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œuvres est celle de dom Luc d'Achery, Paris, 24618, in-fol., avec des notes et des observations tirées des monuments anciens et authentiques. On y trouve aussi sa Vie, écrite par Gilbert Crispin, abbé de Westminster, ainsi qu'un poëme de St-Anselme en l'honneur de Lanfranc, et d'autres pièces justificatives froy, le se tome de l'Histoire littéraire de la France, et le 21 des Auteurs ecclésiastiques, par dom Cellier, Hauréau, De la philosophie scolastique, t. 1, p. 168 et suiv., Paris, 1837). L-B-E et ZLANFRANC ou LANFRANCHI, médecin et chirurgien, né à Milan vers le milieu du 13 siècle, y enseignait ces deux branches de l'art avec dis-1 tinction, lorsqu'il fut obligé de s'expatrier, à la suite des persécutions que lui fit éprouver la faction des guelfes et des gibelins. Ayant choisi la France pour lieu de retraite, Mathieu Visconti lui donna les moyens de s'y rendre, La réputation de Lanfranc le fit bientôt appeler dans divers endroits du royaume, et ce fut en 1295 que, cédant aux instances des maîtres de l'art, et notamment du doyen Jean Passavant, il vint se fixer à Paris, où il exécuta publiquement les grandes opérations et en donna la théorie. Ce fut à cette époque que la chirurgie, jusqu'alors pratiquée par des barbiers, releva son front humilié, et dut aux talents de Lanfranc l'illustration du college de chirurgie de St-Côme, fondé vers la fin du règne de St-Louis par les sollicitations de Jean Pitard, et qui depuis a eu de si brillantes destinées. Lanfranc était élève de Guillaume Salicet, et on lui reproche d'avoir copié son maître sans le citer. On se sert encore aujourd'hui d'un collyre contre les ulcérations de la gorge qui a conservé son nom. Nous avons de cet auteur Chirurgia magna et parva, qu'il composa en 1296 et dédia au roi de France Philippe le Bel (voy. Tiraboschi, Storia della litter. italian., t. 4, p. 222); cet ouvrage a été imprimé à Venise, 1490, 1519, 1546, in-fol.; idem, 1553, in-fol., avec les ouvrages de Gui de Chauliac, de Roger, de Bertapalier et de Roland sur la chirurgie; traduit en français par maître Guillaume Yvoire, Lyon, 1490, in-4o; en allemand, par Othon Brunfels, Francfort, 1366, in-8° Lanfranc, Janus, Zeits(voy., sur chrift für Geschichte und Literatur der Medecin, publiée par Henschel, t. 2 (1847), p. 144. Lanfranc laissa deux fils, dont l'un était médecin à Montpellier, au milieu du 14° siècle. P. L. et Z-M.

LANFRANCHI ou LANFRANCO VANI DE STEFANO), né à Parme en

seri, en 1581 ou 1582 suivantaliere Gio

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pression, tient de celle des Carrache, et par la composition rentre dans les agencements du Correge. Cette manière était facile et grande; elle se distinguait par la noblesse des figures et des poses, par des masses amples et bien divisées d'ombre et de lumière, et par une certaine dignité, dans les draperies qui offraient des plis étendus et d'un nouveau goût en peinture. Cette manière était d'ailleurs si dardie, que l'artiste négligeait souvent certaines exactitudes qui donnent du prix aux ouvrages d'autres maîtres et qui auraient diminué celui de ses tableaux. Il put donc, dans ce système, se hasarder à moins finir, sans perdre de sa réputation; ses fautes disparaissent sous des qualités admirables, des inventions nouvelles, des couleurs qui, sans être toujours très-vives, produisent une harmonie délicieuse, de beaux raccourcis, et des contrastes de figures qui, suivant l'observation de Mengs, ont servi de règle au style de plusieurs modernes. A Rome, il travailla pour les dues Farnèse, pour la maison Borghèse et à St-Calixte; mais ses principaux ouvrages furent des entreprises de coupoles. Dans son premier âge, passionné pour le Corrége, il fit un petit modèle du dôme de Parme, dont il avait imité le ton et particulièrement la grâce des mouvements; ce qui était la partie la plus difficile. Il profita de cette idée pour sa grande composition de St-André della Valle, travail qui fait époque dans l'art. « Lanfranc a été le

