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L'abbì

Ne vous découragez pas, Mademoiselle ; la conjugaison des verbes est la partie la plus conséquente de l'orthographe. La phrase indicative ofîré plui de difficultés que les autres, 6c fur-tout au temps présent; mais quand vous aurez surmonté ces premiers obstacles, le reste ne vous coûtera nreíque aucun effort. ■ :''

Pour plus de clarté comparons deux verbes différents donr le singulier présent se prononce de la même manière.

Je lie des bouquets, ta lies des bouquets, il lie ou elle

lie des bouquets. Je lis la bible , tu lis la bible, il lit ou elle lit la bible.

SOPHIE.

Je vois qu'il y a quelques différences dans l'orthographe de ces verbes , mais je ne saurois en comprendre la cause.

L'abbi. .

Examinez quels font les infinitifs des verbes que je viens-de citer. Par exemple, quel est celui díj premier :je lie des bouquets?

: -i . .&JO ÏH I E.: ' ■

II faut donc dire, jç veux ?•

■ nm'^. .-• 4¥»'.*••-• !• • • . Oui, Mademoiselle : ....,>.> * » \ •"

Sophie."

le veux lier dés bouquets. Je vois, que l'infin.itif de certe phrase' est lier, qu'on ■■ prònòhcè lié, comme s'il n'y avoit pointcjJV^-1 ^ ^

*! > 'U''J "ï'A B v t. 'rr '.. , i

Présentement vous r^'avez qu'à retrancher IV de cet infinitif lier , & vous aurez Tes trois personnes, du -singulier: il faudra feulement ajouter une s 'a Ja seconde , fuivaiit: Ja tëglp générale. '.

Cet

Sophie.

J'y suis présentement. Voilà comme jc dois écrire:

Je lie des bouquecs , tu lies des bouquets , il ou elle lie des bouquets.

L'a B B é.

Ce verbe est de la première conjugaison , parce que son iníinitif lier est terminé par er : tous les verbes de cette conjugaison , qui sont cn très-grand nombre , hniílcnt comme ctlui-là, au singulier présent par e , es , e. Paíìons aj verbe suivant : je lis la bible.- Dites pareillement je veux.

Sophie.

Je veux lire la bible. C'est donc lire, qui est Finfinhif de ce verbe-là?

L'a B B é.

Oui .Mademoiselle; & comme cet infinitif n'est pas termine par er, il est compris dans la seconde conjugaison : par conséquent il faut que les deux premières personnes du singulier présent indicatif finissent par s , & la troisième par un A

Je lis la bible , tu lis la bible, il ou elle lit la bible.

Sophie. • '

J'entends bien ceci présentement. Je veux lier un bo quet, je lie un bouquet; je veux lire la bible ,

je Ils la bible , &c. ,- ■>

... - ... í A M A R Q UI S E

Mais vous dites que les verbes de la seconde conjugaison peuvent aufii finir par x aux deux premières perst nncs du singulier présent, & à la troisième par d ou par c.

-l' Abbé:

Oui, Madame; mais ce font des cas particuliers: nous en p trierons bientôt. Alors l'x fait la fonQioîi d'une s, ce qui arrive en bien d'autres circonstances ; & le d ou le c remplace le t final de la troisième personne.

La Marquise.

Ces règles pour le présent singulier me paraissent sort aisées k suivre, quand les verbes font seuls; mais s'ils étoient mêlés avec d'autres mots, je ne pourrois jamais les diltinguer, ni savoir à quelle conjugaison ils se rapportent.

L'A B B í.

Cela n'exige qu'un peu plus d'attention. Examinons ces phrases , qui font au singulier de l'indicatif présent.

Le Ciel m'envoie des biens que je ne prévois pas.
Quand on part pour l'armée, tu te pares commeun Adonis.

Ia Marquise.

