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3. Rapport sur le concours pour des notices biographiques sur des agronomes, des cultivateurs ou des écrivains dignes d'étre mieux connus pour les services qu'ils ont rendus à l'agriculture. Commissaires, MM. HUZARD père, DU PETIT-THOUARS; le baron DE LADOUCETTE, rapporteur.

Messieurs, une fresque grisâtre offre encore à Châlons le buste de M. Philibert de la Salle, né à Reims, et la mémoire de ce grand agriculteur reste en honneur dans la Champagne; mais on n'y connaît que très imparfaitement le bien qu'il y a produit et ses droits réels à une constante renommée. Dans les autres parties de la France, on ne se doute pas des services qu'il a rendus, et son nom n'y est presque jamais prononcé. La plupart des dictionnaires historiques ne font pas mention de lui, et l'article qu'on lui a accordé dans la Biographie universelle est trop écourté. Sous ce rapport, on doit convenir de l'utilité de la Notice qui a été soumise à l'examen de la Société. L'auteur ne s'étend peutêtre pas assez sur le Manuel d'agriculture que M. Philibert de la Salle a publié, et il n'aurait pas dû passer sous silence la critique que

M. Delamarre en a faite dans le temps; mais la Notice contient des détails intéressans sur le principal titre de gloire de M. de la Salle, c'est à dire sur son ouvrage des prairies artificielles et sur l'application qu'il qu'il en a faite aux terres champenoises dépourvues d'eau, bienfait inappréciable pour cette province. L'exemple est le meilleur des préceptes, et l'on a imité notre agronome sans l'avoir lu. La Notice est terminée par d'autres détails sur la vie de M. de la Salle, que la Champagne a perdu en 1775.

L'auteur est M. le docteur Doé, qui a déjà obtenu des récompenses à d'autres concours. S'il eût approfondi davantage son sujet et l'eût enrichi d'éclaircissemens neufs et puisés à de bonnes sources, il eût mérité la médaille. On ne peut que l'engager à revoir son travail et à lui donner tous les développemens dont il est susceptible; la Société se plaît à lui accorder une mention honorable.

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40. Rapport sur le concours pour la culture du pavot (œillette) dans un arrondissement où elle n'était pas usitée. Commissaires,

MM. DAILLY fils, DARBLAY; VILMORIN, rapporteur.

Messieurs, par suite d'un concours ouvert en 1820, et continué en 1825, aux termes d'un nouveau programme, vous avez proposé, pour être décerné dans la séance publique de la présente année 183.1, un prix de 1,000 francs, ayant pour objet l'introduction de la culture de l'œillette dans un arrondissement où elle n'aurait pas été pratiquée antérieurement à 1820. La condition principale du programme était d'avoir cultivé deux hectares au moins de cette plante pendant chacune des cinq années comprises dans la durée du concours.

Vous demandiez, de plus, aux concurrens des détails sur leurs procédés de culture, sur la quantité des produits obtenus, sur leur emploi aussi bien que sur celui des tiges.

Un seul cultivateur, M. Armand Rousseau, maître de poste à Angerville, arrondissement d'Étampes, s'est mis sur les rangs, et nous venons vous rendre compte de l'examen que nous avons fait des pièces qu'il a produites. Leur ré

sultat est 1°. que, depuis 1817, M. Armand Rousseau a introduit sur son exploitation la culture en grand des plantés oléagineuses; 2o. que, dans les cinq années comprises dans le concours, il a semé sur le territoire des communes de Dommerville, département d'Eure-etLoir, et d'Angerville, Seine-et-Oise, desquelles dépendent les terres qu'il exploite, les étendues suivantes en œillette, savoir:

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3o. Enfin, que la culture de l'œillette n'avait été pratiquée jusque-là ni dans l'arrondissement d'Étampes, ni dans celui de Chartres, auquel appartient la commune de Dommerville.

Les certificats par lesquels ces faits sont attestés étant parfaitement réguliers, et d'un autre côté, M. Armand Rousseau vous ayant adressé les détails demandés sur les procédés et les résultats de ses cultures d'œillette, il en résulte qu'il a satisfait pleinement aux conditions du programme.

Nous avons en conséquence l'honneur de

vous proposer de lui décerner dans votre prochaine séance publique le prix de 1,000 francs, mis au concours pour la culture de l'œillette.

Et attendu que les deux Lettres que vous a adressées ce cultivateur recommandable contiennent des détails utiles et propres à faire naître l'émulation non seulement sur l'objet spécial du concours, mais encore sur divers autres points de sa pratique agricole, nous vous propo sons additionnellement leur impression dans vos Mémoires, à la suite et comme complément du présent rapport.

les

La récompense que vous accorderez, Messieurs, aux efforts de M. Rousseau sera d'autant mieux placée que la culture de l'oeillette n'est pas, à beaucoup près, le seul titre pour lequel il ait droit à votre approbation. Il a introduit sur son exploitation l'assolement quadriennal plantes étouffantes y occupent la moitié de la sole préparatoire, et l'autre moitié est consacrée aux cultures sarclées de betteraves, pommes de terre, navets, et de plantes óléifères, parmi lesquelles le colza entre en première ligne et dans une plus forte proportion que l'œillette. Ce bon exemple, placé au milieu des plaines de la Beauce, pourrait contribuer puissamment à l'amélioration de cette contrée essentielle

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