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premier, dit Passeri, à éclairer l'ouverture << d'une gloire céleste, avec la chaude expression « d'une immensité d'éclats lumineux. » Quatre années suffirent à peine pour achever cet ouvrage. Il se rendit ensuite à Naples, où il se lia avec Ribera, et peignit les coupoles du Jésus et celle du trésor de St-Janvier, où il continua l'œuvre du Dominiquin. Les machinistes apprirent de Lanfranc à satisfaire les yeux à de grandes distances, en peignant en partie, et ne laissant, comme il le dit lui-même, l'air peindre le reste. Le caractère de cet artiste était malheureusement porté à Ja jalousie; il fut un des persécuteurs les plus acharnés du Dominiquin, dont il ne put jamais atteindre la correction et le sentiment, et au-dessous duquel il reste placé dans l'histoire de l'art. Il mourut le 29 novembre 1647, le jour même où l'on découvrit les peintures qu'il venait de terminer à la tribune de Carlo Catinari; il avait été créé chevalier par Urbain VIII. Le musée du Louvre possède cinq tableaux de ce mattre, dont les sujets sont : Agar dans le désert, St-Pierre en prières, la Séparation de St-Pierre et de St-Paul, le Couronnement de la Vierge, Pan offrant une toison à Diane. Lanfranc a aussi gravé à l'eauforte (soit d'après ses propres compositions, soit avec Sisto Badalocchio) la Bible de Raphaël, 1607, 51 feuilles in-4°. AD.

biographes, peintre de l'école lombarde, entra fort jeune comme page au service du comte Scotti, à Plaisance. Le comte, ayant remarqué en lui des dispo sitions pour la peinture, l'envoya étudier sous Augustin Carrache, alors au service du duc Ranuccio, à Ferrare; puis il étudia successivement LANFRANCHI, famille illustre de la noblesse sous Louis, et suivit Annibal à Rome. Il s'était pisane, est une des sept familles d'origine allefait une manière qui, dans le dessin et dans l'ex-mande qui s'établirent à Pise vers l'année 980, pen

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dant le règne de l'empereur Othon II, et qui formèrent le premier ordre dans la noblesse de cette, république. Dès lors les Lanfranchi demeurèrent toujours attachés au parti gibelin: souvent victimes des révolutions de leur patrie, ils y ont toujours été rétablis avec gloire; et leurs descendants subsistent encore.

S. S-1.

LANG (CHARLES-NICOLAS), naquit à Lucerne en 1670 et y mourut le 2 mai 1741. Après avoir fait ses études en Suisse, en Allemagne et en Italie, et avoir obtenu, à Rome, le grade de docteur en médecine, il voyagea dans ces mêmes pays et en France, et il s'acquit l'estime et l'amitié des savants les plus célèbres, qui le firent entrer dans un grand nombre de sociétés académiques. L'Académie des sciences de Paris le nomma son correspondant en 1713. L'archiduchesse Anne-Marie, épouse de Jean V, roi de Portugal, le fit appeler pour être son médecin; mais il préféra rester dans sa patrie, où il fut nommé, en 1709, médecin ordinaire de la ville. Il s'appliqua aux différentes parties de l'histoire naturelle, et ses collections furent aussi curieuses que considérables : on les conserve en partie à l'abbaye de St-Urbain. En 1705, il publia, à Lucerne, le prodrome de son ouvrage des pierres figurées, qui parut à Venise en 1708, et qui lui attira une grande renommée; il est intitulé, 1o Idea historia naturalis lapidum figuratorum Helvetia. Historia lapidum figuratorum Helvetiæ, ejusque vicinia, de eorum origine, etc., cum descriptione diluvii ejusque in terra effectuum, et tractatu de generatione viventium, testaceorum præcipuè, plurimorumque corporum à vi plastica auræ seminalis sive inde delatæ extra consuetam matricem productorum. Les titres qu'on vient de transcrire, et auxquels il faut ajouter celui du supplément publié en 1735 (De Miro quodam achate qui coloribus suis imaginem Christi in cruce morientis representat), démontrent assez combien l'auteur aimait à s'attacher à des curiosités rares et à des recherches épineuses. En 1722, il publia un autre ouvrage estimé : 2° Methodus nova et facilis testacea marina in suas classes genera et species distribuendi. Un nombre considérable de ses écrits n'ont point été imprimés, et se trouvent conservés en manuscrit dans les bibliothèques de Lucerne et de St-Urbain. On y distingue plusieurs volumes d'une Histoire naturelle du canton de Lucerne, pour la composition de laquelle il avait obtenu une faible pension de son souverain; le Catalogue des plantes de son canton et de ses envivirons; l'Analyse et la description de plusieurs eaux thermales, etc. Son fils François-Béat LANG, né en 1713, suivit la même carrière que lui, sans obtenir sa célébrité; il a écrit sa Vie, qui se trouve insérée dans le 12 cahier (Particula 12, t. 3) du Museum helveticum. Il a orné de figures la description manuscrite du cabinet de son père: Ordo Musei Lucernensis Langiain, iconibus à filio Beato Francisco delineatis ad 622 adauctis illustrati, 10 vol. in-4°. U-I.

