par un a , ainsi que ses analogues , annuel, anniversaire, bisannuel, &c. dans lesquels ì'n est toujours doublée. Ainsi dans cette phrase: il ne saut qu'an & jour pour Vappropriement, on écrit qu'an par un a, parce que cela signifie , d ne, iaut qu'un an & qu'un jour.

Le Milord. Le Mil Or B.

U appropriement! Voilà une espèce de substantifs que vous ne nous avez point encore expliqués.

L'A B B É.

Le méchanifme en est tout facile : ils font formés du singulier présent subjonctif, augmenté de la syllabe ment, telle qu'on l'emploie à la fin des adverbes : que j'étonne , étonnement; que j'avertisse, avertissement; que je tournoie, tournoiement, &c. &c. de forte que cette syllabe ment doit toujours être précédée d'un e muet, puisque cette lettre est -essentielle k la terminaison du présent subjonctif. Cette règle n'a d'exceprion que dans les substantifs "blanchiment, fourniment, «ceux qui dérivent des verbes de la première conjugaison, dont IV finale de l'infinitif est précédée de deux e. Agréer, que j'agrée, agrément; suppléer, que je supplée , supplément , &c. Quelques personnes en exceptent encore d'autres substantifs, tels que dévouements enjouement, ralliement, & autres , se permettant d'écrire sans e muet; dévoûment, enjoûment, rallímenî, &c. mais il est plus exact de soumettre ces mots à la règle générale.

LE MlIÒRtì.

Je tire une conséquence de cette explication. Quand, dans ces espèces de substantifs, la syllabe finale ment est précédée du sifflement de Ys, si Ce sifflement n'a pas lieu dans l'infinitif, c'est toujours par s qu'il faut écrire, & non par c. Avertir, que j avertisse, avertissements adoucir, que j'adoucisse, adoucissement; accroître , que j'accroiffe, accroissement t &c.

L' A B B É.

Cela est tóut simple : il en est de même dans tous les autres cas où l'infinitif est augmenté du sifflement de IV. Ravir, nous ravissons, ravissant, ravifse

Ss

mem, raviffeur; naître, naijsance , naissant &c. &c.

Mais quand ce sifflement est essentiel à l'infinitif, il s'écrit par s ou par c , scion les règles de l'analogic. Placer, nous plaçons , que nous placions, placement, emplacement; pajfer, pajsant, nous passâmes, passement, passe, passage, Sec.

Le Milord.

Ces substantifs terminés par /ne/i/ sont ce qu'on appelle des substantifs verbaux.

L'abbé.

Nous avons des substantifs verbaux de plusieurs espèces. II y en a fur-tout une grande quantité qui font terminés par ion, attention, occupation , précaution, compassion , permission, &c.

La Marquise.

: Ces substantifs finissent presque toujours par tion & très-rarement par fion.

L'a B B é.

On n'y emploie guère Ts que ruand elle est indiquée par l'analogie. Pastis, passion, compassion; permise, permis, permission; presser, pression , impression , suppression, Sec.

Je parle des substantifs; car dans la conjugaison des verbes, où cette finale ions se trouve souvent à la première personne du pluriel, si le sifflement qui la précède 'n'est pas essentiel à l'infinitif, il s'écrit toujours par s & non par c. Parohre, nous paroistions , que nous parussions; parler , que - nous parlassions; dire, que nous disions, que nous dissions, &c.

Si cc sifflement sc fait entendre dans l'infinitif , il fuit les règles de l'analogie. Tracer, que nous tracions; pajfer, que nous passions; balbutier , nous balbutions; initier, nous initions, &c.

'Sophie.

îl n'y a donc que dans les substantifs , que lc t se prononce comme un c?

Cette prononciation se conserve auffi dans tous les analogues de ces mots : ambition, ambitieux, ambitionner; faction, factionnaire, factieux.

Le í se siffle encore dans tous les dérivés des verbes balbutier & initier: je balbutie , nous initions , initial, vous initierez, ils balbutieront, ils balbutioient, &c, &c. Dans la conjugaison de tous les autres verbes, le t conserve sa prononciation naturelle. Nous quittions, vous fortiei, elle est partie , &c.

Sophie.

Et tous les substantifs qui finissent par tion se prononcent apparemment comme s'ils étoient écrits par don ì

L'a B B é.

Oui, Mademoiselle, k l'exception de ceux datw lesquels le t est précédé d'une s ou d'un x : question , digestion, mixtion. Ce seroit mal parler que de prononcer que scion , digescion , mixcion, &c.

A la même exception près, tous les substantifs terminés par ri suivi de Ye muet, se prononcent comme s'il y avoit cie : Aristocratie , primatie , inertie, prophétie, se prononcent Artstocracie , primacie, inercie, prophécie. Mais le t garde fa prononciation ordinaire dans Eucharistie, amnistie , &c. parce qu'il y est précédé d'une s.

Le Comte. .

On prononce fans siffler le t, une garantie, une sortie, une partie, &c.

Oui, Monsieur, parce que ces mots ne font pas des substantifs, mais des participes adjectifs fe'mi^ nins pris substantivement. Dans tout autre cas , la finale tìe se prononce comme cie : nous observerons même en passant que le t se siffle dans les analogues du participe partie, tels que partiel, partial, impartial, &c

Les substantifs scion & suspicion, font les seuls dans lesquels la finale ion est précédée d'un c. . . Mais voilà une digreífion un peu longue : où en étiez-vous, Mademoiselle?

Sophie.

Je ne sus qu'en panser. II faut écrire qu'en par en f parce que an ne peut former un mot que quand il signifie une année.

L'abbì

II y a encore une faute dans cette phrase. Penser, réfléchir, s'écrit toujours par en, & non par an. Mais on écrit par an, panser une blessure , panser un cheval ; on dit d'un ivrogne ou d'un gourmand, qu'il est bien pansé , pour faire entendre qu'il a la panse bien pleine. Continuez , je vous prie.

Sophie.

Quand à la distribution , je n'ai rien vu qui en approcha. J'ai mis un accent fur Va qui est seul, parce qu'il n'appartient point au verbe avoir. A cause que j'écrirois par ai, 'f ai vu , j'écris pareillement par ai , je n'ai rien vu , & le participe vu ne peut être mis ni au féminin ni au pluriel, puisqu'il se rapporte au mot rien.

t'A B B É.

A quel mode appartient votre dernier verbe, qui en approcha? comment diriez-vous au pluriel:

Sophie. Je n'ai point vu de choses qui en approchassent.. . Ces deux Js m'annonçent le parfait du subjonctif:

« AnteriorContinuar »