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venger Iéna. Et la vérité apparait ici clairement, que les haines de la Prusse ne sont pas les haines de l'Allemagne et que la Bavière et nombre de petits Etats furent employés de force par la Prusse à son affaire particulière.

HENRI LASVIGNES MÉMENTO BIBLIOGRAPHIQUE

ROMANS.

Guillaume Dall : Christine Myriane, Ollendorff, 3 fr. 30. Poésie. Jean Royère : Exil doré, Vanier, 3 fr. - Charles-Adolphe Cantacuzène : Les Chimères en danger, Perrin. Paul Hubert : Verbes mauves, Clerget. – Léon Delabonne : Dans le vent, Vanier, 3 fr.

THÉATRE. Armand Ephraïm et Jean La Rode : L'Incendie de Rome, Ollendorff, 3 fr. 50. Gabriel Trarieux : Joseph d'Arimathée, Fischbacher. Louis Payen : Vers la Vie, Montpellier, Firmin et Montane. Henri Mazel : L'Hérésiarque, Mercure de France, 3 fr. 50. E. Grenet-Dancourt et Gaston Pollonnais: Celle qu'il faut aimer, Ollendorff, 1 fr. 5o.

HISTOIRE. Frédéric Masson: Napoléon et sa famille, II (1802-1805). Ollendorff, 7 fr. 50. - Frantz Funck-Brentano : Légendes et Archivos de la Bastille (préface de Victorien Sardou), Hachette, 3 fr. 30.

PHILOSOPHIE. Christian Cherfils : Un Essai de religion scientifique (Introduction à Wronski, philosophe et réformateur), Fischbacher, 5 fr.

SOCIOLOGIE. Dr. Léon Winiarski : Essai sur la mécanique sociale, Revue Philosophique.- A. Hamon : Déterminisme et Responsabilité, Schleicher, 2 fr. 50.

SCIENCES PSYCHIQUES. - Guillaume de Fontenay: A propos d'Eusepia Paladino (les séances de Montfort-l'Amaury, 25-28 juillet 18971, compte-rendu, photographies, témoignages et commentaires, Société d'Editions scientifiques,6 fr.

PHILOLOGIE. La Sainte Bible polyglotte contenant le texte hébreu original, le texte grec des Şeptante, le texte latin de la Vulgate et la traduction française de l'abbé Glaire avec les différences de l'hébreu, des Septante et de la Vulgate, des intr«ductions, des notes, des cartes et des illustrations, par F. Vigouroux, prêtre de Saint-Sulpice (Ancien Testament, tome 1, le Pentatenque, 't fascicule, la Genèse), Roger et Chernoviz. CHRONIQUE.

Alexandre Hepp: Les Quotidiennes Vie - avec quelques lettres anonymes, Flammarion, 3 fr. 50. CRITIQUE.

Henri Hantz : Le Symbolisme et la Poésie symboliste, Constantinople, Levant Herald and Eastern Express, 1.-L. Gondal, S. S. : La Provenance des Evangiles, Roger et Chernoviz. · Louis Guétant : Réponse à M. Soleilhac, Stock. Albert Soubies : La Musique en Russie, Henry May, 3 fr. 50.

VOYAGES. Jean Carol : Chez les Hova (Au Pays rouge), Ollendorff, 7 fr. 50. - Dieppe, Rouen, Julien Leccrf.

DICTIONNAIRES. Paris-Hachette (1.000 gravures, 4.000 articles, 100.000 adresses, (Hachette, 3 fr. 73. — Anuario de la Prensa Argentina, Jorge Navarro Viola, Buenos Aires.

LITTÉRATURE ITALIENNE. — Felice Cavallotti : Italia e Grecia, Catania, Niccolo Giannotta, 1 fr. . Luigi Capuana : L'Isola del Sole, id., id., id. Cesare Lombroso : In Calabria, id., id., id.

LITTÉRATURE ANGLAISE. Alexander Pope: The Rape of the Lock, an heroicomical poem in five cantos (embroidered with eleven drawings by Aubrey Beardsley), London, Leonard Smithers. Good reading about many books selected by their authors (third year), London, T. Fischer Unwin. With the « Red vans » in 1897, London, Office of the english Land Restoration League, 1 penny. — Benjamin Swift : The Destroyer, London, Fischer Unwin, 6 sh.