XXIII.

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alors

LANGALLERIE (PHILIPPE DE GENTILS, marquis DE), naquit en 1656, à la Motte-Charente, dans la Saintonge. Il entra fort jeune au service, donna des preuves multipliées de sa valeur, et obtint en 1704, après trente-deux campagnes, le grade de lieutenant général. Langallerie avait beaucoup de capacité, mais encore plus d'ambition; il croyait que personne n'était plus fait que lui pour commander en chef une armée, et il s'attribuait le succès de toutes les affaires où il s'était trouvé : dans les conseils, il s'exprimait avec une hauteur déplacée, et ne craignait pas de s'abandonner à ses emportements lorsqu'il n'avait pu réussir faire prévaloir son avis (1). Cette conduite était peu propre à lui concilier l'amitié de ses supérieurs; il se persuada qu'ils l'avaient desservi près du ministre Chamillard (2), et qu'en conséquence il ne lui restait plus aucun espoir d'avancement. Il prit donc le parti d'abandonner l'armée, cantonnée en Italie, et se retira à Venise, où il publia, sous la date du 10 mars 1706, un manifeste dans lequel il exposait les raisons qui l'avaient déterminé à quitter le service de la France. Le duc de Vendôme, qui conservait de l'attachement pour Langallerie, malgré ses torts, écrivit en sa faveur au ministre; mais le courrier ayant rapporté l'ordre de le faire enlever de Venise, Langallerie, pour se mettre à l'abri d'un coup d'autorité, accepta l'emploi de général de cavalerie, que l'empereur lui offrit dans ses troupes. Cependant son procès s'instruisait en France; il fut condamné à être pendu pour cause de désertion à l'ennemi (Mémoires de Duclos), et l'on prononça la confiscation de ses biens, qui furent ensuite abandonnés à sa sœur. Langallerie servit au siége de Turin, sous les ordres du prince Eugène, et l'accusa de vouloir lui enlever la gloire qu'il y avait acquise. Dans les deux campagnes suivantes (1707 et 1708), il continua de signaler sa valeur dans plusieurs occasions; mais, dans le même espace de temps, il se fit autant d'ennemis qu'il y avait d'officiers dans l'armée. Il prévit que la faveur dont il jouissait à la cour de Vienne ne durerait pas, et il accepta les propositions d'Auguste, roi de Pologne, qui lui offrait l'emploi de général de la cavalerie lithuanienne, avec la propriété de deux régiments. Passant à Berlin en 1709, pour se rendre en Pologne, il vit une de ses parentes qui avait été obligée de sortir de France pour cause de religion. La conformité de leur destinée les attacha bientôt l'un à l'autre ; et Langallerie, veuf depuis peu de temps et sans enfants, l'épousa et l'emmena en Pologne. Il ne

(1) Le duc de Noailles le peignait ainsi dans une lettre à Louvois, du 8 juillet 1690: « C'est un homme enivré de lui« même, qui veut le commandement en chef. Il n'est pas peru mis d'avoir un autre avis que le sien, sans s'exposer à ses « emportements. Il se croit engagé à se justifier à tout le monde u des mauvaises démarches que je fais, parce qu'il prétend que « tout roule sur lui, et que je ne dois rien faire que ce qu'il me ❝ propose, et il le dit ainsi. >>

(2) Il se plaint aussi dans ses Mémoires des persécutions qu'il eut à essuyer de la part de madame de Maintenon.

