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CATALOGUE

DE LA

BIBLIOTHÈQUE

DE

F. J. FÉTIS

ACQUISE PAR L'ÉTAT BELGE

BRUXELLES
LIBRAIRIE EUROPÉENNE C. MUQUARDT

MERZBACH ET FALK, ÉDITEURS

LIBR.URES DE LA COUR ET DE S. A. R, LE COMTE DE PLAXDRE

Même Maison à Leipzig

1877

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Peu de temps après le décès de M. Fétis, des ouvertures furent faites à sa famille pour la cession à l'État des collections formées par l’illustre artiste. Elles se trouvaient trop bien d'accord avec les intentions des héritiers du défunt

pour n'être pas accueillies avec empressement. Cet empressement était étranger à tout calcul d'intérêt

personnel. Les héritiers ne se dissimulaient pas qu'il y avait plus de chances pour eux d'obtenir un prix élevé des collections en les vendant publiquement en détail qu'en les cédant en bloc à l'État ; mais il leur répugnait de voir disperser les éléments de cette bibliothèque qu’avait, pendant plus d'un demi-siècle, travaillé à réunir celui dont ils voulaient, avant tout, honorer la mémoire. Les négociations entamées entre le Gouvernement et la famille de F. J. Fétis suivirent la marche usitée en pareilles circonstances. Avant de présenter un projet de loi à la législature, le ministre dut se faire renseigner par des experts sur la valeur des collections. M. Gevaert, directeur du conservatoire de Bruxelles, fut chargé de donner, en attendant l'expertise officielle, un aperçu de l'ensemble

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VI

« J'ai

des collections, en faisant connaître son avis sur l'utilité

que pourrait présenter leur acquisition

par

l'État. Voici un extrait du rapport qu'il adressa à M. le Ministre de l'Intérieur :

pu
constater que

la bibliothèque de mon célèbre prédécesseur n'est pas au-dessous de la réputation dont elle jouit dans le monde musical, tant en Belgique qu'à l'étranger. C'est un des plus riches dépôts musicaux qui existent, nonseulement chez un particulier, mais aussi dans les bibliothèques spéciales des grandes capitales, celle du conservatoire de Paris, par exemple, le British Museum, la bibliothèque musicale de Berlin, etc. » Le soin de procéder à l'expertise officielle fut confié par

le Gouvernement à M. J. Vanderhaeghen, bibliothécaire de l’université de Gand, dont le rapport, communiqué aux chambres

par

M. le Ministre de l'Intérieur, en même temps que celui de M. Gevaert, renfermait les

passages

suivants : « La bibliothèque de M. Fétis a supporté avec honneur un minutieux examen. Elle s'est trouvée digne en tout point de sa réputation européenne et, je n'hésite pas à le déclarer, elle est dans son genre la plus importante qu'on puisse voir. Il n'y a guère que celle de Berlin qui puisse lui être comparée. »

Après avoir démontré qu'au taux de l'estimation l'acquisition de la collection Fétis constituerait une excellente affaire, ne fût-ce qu'au point de vue mercantile, l'auteur du rapport ajoutait :

Que sera-ce donc pour un gouvernement jaloux de conserver à la Belgiqne des trésors que l'Europe entière connaît et estime à leur juste valeur? Là se trouvent rassemblés tous les matériaux qui ont servi à l'illustre auteur de la Biographie universelle des musiciens pour l'érection de ce monument de science historique. Il a fallu toute une vie de labeur et de patience pour arriver à ce résultat : la science

(C

incomparable de Fétis en matière musicaie lui survit là tout entière. Voilà pourquoi on ne peut arguer du nombre considérable des articles (près de 10,000 volumes) pour demander une diminution de prix. Le nombre ici ajoute à la valeur de chaque objet. Leur réunion a, en elle-même, un prix inestimable. Si ensuite nous considérons les ouvrages isolément, nous en remarquons une quantité qui, n'ayant point paru en vente depuis une cinquantaine d'années, atteindraient probablement un chiffre plus élevé que celui de l'estimation, s'ils étaient vendus en détail. On en compte également plus de cent qui, n'ayant jamais été exposés en vente, peuvent être considérés comme uniques. Ces derniers sont inappréciables. »

L'auteur du rapport citait un certain nombre d'ouvrages particulièrement précieux, puis il terminait ainsi :

« Telle est l'énumération rapide des principales raretés que présente la première division seulement de la collection Fétis (la partie des monuments de l'art). C'est, comme on le voit, une histoire complète de l'art musical par les monuments. Aucune collection privée n'a pu atteindre jusqu'à ce degré d'intérêt archéologique et de haute curiosité bibliographique. Pour créer un pareil musée de la musique et y accumuler, dans toutes les sections, des richesses dont les biographes les plus instruits, les Brunet, les Graesse ne soupçonnent pas même l'existence, il ne suffirait pas de faire les plus grands sacrifices pécuniaires. Il a fallu venir, comme M. Fétis, a une époque où le nombre des amateurs était fort restreint et où les dépôts publics ne rivalisaient pas avec les particuliers pour arracher à la destruction ces précieuses reliques.

« Les divisions de l'Histoire de l'art et de la Didactique sont composées des ouvrages les plus variés. Tout ce qui peut intéresser le compositeur, le professeur, le savant et le dilettante; la partie technique, les biographies, l'histoire des changements qu'à subis l’art d’écrire la musique; les polémi

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