NOUVEAUX PÉRIODIQUES. Le Midi fédéral, social et littéraire, hebdomadaire, 1. place du Capitole, Toulouse, 5 cent.-- Bulletin mensuel de la Société d'Etudes féminines. 29, rue de Richelieu, Paris. Le Droit de vivre, hebdomadaire, 12, impasse Briare, Paris, 10 cent. Revue universitaire (nouvelle série), organe international d'Enscignement supérieur, mensuel, 26-28, rue des Minimes, Bruxelles, i fr.

Le gérant : Alfred Vassallo.

Valrose

PREMIÈRE PARTIE

I

« Chaque fois qu'on aime, il faut que ce soit pour toujours ! » De légères fleurs de cerisiers tombaient. Valrosc se baissa pour en ramasser quelques-unes qui gisaient à terre comme de petits papillons morts. Un vent aigre courbait tous les arbres Neuris ; leurs branches noires se détachaient à peine sur les nuages du ciel lourd. Pourtant, lc printemps était avancé; les lys sleurissaient et les iris mauves ; les premières roses aussi tentaient de s'ouvrir. Quand le vent sc calmait, quand brusquement un rais de soleil perçait l'opacité triste du ciel, on entendait la voix rapide et claire d'un ruisseau qui courait dans le verger. Et c'étaient, dans les arbres fruitiers, par les allées bordées de lauriers-roses et d'orangers, de grands cris d'oiseaux et des chants. Valrose considéra le ciel, hocha la tête, regarda autour d'elle. Puis, sa voix fraîche retenlit.

Lottie !
Elle s'avança entre les lauriers.

D'une stature au-dessus de la moyenne, elle marchait harmonieusement, la tête très droite, dans une pose un peu hautaine.

Lottie ! Ses cheveux d'un châtain chaudement accentué s'ébouriflent aux rafales. Elle marche, aspirant largement des odeurs que le vent arrache au caur des fleurs courbées, qu'il porte un instant et rejette violemment à tous les coins du cicl.

Maman, maman !

Ma petite fille chérie ! Une petite fille court vers elle, qui lui sourit pleine d'une grace vive; elle lui tend les bras et Lottie se précipite aussi vite que peuvent la porter ses petites jambes de six ans. Elle la soulève, la prend dang ses bras, ct, comme la pluic commence à tomber, elle l'emporte en courant.

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Valiose a trente ans. Elle est veuve.

D'un mariage dont les joies d'amour, les chagrins complexes ont eté intenses, elle sort trempée, dégagée de maintes entraves de monde. d'éducation.

Son bunieur est franche, droite, d'un jet. Altière en elle-même et

portée au mépris des détails, elle dédaigne son propre orgueil. Peu l'entrave son opinion de la veille, ou même celle de la minorité intelligente.

Elle a lu, réfléchi. Elle en est, moralement, à ce point, où l'esprit, déçu par la vanité des vieilles formules, hésite, épris de vérité pure, mais craint de sc trouvernu, faible et veule, en face d'unc déité terrible au visage dur.

Elle croit le bonheur possible, un bonheur âpre, conquis par la volonté et l'intelligence. Elle le conçoit dans le développement harmonieux de toutes les forces que la nature a mises en nous. C'est une lutte, une action forte; ce n'est pas un repos.

Depuis deux ans qu'elle est veuve, sa vie est uniforme et facile. Elle vivait seule, sérieuse et réfléchie, dans ses travaux intellectuels.

Et sans qu'elle s'en doutât; son caur reposé attendait.

III

Cette année-là, son deuil était fini, Valrosc retourna un peu dans le monde.

Et tout d'abord le destin jeta les Bach-Sonian (1) au travers de sa route.

Elle, d'expression suave et grave, avec, au fond du sourire, quelque chose d'effréné, au fond des yeux je ne sais quoi de meurtri et comme d'irréparable.

Bien qu'elle eût un corps élégant et fùt faite sur le modèle des femmes longues et droites des primitifs, on croyait toujours la voir penchée et repliée sur elle-même. Elle avait la vois la plus douce qui fût : un degré au-dessus du silence. Ses mains diaphanes, minces. longues, avaient des façons de se mouvoir caractéristiques d'une profonde et savante sensualité.