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tarda pas à s'apercevoir que le roi lui avait fait le Manifeste de Philippe de Gentil, marquis de Landes promesses impossibles à réaliser; il aban-gallerie, écrit par lui-même en 1706, Cologne, donna donc son service, et se retira à Francfort- 1707, in-4°; la Guerre d'Italie, ou Mémoires sur-l'Oder. Langallerie, qui avait été jusqu'alors historiques, politiques et galants, du marquis de très-attaché aux principes de la religion dans la Langallerie, Cologne, 1709, 2 vol. in-12 on y quelle il avait été élevé, essaya d'y ramener sa trouve des anecdotes curieuses, mais beaucoup de femme; et ce fut elle, au contraire, qui parvint à fautes grossières; c'est une espèce de roman his lui inspirer des doutes sur plusieurs points de sa torique, genre que Gatien des Courtilz avait mis croyance il souhaita de les éclaircir, et, ayant à la mode; les Mémoires du marquis de Langal réuni chez lui des théologiens catholiques et des lerie, histoire écrite par lui-même dans sa prison, à ministres protestants, il les pria de discuter en Vienne, Cologne ou la Haye, 1743, in-12. Plusa présence les différents articles qui divisent les sieurs critiques regardent encore cet ouvrage deux communions. Après les avoir entendus, il comme un roman dont on a voulu assurer le se décida pour le lutheranisme, et en fit profes-❘ débit à l'aide d'un nom connu, et qui ne mérite sion le 17 juillet 1711 (1). Il trouva, peu de temps pas la moindre confiance; mais Fontette (Biblioth. après, un établissement pour sa famille à la cour hist. de la France, no 31,964) croit que ces Médu landgrave de Hesse, dont il avait mérité la moires sont réellement de Langallerie, que ce fut protection par quelques services rendus au prince Muller, son valet de chambre, qui y ajouta les héréditaire pendant la guerre d'Italie; mais, doué derniers moments de sa vie, et que Gautier de lui-même de trop d'activité pour se condamner à Faget en fut l'éditeur. W-s. mener une vie tranquille, il alla demeurer en Hollande. Un intrigant, qui s'empara de sa confiance, ranima son goût des aventures. De concert avec un aga turc qui se trouvait à la Haye, ils conclurent un traité par lequel Langallerie s'obligeait à se mettre à la tête d'une expédition destinée à s'emparer de l'Italie, moyennant que la porte lui céderait la souveraineté d'une des îles de l'Archipel, où il avait le projet, dit-on, d'offrir un asile aux restes épars des tribus juives. Ce qu'il y a de certain, c'est que Langallerie fit dès lors une dépense qui ne s'accordait pas avec la médiocrité de sa fortune. Sa conduite devint l'ob-espagnole n'était que de onze vaisseaux, dont

jet d'une surveillance spéciale; et, en 1716, comme il se rendait à Hambourg pour y acheter des vaisseaux de transport, il fut arrêté à Stade, par ordre de l'empereur, et conduit à Vienne. On le transféra au château de Raab ou Javarin, en Hongrie. Après y avoir langui environ un an, il mourut de chagrin et d'ennui le 20 juin 1717, dans le moment où, dit-on, plusieurs puissances s'intéressaient pour lui faire rendre la liberté (2). Telle fut la fin d'un homme à qui l'on ne peut refuser de grandes qualités, mais qu'une ambition excessive et un caractère singulier entraînèrent dans des fautes impardonnables. On peut consulter, sur ce personnage vraiment remarquable,

(1) Quelques années après, un M. Guillot de Marcilly fit le voyage de Hollande dans le dessein de ramener Langallerie à la foi catholique; et il eut avec lui plusieurs conférences qui produisirent à peu près l'effet qu'il en attendait : il en rend compte d'une manière très-détaillée dans une Relation historique et théologique de ce voyage, etc., Paris, 1719, in-12. Cet ouvrage a été fort décrié par les protestants voy. Ia Biblioth. raisonn., t, 5); mais l'abbé d'Artigny en parle avec éloge dans ses Mémoires, t. 1, p. 241 et suiv.

