Imágenes de página
PDF

I'abbì

Vous avez oublié que quand, k la première

f>ersonne du singulier, la dernière syllabe est muette, 'c muet n'y doit jamais être suivi d'une s. Vbu» deviez écrire sans s finale , que je rìjfe. On rit pour que je rifle , mais je ne ris pas.

i A Marquise.

J'ai mis une s à la fin du premier verbe dans le second exemple, parce que ce verbe est à la seconde personne, tu defiras : je voulois mettre un / aux deux autres, parce qu'ils font à la troisième personne. Mais les trois personnes au singulier parfait du verbe louer, font je louai, tu louas , il loua; & jc me fuis rappelé que quand, au singulier , les deux premières personnes se prononcent différemment, la première ne peut finir par s, ni la troisième par un t.

L' A B B É.

Vous deviez mettre un / au second de ces verbes qu'on te louât; car il ne vient pas du parfait indicatif, je louai , tu louas, il loua, mais du parfait subjonctif, que je louajfe , que tu louajscs, qu'on huât; & nous sommes convenus que , dans ce temps , la troisième personne au singulier doit finir par un /, précédé d'une voyelle marquée de l'accent circonflexe.

Sophie.

Ce n'est donc qu'au subjonctif que la troisième personne peut finir par ât?

I'abbé.

Non , Mademoiselle. Ainsi , quand vous voudrez distinguer les troisièmes personnes qui finissent ainsi , de celles qui font terminées par un a fimple , vous n'aurez qu'à mettre la phrase à la première personne du singulier , & vous verrez clairement si le verbe appartient à l'indicatif ou au subjonctif. Je suppose que vous vouliez écrire, II ejï sûr qu'on vous approuva, mais il est douteux qiïon vous admirât. Mettez ces phrases k la première i>ersonne , II est sûr que

Sophie.

// est sur que je vous approuvai , mais il est douteux que je vous admirasse.

L'abbÍ.

Les deux Jf que vous prononcez après Va dans ce dernier verbe , prouvent qu'il appartient an temps indirect du subjonctif; ainsi , k ía troisième personne, il doit finir par un t : au lieu que Ic premier, je vous approuvai appartient au parfait de l'indicatif , dont la troisième personne finit par un a simple, 'f approuvai, tu approuvas, il approuva. Vous écrirez donc sans t final , Il est sûr qu'on vous approuva, & avec un r final, mais il est douteux qu'on vous admirât.

Dans les verbes de la seconde conjugaison, la troisième personne au singulier du parfait indicatif ne diffère de cette méme personne, au temps indirect du subjonctif, que par l'accent circonflexe qu'on place sur la voyelle finale de cette dernière, & qui en alonge la prononciation.

Je pris, tu pris, il prit. Que je prisse , que tu prisses , qu'il prît

Je crus , tu crus , il crut. Que ie crusse , que tu crusses , qu'il crut.

Je vins , tu vins , il vint. Que je vinsse , que tu vinsses, qu'il vînt.

Ainsi, dans ces phrases.- // n'est pas sûr qu'on s'y prît bien, mais il est certain qu'on fit des merveilles, en mettant les verbes k la première personne: II n'est pas sûr que je m'y prisse bien, mais il est certain que je fis des merveilles , on voit que le premier appartient au temps indirect du subjonctif, & que sa troisième personne doit être écrite avec l'accent circonflexe : Que je m'y prisse, que tu t'y prisses, qu'il s'y prît ; ce qui n'a pas lieu pour le second , qui appartient a l'indicatif, Je fis, tu fis, il fit.

La Marquise.

On doit donc écrire avec un accent circonflexe, '// n'cfl pas sur qu'on s'y prît bien, & fans accent , mais U est certain qu'on fit des merveilles?

L'a B B é.

Oui, Madame. Nous allons présentement parler

de Vimpératif, c'est-à-dire, du mode qui sert k

commander ou à prier. Ce mode n'a point de

première personne au singulier, parce que, si on

se commande à soi - même , c'est toujours en parlant

comme si on adrcssoitla parole à une autre personne.

