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Vie, c'est un Tournoiement. » Puis, il ajoute : «De deux spermes neutres, sperinatozoïdes et ovules accouplés, transformés par la furieuse évolution sensuelle de deux êtres, l'Etre surgit. La fonction de cet Etre est de tournoyer. » M. Rey doit être professeur de danse.

Louis DELAPORTE : Pastels et Figurines (Fontemoing). M. Delaporte appartient, en littérature, à l'école impressionniste. Il a la finesse et la grâce de M. Anatole France; son style est harmonieux et coloré ; il fait de la critique à la manière de Montaigne, et il voyage à la manière de Sterne. C'est du moins ce qu'affirme M. Delaporte lui-même. Mais il exagère... Et il oublie de citer M. de Pontmartin. C'est de l'ingratitude.

JEAN DE MITTY

JACQUES COR : Les Maîtres Chanteurs de Richard Wagner, étade musicale et littéraire (Fischbacher).

Cette brochure nouvelle est, pour einployer l'expression de son auteur, « un acte d'adoration ». C'est assez dire qu'en ses pages, M. Jacques Cor s'abandonne aux douceurs de l'admiration la plus vive et ne néglige rien pour faire partager au lecteur son sentiment sur le chef-d'oeuvre de Wagner. Suivant la partition page par page, ne laissant dans l'ombre aucune des beautés et des intentions des Maitres, M. Cor, agenouillé avec amour au pied de l'autel wagnérien, brûle en l'honneur de son dieu son encens le plus pur. La critique est absente de l'opuscule en question ; et on y chercherait vainement un aperçu original ou un argument inédit. Mais, tel qu'il est, il traduit, avec sincérité, les impressions multiples que les admirateurs des Maitres Chanteurs ressentent à l'audition de cette éblouissante réalisation poétique et musicale.

ALBERT SOUBIES : Histoire de la musique - Portugal (Flammarion).

M. Albert Soubies vient d'augmenter l'important bagage de ses instructives et précieuses publications sur la musique d'une brochure consacrée à la musique en Portugal.

Ce travail, d'une centaine de pages, n'est ni une compilation, ni une adaptation d'ouvrages étrangers déjà connus : c'est le résultat de recherches personnelles poursuivies avec une ténacité et une perspicacité rares. Aussi présente-t-il un réel intérêt. M. Soubies n'a pas entendu faire euvre de critique, mais bien æuvre d'historien fidèle. S'en tenant aux faits, il a surtout visé à être clair. Prenant la musique à ses origines, il l'a montrée dans ses phases diverses, grandissant et s'enrichissant peu à peu; et, insistant sur le rôle joué par les compositeurs qui l'illustrèrent en Portugal, il a cherché à caractériser leur manière et, en général, la tendance artistique des musiciens de ce pays. Le petit livre de M. Soubies est, en outre, plein de renseignements utiles sur les chanteurs, la presse musicale, les éditeurs,