(2) La plupart des historiens supposent que Langallerie mourut dans une prison à Vienne le 20 juin; mais Guillot de Marcilly, qui paraît bien informé, dit qu'il fut transféré à Raab, et qu'il y mourut, non pas le 20 juin, mais le 18 septembre 1717, de la fièvre chaude; et il ajoute qu'il donna dans ses derniers moments des marques évidentes et non suspectes de sincère repentir, Le Journal de Verdun, qui adopte la même date (1717, nov., p. 390), rapporte que les quinze derniers jours de sa vie, il refusa de prendre aucune pourriture, excepté quelques verres d'eau.

LANGARA (Don JUAN DE), amiral espagnol, naquit, vers 1730, d'une famille noble de l'Andalousie. Entré de bonne heure dans la marine, il en parcourut rapidement les grades inférieurs, et parvint, en octobre 1779, à celui de chef d'escadre. L'Espagne était alors l'alliée de la France contre l'Angleterre, dans la guerre de l'indépendance américaine. Langara se trouvait, le 15 janvier 1780, à la hauteur du cap St-Vincent, quand il rencontra la flotte anglaise, commandée par l'amiral Rodney, et composée de vingt et un vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates. L'escadre

trois venaient de recevoir du commandant une autre destination. Forcé au combat, malgré l'extrême infériorité du nombre, Langara ne craignit pas de l'accepter, et disputa la victoire pendant. douze heures; mais trois blessures qu'il reçut, la perte d'un de ses vaisseaux, qui sauta en l'air, et la prise de quatre autres, au nombre desquels était celui qu'il montait, l'empêchèrent de s'opposer à l'entrée de la flotte victorieuse dans le détroit, où, après avoir ravitaillé Gibraltar, elle mit à la voile pour les Antilles. Langara, quoique prisonnier de guerre, fut nommé lieutenant général des armées navales; c'est ainsi que Charles III, son souverain, récompensait le courage malheureux. Sous Charles IV, l'Espagne ayant pris part à la coalition contre la France républicaine, Langara commanda, en 1793, la flotte espagnole, qui, réunie à celle des Anglais, entra, pendant la nuit du 27 au 28 août, dans le port de Toulon, que leur livrèrent les sections de cette ville in surgées contre la convention nationale. La mésintelligence qui éclata bientôt entre les Espa➡ gnols, qui voulaient concourir de bonne foi au rétablissement de la monarchie française, l'amiral anglais, Hood, qui ne voulait que dé truire nos établissements maritimes et s'emparer de nos meilleurs vaisseaux, favorisa le succès des républicains. L'évacuation de Toulon ayant été

