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Nauenbourg. Un officier du génie fut attaché à chacun de ces trois généraux, pour recueillir les détails topographiques; et dans la soirée même du 8, les résultats de cette reconnaissance furent remis à l'empereur. ,

Ici se terminèrent les savantes dispositions de cette ouverture de campagne. Nous avons pensé que d'en présenter pour ainsi dire le journal, était la manière la plus claire d'expliquer une des plus profondes combinaisons stratégiques dont l'histoire militaire offre l'exemple. Comme la rapidité et le succès des opérations qui suivirent immédiatement furent les conséquences nécessaires des premières dispositions, nous devons réserver pour le Chapitre suivant, dont ces opérations seront le sujet, les observations que nos lecteurs, en suivant sur la carte les mou. vemens que nous avons indiqués, ne manqueront pas de faire eux-mêmes : nous mettons sous leurs yeux les matériaux précieux, les pièces authentiques dont nous nous sommes appuyés; ils admireront avec nous, dans la suite des ordres dictés par

Napoléon, le développement de son plan, de jour en jour, d'heure en heure, et la vigueur du génie qui soumet d'avance à ses résolutions celles que pourra prendre l'ennemi.

Nous placerons à la fin du volume dans lequel nous aurons achevé l'historique de cette campagne, des notes pareilles à celles dont nous avons, dans les volumes précédens, accompagné les Pièces justificatives; le nombre et l'importance de celles-ci excédant cette fois la proportion ordinaire d'un volume. Nous ne craignons pas que les militaires éclairés qui cherchent les principes de l'art dans l'expérience, et dans les moyens d'exécution employés par les grands capitaines, trouvent dans le choix que nous avons fait aucune superfluité; ils y reconnaîtront aussi le mérite des services du prince major-général, et ses talens trop peu appréciés, parce qu'ils ne brillèrent sur les champs de bataille que du reflet de la gloire de Napoléon. Ce prince y montra sa vaillance, sa présence d'esprit, son excellent jugement;

mais il n'eut point, comme les autres lieutenans de l'empereur, d'occasion de s'illustrer personnellement dans le commandement des armées et par de grands faits d'armes. Il ne fut pas seulement un instrument utile : une meilleure part que

celle

que lui ont faite à cet égard quelques-uns de ses compagnons d'armes, et Napoléon lui-même, est due à la mémoire du maréchal Berthier. Aucun général n’a mieux entendu les moyens d'exécution des opérations de guerre; aucun n'a su les préparer avec une prévoyance plus éclairée, et faire mouvoir avec plus de simplicité et de fermeté les ressorts d'une si vaste machine. Ce fut surtout à l'ouverture de cette campagne que la tâche du majorgénéral fut la plus importante et la plus difficile. En lui rendant ce témoignage, nous osons conseiller aux généraux, que leurs talens feront appeler à de semblables fonctions, de le prendre pour modèle, et d'observer dans cette transmission raisonnée des ordres concis et si multipliés de Napoléon, avec quelle vigilance et quel discernement il

réglait les moindres mouvemens, les moindres détails de service de guerre et d'administration, sans jamais perdre de vue l'ensemble de l'opération et le but auquel chacun devait concourir.

DU QUINZIÈME VOLUME.

Suite de la Correspondance et des Ordres de l'empe

reur Napoléon, transmis par le major-général de

la Grande-Armée française. (Depuis la ratification du traité de Presbourg, jusqu'à

l'évacuation du territoire autrichien.)

Au général MARMONT.

Schoenbrünn, le 25 frimaire an xiv. L'EMPEREUR, général, me charge de vous demander où est le dépôt des deux cents caissons que vous lui avez écrit à voir dans votre commandement.

Sa majesté désire que vous rédigiez un mémoire sur la citadelle de Gratz; combien de canons faudrait-il pour l'armée? y a-t-il de l'eau, des bâtimens? combien d'hommes peut-elle contenir ? pourrait-on y loger les dépôts, y établir des fours, des magasins, des vivres, un arsenal pour les munitions; enfin des emplacemens pour y déposer les bagages d'un corps d'armée de trente à quarante mille hommes? combien il faudrait d'hommes pour la défendre?

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