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Personne qui ait jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l'aurait supposée née pour être une héroïne. Sa situation dans le monde, le caractère de ses parents, sa propre personne et ses aptitudes, rien ne l'y prédestinait. Bien que clergyman, son père n'était ni méprisé ni misérable; c'était un excellent homme, bien qu'il s'appelåt Richard et qu'il n'eût jamais été beau. Il avait une fortune personnelle, outre deux bons bénéfices, et il ne prétendait pas le moins du monde tenir ses filles sous clef. Mme Morland était une femme de grand sens, de bon caractère et, ce qui est plus remarquable, de bonne constitution. Elle avait eu trois fils avant la naissance de Catherine; et, au lieu de trépasser en mettant celle-ci au monde, comme on devait s'y attendre, -elle avait vécu encore, vécu pour avoir six enfants de plus, pour les voir grandir autour d'elle, et pour jouir elle-même d'une florissante santé. Une famille de dix enfants peut toujours être dite une belle famille, quand il y a assez de têtes, de bras et de jambes pour tous; mais les Morland n'avaient guère d'autre titre à cette épithète, car ils étaient en général fort ordinaires, et Catherine, plusieurs années de sa vie, fut aussi ordinaire qu'aucun d'eux. Elle était maigre et mal équarrie, avait la peau blême, de noirs cheveux plats et de gros traits; non plus que sa personne, son esprit ne la marquait pour la fonction d'héroïne. Elle raffolait de tous les jeux des garçons, et préférait de beaucoup le cricket, non seulement aux poupées, mais aux plus poétiques jeux de l'enfance, élever une marmotte ou un canari, arroser un rosier. En effet, elle n'avait nul goût pour les jardins, et, si elle cueillait des fleurs, c'était principalement pour le plaisir de méfaire, du moins ainsi conjecturait-on, à la voir toujours choisir celles qu'il lui était interdit de prendre. Tels étaient ses goûts ; ses aptitudes étaient non moins extraordinaires. Elle n'apprenait ou ne comprenait rien avant qu'on le lui eût enseigné, ni même après, quelquefois, car elle était inattentive souvent et volontiers stupide. Sa mère avait consacré trois mois à lui inculquer « la Prière du Mendiant », après quoi Sally, sa sour puinée, la récitait mieux qu'elle. Non que Catherine fût toujours stupide ; elle apprit la fable « le Lièvre et les Amis » comme sans y penser, aussi vivement que fillette qui soit en Angleterre. Sa mère désirait qu'on lui enseignât la musique, et Catherine était persuadée qu'elle y prendrait goût, car elle avait grand plaisir à faire sonner les touches de la vieille épinette abandonnée. Elle commença à huit ans. Elle étudia une année et ne voulut pas continuer. Mme Morland, qui ne s'obstinait pas à

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de Thomson, que

C'est une tâche exquise

D'apprendre à la jeune idée comment percer. Et, de Shakespeare, elle acquit tout un lot d'informations : elle sut que

..... Des bagatelles légères comme l'air
Sont, par le jaloux, prises au sérieux

Comme paroles de l'Ecriture ; que

La pauvre bestiole sur qui nous marchons
Eprouve d'aussi dures transes

Qu'en géant qui meurt ;
et qu'une jeune femme qui aime est toujours

semblable à la Résignation sur un piedestal

Souriant à la Douleur. Sur ce point sa culture était suffisante; sur maint autre, elle approchait de la perfection ; car, si Catherine n'écrivait pas de sonnets, s'appliquait-elle à en lire; et quoiqu'il n'y cût pas apparence qu'elle pût, au piano, jeter en extase un public par un prélude de son crû, elle pouvait écouter sans grande fatigue la musique des gens. Où elle échouait, c'était à manier un crayon :

elle n'avait nulle notion de dessin, pas mêmc assez pour esquisser le profil de son amoureux. Là les droits qu'elle eût pu avoir à la qualité d'héroïne étaient nuls. Au surplus elle ne connaissait pas sa misère, car elle n'avait pas d'amoureux de qui faire le portrait. Elle avait atteint dix-sept ans sans avoir vu d'aimable jeune homme qui éveillât sa sensibilité, sans avoir inspiré de réelle passion, et sans avoir provoqué d'admirations, que très modérées et bien fugaces. Voilà qui était étrange, en vérité ! Mais on peut généralement se rendre compte des choses étranges quand on en cherche avec soin la cause. Il n'y avait nul lord dans le voisinage; pas même de baronnet. Nulle famille amie n'avait élevé un garçon inopinément trouvé sur le pas de la porte. Nul jeune homme dont l'origine fùt inconnue. Son père n'avait pas de pupille, et le squire de la paroisse pas d'enfants.

Mais quand une jeune lady est destinée à être une héroïne, le caprice de cinquante familles de l'environ ne sąurait prévaloir contre elle. Sur sa route, le destin doit susciter et suscitera un héros.

M. Allen, qui possédait la plupart des terres qui entourent Fullerton, le village du Wiltshire où vivaient les Morland, fut envoyé à Bath, dont le séjour convenait mieux à sa constitution goutteuse; et sa femme, qui aimait fort Mlle Morland, et qui probablement estimait que, si les aventures ne tombent pas sur une jeune fille dans son propre village, cette jeune fille doit les chercher ailleurs, l'invita à venir avec eux. M. et Mme Morland furent tout bonne volonté, et Catherine,

tout joie.

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