set

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LANGBAINE (GÉRARD), savant anglais, naquit en 1608 à Bartonkirke dans le Westmoreland, vraisemblablement de parents pauvres, puisqu'il entra en qualité de domestique à l'université d'Oxford. Il s'y fit remarquer par ses progrès, et y publia, en 1636, in-8°, une édition de Longin, puis plusieurs ouvrages en faveur de Charles I et de l'Eglise d'Angleterre, Nommé, en 1644, garde des archives de l'université, et, en 1645, prévôt du college de la reine, il conserva ces deux places jusqu'à sa mort, arrivée le 10 février 1658. Outre le Longin cité plus haut et quelques ouvrages de circonstance, il est l'auteur du Pla tonicorum aliquot qui etiamnum supersunt authorum, græcorum imprimis, mox et latinorum syllabus alphabeticus, publié par le docteur Fell, à la suite de l'Alcinous, introductio in Platonicam philosophiam, Oxford, 1667, in-8°. On a conservé de lui des lettres adressées à Usher et à Selden. Son fils, Gérard LANGBAINE, né à Oxford, en 1656, mort en juin 1692, a publié : 1o Appendice au catalogue de tous les gradués en théologie, en droit et en médecine, etc., par R. Peers, Cet appendice s'étend du 14 juin 1688 au 6 août 1690, 2o Momus triom phant, 1688, in-4o, réimprimé sous le titre de Nouveau Catalogue des pièces de théâtre anglaises, etc. C'est d'après cet ouvrage qu'a été rédigé le Tableau des poëtes dramatiques anglais, publie à Oxford, 1691, in-8°. Le nombre des pièces dramatiques recueillies par Langbaine s'élevait, comme il le dit lui-même, à 980; une copie de son Catalogue, avec des notes manuscrites d'Oldys, se voit encore au muséum britannique, où les amateurs de l'histoire dramatique la consultent fréquemment.

résolue, Langara eut le tort de concourir à ces actes de destruction, en ordonnant à deux officiers espagnols de se concerter avec Sidney-Smith pour anéantir les magasins, l'arsenal et l'escadre française. A la lueur de cet incendie, comparé, dans son rapport officiel, à l'embrasement de Troie, et qui coûta, suivant lui, à la France vingtdeux vaisseaux de ligne, huit frégates et vingteinq corvettes, brigantins ou autres petits bâtiments, au bruit de l'artillerie des républicains, aux cris des familles éplorées qui, redoutant leur vengeance et le sort des Lyonnais, voulaient fuir sur la flotte.combinée, enfin aux cris de détresse des malheureux qui, près d'aborder, étaient submergés avec leurs frêles embarcations, les étrangers abandonnèrent Toulon, le 18 décembre 1793. Ils auraient pu néanmoins s'y défendre encore longtemps, puisqu'il n'y avait pas une seule brèche et que leurs communications par mer n'étaient pas interceptées, comme on l'a prétendu. En récompense de ce fait d'armes, Langara commanda l'escadre d'honneur qui, le 2 avril 1794, alla prendre à Livourne le prince Louis de Parme, gendre futur de Charles IV, et depuis roi d'Étrurie: il le débarqua, le 10 mai, à Carthagène, d'où il repartit dans le mois de juillet pour observer les côtes d'Italie. Au printemps de 1795, il joignit son escadre à celle de Gravina, près de Collioure, pour tenter de reprendre Rosas sur les Français; mais par la réunion de leurs efforts ils ne purent pas même réussir à s'emparer de deux frégates mouillées dans la rade. Après la paix de Bâle, F'Espagne étant redevenue l'alliée de la France, Langara fut chargé du commandement d'une flotte de vingt-six vaisseaux de ligne, treize frégates, etc., qu'il conduisit à Toulon, en octobre LANGBEIN (AUGUSTE-FRÉDÉRIC-ERNEST), littéra1796, ayant contraint à la retraite les Anglais, teur allemand, né en 1757, à Radeberg, en Saxe,. qui bloquaient l'armée navale française dans ce et fils d'un bailli, se destina à la carrière de son port, et il répara ainsi la honte dont il s'y était père, et étudia le droit à l'université de Leipsick, couvert trois ans auparavant. Au retour de cette Il commença par être greffier; mais, s'ennuyant expédition il se rendit à Madrid, où il succéda, de cette occupation, il alla, en 1785, s'établir en janvier 1797, à don Pedro Varela de Ulloa, comme avocat à Dresde; toutefois il fit plus de dans le ministère de la marine, qu'il avait refusé, vers que de plaidoyers, et fut heureux d'obtenir en novembre 1795, après la démission forcée de une place d'employé aux archives. Au bout de son ami, don Antonio Valdez. Le fait le plus im- douze ans, n'étant pas plus avancé que le premier portant du ministère de Langara fut la délivrance jour, il quitta les archives et la Saxe, et en 1800 de Cadix, que les Anglais bombardaient. Cette il se rendit à Berlin pour y cultiver les lettres délivrance fut opérée, au mois de juillet 1797, dans lesquelles il avait déjà acquis de la réputapar Mazarredo, à qui Langara avait fourni tous tion. Il y publia une suite de romans et de poéles moyens et donné tous les pouvoirs qui lui fa-, sies badines, surtout des contes en vers dont il cilitèrent le succès de cette entreprise. Mais puisait en grande partie les sujets dans les œuvres comme les Anglais recommençaient sans cesse le de Boccace, la Fontaine et d'autres conteurs des blocus de Cadix, et que l'âge avancé de Langara siècles précédents. Le gouvernement prussien lui ne lui permettait pas de déployer l'activité né- donna, en 1820, la place de censeur des ouvrages cessaire dans des circonstances si difficiles, il fut de littérature, quoique la morale relâchée de ses obligé de céder le ministère de la marine au lieu- compositions eût dù appeler sur celles-ci la centenant général Domingo Grandallana (1798), sure. Il mourut à Berlin le 2 janvier 1835. Langreçut, pour dédommagement, le grade de capi- bein n'est pas un écrivain original; il avait peu taine général, qui correspond à celui de maréchal d'imagination et imitait beaucoup; mais son style de France, et mourut en 1800. Il était décoré du est spirituel, facile et agréable, propre à plaire à grand cordon de plusieurs ordres de l'Espagne. A-T.la multitude, et respire un ton égrillard qui

