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au président Krüger, au lendemain du raid-Jameson. Cet historique message était ainsi conçu :

« Je vous félicite sincèrement, parce que, avec votre peuple, sans recourir à l'aide des puissances amies, et en n'employant que vos propres forces contre les bandes armées qui avaient fait irruption sur votre territoire en perturbateurs de la paix, vous avez réussi à rétablir la situation pacifique et à protéger votre pays contre des attaques provenant du dehors ».

Dessin de Bruno PauL

On nous écrit du Kyffhaeuser que le vieux Barberousse s'est décidé à adopter le port de barbe à l'allemande.

Grâce aux efforts dévoués de son artiste capilaire, joints à un usage judicieux de la Schnurbartbinde (fixe-moustache), les moustaches impériales se dresseront désormais perpendiculairement.

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Bruno Paul immortalisa cet événement mémorable.

Etendu à terre, le dos appuyé contre le mur, Barberousse-Guillaume est endormi, veillé par les corbeaux légendaires dont l'un se divertit avec la Schnurbartbinde du souverain ensorcelé. La moustache impériale pousse, de bas en haut, à travers la table de marbre.

Dans Aegir chez Barnum, Bruno Paul présente Guillaume II sous les traits d'un saltimbanque en quête d'emploi. Le « Maître des Fleuves » . (Der Herr der Fluten) s'adresse à Barnum pour solliciter un engagement dans son cirque...

Dessin de Bruno Paul

— N'auriez-vous pas un emploi pour moi dans votre cirque ? Je suis un rude-nageur !

Ce dessin fut publié au lendemain de la première de l'Ode à Aegir, d'impériale composition. Par un mystère jusqu'ici inélucidé, l'image, infiniment plus injurieuse, dirait-on, que tant d'autres confisquées et poursuivies, ne fut pas même incriminée.

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Mais Simplicissimus ne s'attaque pas qu'à l'unique Guillaume II.

Comme il combat « tous les désordres sociaux », le journal est, inévitablement, en guerre ouverte avec toutes les institutions sociales, génératricés ou protectrices intéressées du désordre : la famille, la religion, la propriété, le militarisme, la justice.

Bruno Paul bafoue la religion dans la personne de ses interprètes : curés glabres et gras, pasteurs onctueux.

C'est, tantôt, un ventripotent curé bavarois, qui reçoit, la veille d'un scrutin, la visite d'une délégation d'électeurs, venus pour lui demander conseil.

- Loin de moi, leur dit l'ecclésiastique, l'intention de m'immiscer dans vos affaires politiques... Mais, sachez bien que celui qui voterait pour le candidat de la Fédération agricole (Bauernbund), encourrait la damnation éternelle.

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Une autre fois, le même artiste nous montre deux pasteurs protestants, membres de l' « Association évangélique », cravatés de stuc et recouverts d'interminables lévites. Joyeux, l'un des compères se frotte les mains :

— Bonne année, cher collègue, excellente année ! Nous avons chez nous trois attentats à la pudeur de moins que chez les catholiques !

Puis ce saisissant dessin de Rudolf Wilke : un régiment de cavalerie en partance pour la Chine, devant lequel se tient debout, tête nue, un clergyman roux, qui conclut ainsi sa harangue aux troupiers :

— Soldats chrétiens, vous saurez faire votre devoir. Vive le bon Dieu ! Hurrah ! Hurrah ! Hurrah !

Quant au militarisme, Eduard Thœny le ridiculise dans ses professionnels, les officiers : brutes à monocle, impertinents, ignorants, arrogants, chasseurs de dots, bourreaux de soldats, assassins impunis— ou, si condamnés, graciés aussitôt — de pékins.

Quelques légendes diront l'esprit et la tendance de ses charges.

Dialogue bref entre mère et fils. (Le jeune homme est officier de hussards) :

— Eh bien, Edgard, l'état militaire te plaît-il? — Que veux-tu, maman !... Il faut bien avoir une occupation. Pourvu seulement qu'elle ne dégénère pas en travail !

Dans une soirée.
Un officier parle :

— Bah! ce Tolstoy et cet Egidy sont les véritables prototypes de la décadence moderne : d'abordd'excellents officiers, n'est-ce pas ? Et maintenant?... C'est du propre !

L'inspection passée, un général fait part de ses impressions à son aide de camp :

— Je ne suis pas satisfait de ce régiment. Mais pas du tout!... Les physionomies de ces gaillards sont toutes dissemblables encore.

Bruno Paul fait monologuer ainsi un de ses galonnés :

— L'honneur, l'amour, et la faim : voilà les ressorts qui font marcher le monde. Pour l'honneur nous avons le duel, pour l'amour le corps de ballet et pour la faim, Dieu soit loué, le mariage riche.

Confidences entre « chers camarades » :

— Alors, le camarade va se marier ? Mes félicitations! Et la fiancée, comment est-elle ?... — A vous dire la vérité, moi elle ne me plaît pas !

« Le lieutenant est lâché ! » (Der Leutnant ist los !) — C'est le cri d' alarme qui retentit dans les rues de Cassel et qui y provoque une

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