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qui devaient prendre une face nouvelle dans le dix-huitième siècle, la botanique et la chimie, étaient alors cultivées avec assez d'ardeur. L'Europe payait un tribut d'admiration et de reconnaissance au célèbre bo

lonwcfiri. Umiste Tournefort, qui donna, l'un des premiers , l'exemple des longs et intrépides voyages entrepris pour le seul intérêt des sciences. n»«d«nc« Les beaux arts dégénérèrent plus sensi

!nTM.a *"' blement que les lettres pendant la seconde partie du siècle de Louis XIV. On rapporte ordinairement à la régence le moment où l'expression recherchée, les froids systêmes, les pensées bizarres et licencieuses, commencèrent à s'introduire dans la peinture; mais il est certain que les vingt - cinq dernières années du règne de Louis XIV n'offrirent que des productions très-inférieures à celles de cet âge florissant de l'école française qu'ouvrirent, dès le temps du eardinal de Richelieu, l'immortel Poussin, Le Sueur, leLorrain,Lahire et Champagne; que continuèrent Boulogne, Jouvenet, Le Brun, Mignard et Santerre, mais sans surpasser et même sans égaler leurs prédécesseurs. Les élèves de Charles Le Brun exagérèrent les défauts qu'on avait reprochés à ce grand peintre,

et ne reproduisirent que de faibles étincelles de son génie. Le bel esprit commença à dominer dans la peinture aussi bien que dans la poésie. Il se présentait une foule d'ingénieux corrupteurs de ce goût vaste et sublime qui avait paru répondre à toute la majesté du règne de Louis XIV. Coypel énervait l'histoire, tandis que Vateau dénaturait le paysage. On négligeait l'étude de l'antique, et l'on faisait un travail ingrat et stérile pour découvrir de nouveaux systêmes de beauté. La sculpture approchait moins de sa décadence : Coustou l'aîné en soutenait l'honneur.

Les somptueuses fantaisies de Louis XIV à Versailles et à Marly, et bientôt après les fléaux de la guerre, empêchèrent l'exécution des plans magnifiques , conçus, soit par Charles Perrault, soit par son noble rival le chevalier Bernin , pour l'achèvement du Louvre. Le dôme des Invalides, construit parMansard, fut le dernier monument qui parut empreint de toute la grandeur de ce siècle. La chapelle de Versailles, ouvrage du même architecte , annonca le moment où le désir de produire des effets variés, piquans et gracieux, allait remplacer des conceptions simples et sublimes. La plupart des travaux utiles, entrepris par Louis XIV, étaient heureusement terminés avant les calamités de quinze ans qui désolèrent sa vieillesse. On jouissait du beau canal qui unit les deux mers; mais beaucoup d'autres projets qui devaient fertiliser la France par le même moyen, restaient suspendus et furent bientôt oubliés. Régnée. Le régent, passionné pour les arts, excité par une noble émulation à connaître non seulement les résultats, mais les procédés des sciences, et plus instruit dans les belles lettres qu'aucun des princes de son sang, ne sut donner, ni une protection judicieuse, ni une grande direction à tout ce qui avait fait l'éclat du règne précédent. Il diminua et souvent même il dégrada les pompes du trône , par le dégoût qu'il avait pour toute espèce de contrainte et toute loi de décence. Les beaux arts se prêtèrent trop aux penchans de ce prince et de ses courtisans, et souvent ils tracèrent, au lieu de scènes de i*iu«.'«c-volupté, des scènes de libertinage. L'esprit cï° .uTimT d'invention se dirigea, soit vers ce qui éblouit *>"• un moment, soit vers de nouveaux moyens de jouissance. On crut avoir assez de grands monumens, on négligea ceux que Louis XIV avait laissé imparfaits.

Sous ce monarque , la distribution des appartemens n'avait encore rien ni d'élégant ni de commode. Tout était sacrifié à l'effet majestueux des galeries et des salles immenses. Le régent, et plus que lui encore le duc de Bourbon, introduisirent dans leurs palais un ordre qui substituait la grâce et l'aisance à un appareil gênant. Les hommes opulens , et bientôt même ceux qui n'avaient qu'une fortune médiocre, apprirent à se loger avec agrément. Les cabinets , les petites pièces offraient des asiles pour l'étude, la rêverie et les plaisirs clandestins. Les hôtes d'une même maison crurent chacun avoir leur maison particulière. L'usage des glaces commença sous la régence : on en orna les cheminées, on en combina les effets de manière à produire d'agréables surprises. La plupart des seigneurs se piquaient d'exceller dans ces inventions frivoles. Le luxe fut plus ingénieux, mais plus léger, plus mobile, et servit moins à la richesse et à la gloire nationales. On vanta beaucoup l'acquisition que fit le régent du magnifique diamant qui porte encore le nom de ce prince. Le prix énorme qu'il coûta aurait pu servir à plus d'une entreprise faite pour immortaliser cette courte

administration. En formant la belle galerie du Palais-Royal, le régent montra une magnificence plus éclairée; mais ni les temps ni les lieux ne permettaient à ce prince d'égaler, dans sa collection de tableaux, les richesses qu'avaient su réunir avec tant de goût les heureux Médicis. Le Système de Law arrêta pendant quelque temps l'essor de toutes les pensées vastes et utiles, et pas un monumentjrie se présente pour absoudre celte époque de folie. conduite Les lettres flattèrent moins que ne le firent

îonorâw" les arts, la corruption et les vices du jour.

miTM». Ceux qui les cultivaient avec le plus d'éclat honoraient la mémoire de Louis XIV. Il y en avait plusieurs qui, attachés à la duchesse du Maine, étaient portés à censurer les bruyantes folies d'une cour licencieuse, ou du moins à ne pas les partager. Fontenelle et Lamothe imitèrent, pendant les dissentions des deux familles d'Orléans et du Maine, la politique et les ménagemens de cet Atticus , qui sut si adroitement garder la neutralité dans de plus grandes querelles et entre de plus illustres rivaux. La plupart des hommes de lettres se piquèrent également de circonspection. On les recherchait des deux côtés. Ceux même qui avaient

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