L.

d'ordre que salsupercherie ne fut pas découverte. Après avoir vaincu le colonel Rossiter dans la province de Lincoln, il battit dlord Fairfax, délivra le château de Pomfret, alors assiégé par les rebelles du Nord, et retourna enfin à Oxford : it avait disputé neuf fois le passage, essuyé douze

convenait à la légèreté de mœurs existant alors, à Berlin aussi ses ouvrages eurent-ils quelque vogue; mais ce succès ne s'est pas soutenu. Plusieurs de ses chansons ont pourtant acquis une sorte de popularité. Voici la liste de ses écrits: 19 Poésies, Leipsick, 1787; nouvelle édition, 1820; 2o Contes badins (Schwaenke), Dresde, 1793; 3° édi-escarmouches, et défait des corps trois fois plus tion, Berlin, 1816. Les nouveaux contes badíns qu'on a publiés sous son nom ne sont pas de lui. 3 Veillées (Feierabende), Leipsick, 1793-94, 3 vol. 4o Talismans contre l'ennui, Berlin, 1801-1802, 3 vol.; 5o le Roi gris, roman nouveau-antique, ibid., 1803; 6o Nouveaux Ecrits, ibid., 1804, 2 vol.; 79 Nouvelles, ibid., 1804; 8 le Chevalier de la Vérité, ibid., 1805, 2 vol. Ce roman a été traduit en français par Lemare, Paris, 1814, 3 vol. in-12. 9o Thomas Kellerwurm, ibid., 1806; 10o les Ailes du Temps (Zeit Schwingen), ibid., 1807; 11° François et ibid.,1807; Rosalie, ou la Querelle d'épicier, ibid., 1808; 12o l'Homme singulier et ses fils, ibid., 1809; 13° le Fiancé sans fiancée, ibid., 1810; 14° Petits Romans et Contes, ibid., 1812-14, 2 vol.; 15o Poésies nouvelles, Tubingen, 1812; 2 vol., Stuttgard, 1823. Ce sont encore des contes, fables, chansons, dont la plupart avaient déjà paru dans les almanachs qu'il pourvoyait habituellement de ses productions légères. 16o Jocus, Berlin, 1813; 17o Entretiens dans les heures de loisir, ibid., 1815; 18o Voyage du magister Zimpel à la noce, et autres contes badins, ibid., 1820; 19° Couronne de chansons allemandes, ibid., 1820; 20° Contes de fées et autres contes, ibid., 1821; 21o Ganymeda, ibid., 1823; nouvelle édition, 1830, 2 vol.; 22o Jocus et Phantasus, ibid., 1824; 23o Vacuna, ibid., 1826. Langbein a composé aussi deux comédies: les Amants comme ils sont et comme ils doivent être, et le Revenant, Leipsick, 1787, qui sont depuis longtemps oubliés. On a publié en 1841 deux éditions des œuvres complètes de Langbein; la deuxième forme 16 volumes in-8°; ses poésies complètes (Sämmtliche Gedichte) ont paru en 1843, en 4 YOlumes in-8°. DG.

