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ner les avant-postes, et chercha à pénétrer dans les cantonnemens. Ces diverses attaques furent constamment repoussées ; il y eut quelques engagemens assez vifs, dans l'un desquels le général Ligier-Belair, commandant une brigade dų maréchal Ney, mit en déroute un fort détachement russe qui avait passé l'Alle entre Heilsberg et Gutt, stadt, fit prisonnier le général qui le commandait avec quelques centaines de soldats,

Ces démonstrations de l'ennemi couvraient un mouvement plus sérieux dirigé sur la droite de la position générale des Français, entre l'Alle et la Haute-Passarge : c'était la partie la plus faible de la ligne des cantonnemens. Le maréchal Ney avait ordre de tenir, autant qu'il lui serait possible, le poste important de Guttstadt, qui formait la tête des cantonnemens et éloignait l'ennemi de la Haute-Passarge. Benningsen dirigea sur ce point de forles masses , et força le maréchal à l'évacuer; mais l'empereur Napoléon, pour empêcher l'annemi de l'observer de

prés, et d'opérer contre son aile droite, reprit tout à coup l'offensive par une disposition générale. Il ordonnà au prince de Ponte, Corvo de se porter au camp de Spanden de manière que l'ennemi ne s'aperçût pas de son mouvement, et d'y réunir tout ce qu'il pourrait avoir de cavalerie. Le maréchal Soult reçut ordre de rassembler ses trois divisions à Liebstadt. Le maréchal Ney fit toutes ses dispositions préparatoires pour attaquer Guttstadt. Le maréchal Davout pesta en réserve avec deux de ses divit sions à Mohrungen, et la division du yénéral Morand releva à Allenstein les troupes du corps du maréchal Ney qui s'y trouvaient sous les ordres du général Belair, afin que celui-ci pât rejoindre le corps du maréchal Ney. Le but de ce mouvement général était la reprise de Guttstadt.

Le 3 mars, à la pointe du jour le prince de Ponte-Corva se dirigea de Spanden sur Mohlsack, et fit replier tous les avant-postes ennemis. Le inaréchal Soult présenta des têtes de colonnes sur les quatro ponts de

Spanden, Spartinen, Alken et Pitthenen. Il déboucha principalement par Alken, et se dirigea sur Wormditt. Celle de ses colonnes qui déboucha par Spartinen marcha sur Schwedt,'et renversa tout ce qui se présenta devant elle sur les routes de Wolfers, dorff et d'Olsdorff. Le maréchal Ney attaqua Guttstadt avec la plus grande vivacité, il culbuta une avant-garde ennemie, la

pourşuivit et fit un assez grand nombre de prisonniers. Les Russes évacuérent Guttstadt, en abandonnant les magasins qu'ils y avaient déjà formés. L'objet de l'opération étant ainsi rempli, et l'ennemi s'étant reployé de tous côtés, les maréchaux, conformément aux instructions qui leur avaient été données, ramenèrent le lendemain leurs corps d’armée dans leurs cantonnemens sur la rive gauche de la Passarge, et laissèrent seulement des avant-gardes sur la rive droite pour donner le temps d'évacuer les prises qu'on avait pu faire. Les Russes perdirent dans cette journée, un millier d'hommes, tués, blessés, ou faits prisonniers; ils

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retirèrent promptement l'artillerie qu'ils avaient portée jusqu'à la rive gauche de la Passarge, vis-à-vis les ponts et les gués. Le général Benningsen, qui avait pu

craindre que Napoléon ne se portât en force sur Königsberg, fut rassuré en voyant les masses françaises repasser la rivière et rentrer dans leurs quartiers d'hiver. Il reporta de nouveau en avant ses troupes légères; mais il se borna à faire observer les avant-postes de l'armée française.

Il y eut encore quelques engagemens partiels pendant le mois de mars. L'avant-garde de la gauche de l'armée russe s'étant avancée du côté de Villenberg, le grand-duc de Berg en chassa les cosaques,

les poursuivit, et nettoya toute la rive droite de l’Alle jusqu'au-dessous de Guttstadt.

Le maréchal Masséna avait aussi reçu l'ordre de se porter du côté de Gilgenburg, dans le cas où le mouvement de l'aile gauche de l'armée russe aurait été plus sérieux. Il garda ses positions sur l'Omulew et sur Ja Narew.

Le repos également nécessaire aux deux armées ne fut plus troublé;-le grand intervalle entre la droite de l'armée française et le corps d'observation était rempli par des corps mobiles, et particulièrement par la division polonaise du général Zayonscheck nouvellement formée, et cantonnée à Neidenburg

Nous n'entrerons pas ici dans de plus grands détails sur les pelits combats entre les avant-gardes des deux armées. Nos lecteurs les trouveront dans la correspondance du major-général avec les commandans des corps d’armée, ainsi que le détail des affaires d'avant-postes; ils remarqueront à la fois la vigilance continuelle de Napoléon, et la fixité de ses dispositions générales. Pendant que ses corps d'armée réparaient leurs pertes et recevaient des renforts, il pressait l'investissement et le siège de la place de Dantzick. Dès le lendemain de la reprise de Guttstadt, le 4 mars, il écrivit au maréchal Lefebvre qu'aussitôt qu'il aurait rallié son corps d'armée ( 10° corps.) dont la force devait être de

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