Je crois reconnoître les verbes dans ces phrases: ce font, fi jc ne me trompe , les mots m'envoie, je ne prévois, on part, tu te pares; car pour parler au futur , il faudrait changer ces mots, & dire:

le ciel m'enverra des biens que je ne prévoirai pas. Quand on partira pour l'armée, tu te pareras comme un Adonis. .

L'A B B É.

Le reste nc fera pas plus difficile. Voyez quels font les infinitifs de ces verbes.

u Marquise.

II faut donc dire aufli, moi , je veux..?

L'a'b B é.

Employez ce verbe à la personne qui est indiquée par le sens du discours. Dites, par exemple, à la troisième, le ciel veut.

La Marquise.

J'y suis. Le ciel veut m envoyer des biens que je ne veux pas prévoir. Quand on veut part ir pour l armée , tu veux te parer comme un Adonis. Envoyer & parer sont de la première conjugaison; ainsi il faut écrire par un e muet, le ciel m envoie tu te pare. Prévoir & partir sont de la seconde conjugaison; ainsi il faut écrire par une s, je ne prévois pas, on pars pour l'armée.

i E Comte.

Vous écrivez /// te pare , on pars: vous n'avez pas fait attention aux personnes de ces verbes.

La Marquise.

Le ciel m envoie... ce verbe est a la première personne; car c'est comme s'il y avoit te ciel me envoie , & le pronom me est à la première personne.

L'abbé.

Ce pronom me est bien à la première personne \ mais il n'est pas le pronom personnel du verbe. Qui est-ce qui envoie? C'est U ciel, & non moi; & comme le mot ciel est a la troisième personne * puisqu'on ne parle pas en son nom, & qu'on ne lui adresse point la parole , il s'enfuit que le verbe qu'il gouverne est à la troisième personne: te ciel m envoie des biens. .

La Marquise.

Quand la première personne du singulier finit par un e, la troisième est tout-k-fait semblable; ainsi malgré mon erreur je n'ai point commis de faute dans l'orthographe de cette phrase : k ciel m envoie des biens. 1 m.

l'A B B E.

Cela est vrai, Madame; mais votre méprise n'eût pas été fans conséquence dans un verbe de la seconde conjugaison , puisque la première personne du singulier présent-indicatif n'y ressemble jamais à la troisième : l'une finit pari ou pat x, & l'autre

par r, d ou <r. .... • .

, j * Ia Marquise.

Je ne prévois pas ... Cc verbs-ci est k k première personne; & corame il est de la seconde conjugaison, j'ai bkn fait de mettre une s: je prévois.

l'A B B É.

Celà est fort bien* Madame j mais voyons , je vous prie, les deux derniers.

LA M A B. QUI SE.

Quand on par. . . ceci est k la troisième personne. C'est donc par un t qu'il faut finir : quand on part. Et le dernier : tu te pares comme un Ado* nis. Je vois ma faute: le verbe est k la seconde personne; ainsi il doit finir par une s : tu te parts.

l'A B B. í..

Vous voyez, Madame , qu'il ne faut qu'un peu d'attention, pour ne vous y pas tromper.

LE MtlORJ). »

Puisque le singulier présent indicatif des verbes de la première conjugaison sefpçmc en retranchant IV finale de l'infinitif, il falloit donc écrire avec un y , h ckl irìenyoyç , car ce verbe dérive de l'infinitif envoyer.

l'A B. B t.

C'étoit ainsi qu'on écrivoit autrefois, & certe orthographe était conforme k la prononciation. Ost faisoit sentir les deux i qui composent l'y. Le cid envoyé, j'effayt, il nettoyé, déploya , ils appuyent, se prononçaient : le ciel m'envoi-ie , jejsat-ie, ilnettai-ie, tu déploi-ies, ils appui -ient, Sec. Aujourd'hui l'y rie précède presque jamais une syllabe muette. On écrit par i qu liçu d'y: le ciel m'envoie, j'ejsaie , il nettoiç , tu déploies , ils appuient; & on prononce le çiel nìenyoî, jsejfaî, il 'nettoî, tu déplol ,ils appui, &c.

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