↑ LANGDALE ›(MARMADUKE), général anglais du temps de Charles fer, prince auquel il resta tou jours fidèle, descendait d'une ancienne famille du comté d'York, où il naquit vers la fin du 15 siècle. En 1642, étant sherif de ce comté, il fit offrir, par la majeure partie des habitants, leurs secours à Charles Ier, alors en guerre avec le parlement; et lorsque ce monarque fut obligé d'abandonner Westminster et de se retirer dans le comté d'York, Langdale se rendit auprès de lui, Peu après, il-leva, à ses dépens, trois compagnies d'infanterie net soixante-dix maltres, à la tête desquels il défit un nombreux parti d'Écossais auprès de Corbridge, dans le Northumberland. Nommé commandant en chef des troupes que le roi envoya pour secourir le château de Pomfret, dans le comté de Lincoln, il passa d'Oxford, avec deux mille chevaux, à travers l'armée ennemie, dont il arbora les couleurs, et marcha avec tant

nombreux que celui qu'il commandait. Lloyd, dans ses Mémoires, cite cette série d'actions comme les plus beaux faits de cette époque : aussi le parlement voua-t-il à Langdale une haine vio→ lente, et insista-t-il pour qu'il fût excepté du pardon dans le traité fait avec le roi à Uxbridge. Après la bataille de Naseby donnée en juin 1645, Langdale, qui commandait l'aile gauche de l'armée royale défaite par Fairfax et Cromwell, se rendit dans le Nord par l'ordre du roi. Il obtint d'abord quelques succès; mais ayant essayé de joindre le marquis de Montrose, il fut battu près de Carlisle, et obligé de fuir dans l'ile de Man, d'où il se rendit en Hollande. Il vint rejoindre Charles Ier à Hampton-court, lorsqu'il eut été remis dans les mains des Anglais; et, d'après ses ordres et sur les assurances données par plusieurs pairs d'Écosse, il se rendit à Édimbourg, où sa réputation attira bientôt autour de lui un grand nombre d'officiers et de soldats anglais : il en forma un corps qui se grossit rapidement, et avec lequel il s'empara de Berwik et de Carlisle, qu'il remit aux Écossais, suivant la promesse du roi. Après avoir vu manquer plusieurs de ses opérations, il entra en Angleterre à la tête d'un corps nombreux de royalistes anglais assez mal discipliné. Hamilton y entra en même temps avec l'armée écossaise, composée de presbytériens qui ne voulurent sous aucun prétexte, et malgré les ordres du roi, se réunir au corps de Langdale, composé d'Anglais qui refusaient de souscrire le covenant. Les deux armées ayant été attaquées. séparément par Cromwell, furent complétement battues. Hamilton et Langdale furent obligés de se rendre prisonniers. Ce dernier, enfermé dans le château de Nottingham, parvint à séduire ses gardes et à s'échapper au delà des mers. Il alla joindre Charles II, qui le créa baron du royaume. Langdale rentra en Angleterre avec ce prince, après la restauration. En 1660, il fut nommé lord lieutenant du comté et de la ville d'York, et mourut le 5 août 1661. Lloyd, représente Langdale comme un homme extrêmement religieux et fort attaché à la cause du roi, auquel il donna: toujours d'excellents conseils. Clarendon en fait aussi le plus grand éloge. CDZ++S. {

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LANGDALE (HEnry Bickerstetн, baron DE), célèbre jurisconsulte anglais, était né le 18 juin 1785, à Kirkby Lonsdale (Westmoreland). Son père, Henry Bickersteth, jouissait, dans sa localité, d'une certaine réputation comme surgeon. Élevé dans l'officine de son père, le jeune Henri n'eut d'abord d'autre instruction que celle de l'école primaire (Free grammar School) de Kirkby; et, dès qu'il

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