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habitans contre les troupes ; c'est un crime de haute trahison. Vous savez que j'ai donné des ordres pour tâcher d'arrêter les auteurs et colporteurs de ces écrits, et déjà plusieurs sont découverts et saisis. L'empereur ordonne que ces coupables soient livrés à une commission militaire, et jugés par elle. Cette commission sera composée de sept colonels; elle tiendra ses séances au milieu d'une des divisions de l'armée, et j'ai désigné à cet effet la place de Braunau. Vous nommerez trois colonels de votre corps d'armée et un adjudant commandant pour faire les fonctions de rapporteur. J'ordonne à MM. les maréchaux Bernadotte, Mortier, Ney et Davoust de nommer un colonel de leurs corps d'armée pour faire partie de la commission militaire; ils se rendront en poste à Braunau. Vous voudrez bien, M. le maréchal, donner tous les ordres nécessaires pour la formation de cette commission militaire. Je ferai rembourser les frais qui résulteront des opérations de cette commission sur l'état dressé par le rapporteur.

Au maréchal SOULT.

Munich , le 12 août 1806. Par ma lettre de ce jour, monsieur le maréchal, je vous ai donné l'ordre de former une commission militaire composée de sept colonels, pour juger les auteurs et colporteurs de libelles répandus en Alle

magne pour soulever les habitans contre l'armée française. J'ordonne au général René de faire conduire å Braunau le libraire Stag. J'ordonne au maréchal Bernadotte de faire également conduire à Braunau le libraire Stein de Nuremberg. L'intention de l'empereur est que les coupables soient jugés et exécutés dans les vingt-quatre heures. Quant aux absens, ils seront jugés et condamnés par contumace. La sentence portera que partout où il y a une armée, le devoir du chef étant de veiller à sa sûreté, les individus tel et tel, convaincus d'avoir tenté de soulever les habitans de la Souabe contre l'armée française , sont condamnés à mort. On constatera dans la sentence que les libelles ont été envoyés par les libraires Kupfer de Vienne, et Ulrich de Lintz; si par les dépositions, il résulte que les libelles ont été adressés par eux, ils seront condamnés à mort par contumace, lequel jugement sera exécuté s'ils sont saisis dans les lieux où se trouve l'armée française. La sentence traduite en allemand sera répandue dans toute l'Allemagne. Je vous envoie les pièces nos i, 2 et 3,

, prouvant qu'il existe une intrigue tendante à compromettre la sûreté de l'armée, et à soulever les habitans contre elle. La pièce n° 4 désigne les coupables, et sert de charge contre eux.

Avant que les colonels des autres corps d'armée

soient arrivés, les trois colonels de votre corps doivent commencer l'instruction.

Au maréchal BERNADOTTE, prince de Ponte

CORVO, à Anspach.

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Munich , le 15 septembre 1806. L'EMPEREUR, monsietir le maréchal, par une de ses dépêches, datée du 10 septembre, me dit que M. de Knobelsdorff ne cesse de lui faire toutes les protestations possibles sur le maintien de la paix et de la bonne intelligence avec la France; mais, malgré ces protestations, les armemens de la Prusse continuent, et en vérité l'empereur ne sait ce qu'elle veut. Je vous ai autorisé, monsieur le maréchal, à étendre un peu vos cantonnemens dans le pays de Würtzbourg ; il y a dans ce pays la petite place de Koenigshoffen; s'il n'y avait point de cantonnemens dans cette partie, il faut en faire prendre, et occuper cette place.

Vous ferez bien de recommander dans votre armée la plus grande circonspection à l'égard de la Prusse, d'être aussi bien que possible avec les Prussiens , et de maintenir avec eux la bonne intelligence.

L'empereur a levé cinquante mille hommes de la conscription; il vient d'en appeler encore cent nouveaux mille; cela n'est pas un mystère, on en parlera ; mais on doit répondre que cette mesure n'a

d'autre but que la juste précaution à prendre dans le cas où les armemens que l'on fait sans motif seraient dirigés contre la France, ce que l'on est bien loin de croire.

De yotre côté, monsieur le maréchal, faites observer, avec beaucoup de prudence, les mouvemens des Prussiens, soit en Prusse, soit en Saxe, et ce que l'on peut savoir des Russes ; sans faire semblant de rien, il faut observer la forteresse de Würtzbourg; mais, comme elle n'est point armée, nous serons toujours à même d'en prendre possession, s'il y a lieu.

Je compte, monsieur le maréchal, que vous voudrez bien m'instruire exactement de tout ce que vous apprendrez.

Comme je n'écris pas à M. le maréchal Lefebvre, je désire que vous jasiez avec lui, pour qu'il sache la conduite à tenir, jusqu'à nouvel ordre, à l'égard de la Prusse.

.

Instructions pour M. le colonel du génie Blein.

Munich, le 15 septembre 1806. Je désire, monsieur le colonel Blein, que vous observiez Gotha, Nambourg et Leipsick, comme fortifications, et me dire quelle place on pourrait trouver à l'abri d'un coup de main, entre Bamberg et Berlin, et qui pourrait servir de centre aux positions de l'armée; vous sentez combien il faut d'adresse

pour cela. Vous avez été à même de juger, dans la campagne dernière, combien l'empereur attachait d'importance à Braunau, et combien il en attachait aussi à Augsbourg; ainsi il faut que votre reconnais sance soit faite avec le plus grand soin: je vous recommande la plus grande circonspection en parlant des Prussiens; nous voulons maintenir avec eux, autant que possible, la bonne intelligence. Je joins ici une instruction pour le chef de bataillon Legrand; il vous rendra compte de son travail, mon intention étant de vous charger de l'ensemble de ces reconnaissances, que j'ai voulu confier à un officier d'un mérite tel que vous.

Āu maréchal BERNADOTTE.

me

Munich, le 18 septembre 1806. L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, parmi les dépêches que m'apporte un de ses courriers, mande :

« Lorsque je vous ai ordonné de faire éloigner mes troupes de Nuremberg , les circonstances étaient différentes : aujourd'hui, au contraire, il me semble qu'il faut réunir beaucoup de troupes autour de cette ville, qui , étant riche, est dans le cas d'en supporter les frais. Jusqu'à ce que le bon sens soit revenu à la Prusse, et qu'elle ait désarmé, il est bon qu'on y soit en force. »

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