Venir.

Viens , qu'il vienne;

Venons , venez , qu'ils viennent.

Dans ce mode, la troisième personne, tant du singulier que du pluriel, est empruntée du subjonctif.

Sophie.

Elle finit donc toujours au singulier par un e muet?

I'abbé.

Oui, Mademoiselle.

Fuir.

Fuis, qu'il fuie.

Conclure.

Conclus, qu'il conclue.

Courir. ...... Cours, qu'il coure,

II en faut feulement excepter les verbes être & avoir, dont la troisième personne du singulier , tant à l'impératif qu'au subjonctif, finit par un r. Etre.

Sois , qu'il soit.

Avoir. Aie, qu'il ait.

Pour la seconde personne du singulier, & les deux premières du pluriel, elles sont empruntées de l'indicatif présent, en retranchant le pronom, personnel.

INDICATIF PRÉSENT. IMPÉRATIF.
Voir.

Je vois, tu vois, il voit; Vois, qu'il voie;

Nous voyons, vous voyez , Voyons, voyez , qu'ils ils voient. 1 voient.

Humecter.

J'humecte, tu humectes, il Humecte , qu'il

humecte; humecte;

Nous humectons, vous hu- Humectons , humectez ,

me:lez, ils humectent. qu'ils humectent.

Iamarquise. Ainsi, dans les verbes de la seconde conjugaison , les deux personnes du singulier à l'impératif sont toujours différentes, puisque la seconde-finit pari, & la troisième par un e muet.

L' A B B É.

Oui, Madame. Nous excepterons feulement des règles que nous venons d'établir , le verbe vouloir, qui a , dans les premières personnes de l'impératif, une forme différente de l'indicatif & du subjonctif:

, Veuille , qu'il veuille;

Veuillons , veuillez , qu'ils veuillent.

& les verbes être, avoir & savoir, dont toutes ks personnes sont empruntées du subjonctif.

SUBJONCTIF. IMPÉRATIF.

Être.

Que je sois , que tu fois , Sois , qu'il soit;

qu'il soit;

Que nous soyons, que vous Soyons , soyez , qu'ils íbyez , qu'ils soient. soient.

Avoir.

Que j'aie , que tu aies Aie, qu'il ait;

qu'il ait;

Que nous ayons , que vous Ayons, ayez, qu'ils aient; ayez, qu'ils aient..

Savoir.

Que je sache, que tu saches Sache, qu'il sache;

qu'il sache;

Quenous sachions, que vous Sachons, sachez , qu'ils sach iez, qu'ils sachent. sachent.

Dans ce dernier, les deux premières personnes du pluriel à l'impératif ne prennent point, avant leur dernière syllabe, Yi qui caractérise le subjonctif.

Ia Marquise.

Est-ce par oubli que vous avez écrit fans s y veuille , aie, sache, qui font à la seconde personne du singulier >

L'abbé.

Non, Madame. Quand la seconde personne au singulier de l'impératif finit par une syllabe muette , on l'écrit ordinairement sans s finale : c'est la feule exception a la règle qui veut que la ícconde personne du singulier finiífe par une s.

La Marquise.

Cela doit donc se rencontrer dans tous les verbes de la première conjugaison?

L'abbé.

Oui, Madame. On écrit sans s, donne, parle r marche, danse, chante, &c &c. la même règles étend fur le verbe aller, quoique la seconde personne de l'impératif forme une syllabe sonore : va , va. cueillir des lauriers. Mais cette s se conserve dans tous les verbes de la seconde conjugaison , parce que la seconde personne au singulier de l'impératif finit toujours par une syllabe sonore : tiens , cours , prends, permets, &c. On cn excepte avoir, vouloir & savoir, dans lesquels cette même personne finit par une syllabe muette : au, veuille, sache*

Le Comte. , Mais on restitue Ys finale après une syllabe muette, toutes les fois que cette seconde personne précède

« AnteriorContinuar »