Lui, était d'une race forte, avait une physionomie saine d'homme du nord, la grâce molle d'un grand ours ; ct, dans le petit oil bleu froid, comme aussi dans la forme de la mâchoire, quelque chose d'un jeune requin. Sa vois était pure et douce. Ses mains, comme celles de sa belle-soeur, avaient une physionomie, étaient expressives au suprême degré. Il parlait peu et lentement, mais son mot était toujours pittoresquc ou technique.

11) Madame Bach Sonian avait épousé le frère de M. B.-S, dont il est question ici. Elle était veuve depuis quelques années; elle continuait à vivre, comme du Temps de son mari dans une intimité, très grande avec son beau-frère. Ils demeuraient comme alors porle à porte. L'extrème réserve de leurs manières, la façade parfaite qu'ils surent toujours mettre entre cux et le monde empêcha celui-ci d'aller plus loin que d'exprimer quelques suppositions. Encore portaient-elles surtout sur l'étonnement qu'on éprouvait à ne pas les voir s'épouser. Il est pos. sible qu'ils finissent par le faire, si Edouard de Bach-Sonian renonce, comme il est probable, à espércr de se faire aiiner dc Valrosc.

Il parlait pour dire quelque chose, et son geste peu abondant, mais infiniment souple et descriptif, ajoutait à sa parole de l'au-delà, brisait la forme sèche : un flot d'imagination s'en échappait.

Valrosc, profondément intéressée par l'aspect compliqué et mysté. ricus de ces deux êtres, répondit avec intérêt à leur accueil très fran. chement attirant. Incapable de jouir simplement et sans arrière-penséc d'une société subtilc ct rare, elle s'acharna à la divination de l'énigme qu'ils étaient pour le public.

Iscult de Bach-Sonian, pensa Valrose après quelques mois, vit, jouit, souffre, se meurtrit d'amour pour son beau-frère, d'amour immense, profond, vif, sensible et sensuel, toujours neuf, toujours saignant, conscient jusqu'à l'acuité. En vérité, elle a donné vie, sens, cour, volonté, âme à cet amour. Si elle n'en meurt pas, c'est

que

les sources de la vie ne correspondent pas aux fibres profondes des âmes !

Pour lui, Edouard, la clef de son mystère est celle-ci: la sensualité, la jouissance intelligentc ct raffinéc, légèrc ct profonde, intellectuelle et physique et artistique, sccptique et ardente.

IV

Au moment où Valrose s'adonnait au charme émotif de la société des Bach-Sonian, un être apparut qui l'arracha à cette absorption, qui, à côté de la vie mentale, vivement cxcitée par ces cérébraux, créa dans son cour et dans ses scns un autre courant de vic.

C'était presque n'importe qui. C'était un de ces êtres que leur manque de réelle personnalité abandonne plus tard en pleine banalité. Mais, au moment de leur jeunessc, il font naitre quelque espoir, parla réceptivité de leur intelligence, par leur qualité de charme, par cette beautė inconsciente ct ardente que dégagent certaines aubes de vie et que l'amour développe et élève momentanément au-dessus de leur vraic nature.

A ces aurores, l'amour, vitc allumé, flambe joyeux et léger, sans aucune complication que le désir du moment, la joie d'éprouver des sensations nouvelles et plus raffinées, le petit attendrissement presque humble, mais bien inconscient encorc, de se sentir quelqu'un,– puisqu'ils aiment, - la peur naïve que toutes les femmes soient les madoncs qu'elles paraissent ct le désir qu'elles le fussent.

Lcur geste n'a pas d'importance, est instinctis, irraisonné : il souligne peut-être, mais n'explique rien. Leur silence ne recèle aucun mystère ; c'est l'hypnotisation de la poule sur le ruban de craie. Ils rêvent peu, et, s'ils rêvent, c'est comme lorsqu'ils pensent, la plupart du temps : cela n'a qu'un intérêt local.

Oui, Jean de Chaudicu, à tout prendre, est bien l'intelligent quelconque...

Mais c'est de la jeunesse ! Les yeux charmanls sont frais et neuls.

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