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TCULCUSE, FARI5,
RUE CROIX-BARAGNON, 9, AU DÉPOT DE LA MAISON,
HôTEL cAsTELLANE. 17, RUE DEs BEAUX-ARTS.
1838.

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MOSAIQUE DU MIDI.

CAMPISTRON.

Lorsqu'on entre dans la salle des illustres du Capitole de Toulouse, on ne fait guère attention à un buste placé dans la troisième niche à droite. Ce buste est celui d'un poète fameux dans son temps et presque oublié dans le nôtre. Cependant lorsqu'on a été l'élève de Racine et l'un de ses imitateurs, il semble qu'on devrait figurer au milieu des modestes illustrations de la ville de Toulouse avec plus d'éclat que Jean Galbert de Campistron.

Jean Galbert de Campistron, naquit à Toulouse en 1665, d'une famille noble et assez honorable ; son entrée dans le monde fut digne d'un poète; elle annon

" çait même plus de fougue et d'entrain qu'on n'en

trouva plus tard dans ses écrits. Les parents de Campistron s'opposaient à son penchant pour la poésie, ils voulaient, comme il arrive d'ordinaire, le lancer dans une carrière moins périlleuse, et comme à l'ordinaire aussi le jeune homme n'écoutait pas leurs sages avis ; il fesait des vers avec tout le zèle d'un poète novice, il était amoureux comme un écolier, malheureux en amour comme un homme d'esprit, et duelliste comme un gentilhomme qu'il était. Son rival plus heuréux au près de celle qu'il aimait, fut ainsi plus adroit et le blessa dangereusement. Il fit pendant sa maladie de sérieuses refléxions : indigné de se voir ainsi partout méconnu et contrarié dans ses plus chères affections, il forma le dessein de quitter Toulouse; quitter Toulouse à été le désir et la nécessité de tous les hommes de talent que cette grande cité à vu naître dans son sein ; je ne sais à qui l'on doit attribuer un aussi fâcheux résultat, mais en aucun temps, et aujourd'hui moins que jamais, le mérite n'y obtient la protection et les encouragemens qui lui sont dus. Le jeune Campistron le comprit et il partit pour Paris, où tout lui réussit : Racine qui avait quelquefois l'extrême modestie de douter de lui-même, voulut bien avoir confiance au talent du jeune poète. Il n'y a rien de tel qu'un homme supérieur pour découvrir le mérite des capacités les plus vulgaires. Racine protégea donc nôtre compatriote et lui donna des conseils.Ce fut sans doute sous ce haut patronage que Campistron composa et fit jouer Virginie sa première œuvre dramatique. Arminius sa seconde tragédie vint bientôt après : malheureusement, la duchesse de Bouillon à MosAïQUE DU MIDI. - 2e Année.

qui la pièce était dédiée n'accorda pas de gratifications à l'auteur. La position de Campistron devenait chaque jour plus brillante et plus difficile , et la gloire n'entraînait après elle rien qui mit à même le jeune poète de pourvoir à son entretien. Bien au contraire les nécessités matérielles suivaient la même progression que sa renommée; sa famille mécontente lui refusait tout secours afin de le ramener plutôt dans une autre carrière, et il ne lui venait de Toulouse que le souvenir de ses mésaventures. Dans cet état peut-être Campistron se serait vu forcé de céder aux vœux de ses parents, mais l'amitié d'un honnête homme le soutint ; le comédien Raisin le reçut chez lui et le traita pendant quelques temps avec les égards dus à son mérite. Ce comédien qu'on a beaucoup vanté pour son esprit et son amabilité, prouva dans cette circonstance qu'il avait le cœur haut placé; et ce fut bien à lui de tendre la main à un poète qui donnait de belles espérances, alors que la duchesse de Bouillon avait regardé sa tragédie et son épitre dédicatoire comme non avenues. Campistron ne fut pas ingat, il donna tousles beaux rôles de ses tragédies à Mlle Raisin; les biographes du poète disent, que ce fut par reeonnaissance, on pourrait soupçonner que l'amour eût quelque part à cette préférence; d'ailleurs il fallait que celui qui s'était proposé Racine comme un modèle à suivre, eut aussi sa Chammelée.L'admiration deCampistron pour Racine ne lui fut point inutile, elle lui valut indépendament des conseils du maître, la protection du duc de Vendôme que l'auteur d'Athalie sut disposer en faveur de son élève. Vendôme voulut un jour, ce qu'il voulait assez ordinairement, passer de joyeux moments avec ses amis. Il donnait une fête au dauphin : alors il n'y avait point de fête possible entre grands seigneurs sans un divertissement dramatique. Vendôme avec le sans façon d'un prince, et le tact d'un maréchal de France, demanda des vers à Racine , demander à Racine un divertissement dramatique! à quoi certaines amitiés exposent un homme de génie, et comme l'auteur de Britanicus dut être flatté de la proposition. Racine au lieu de refuser noblement fut obligé de s'excuser et de satisfaire les vœux de monseigneur, il lui proposa Campistron qu'il jugeait avec raison beaucoup plus propre que lui à composer un divertissement dramatique. - . . 1

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