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puisse s'apercevoir de son mouvement. Vous avez le temps de vous préparer à cette opération, l'empereur ne comptant faire son mouvement offensif

que dans la première quinzaine d'avril, tant pour laisser arriver la bonne saison que pour organiser les vivres.

D'ici à ce temps, arrangez-vous pour avoir vos subsistances prêtes à Praznitz, et disposez votre artillerie et vos bataillons, de manière à les mettre en mouvement facilement.

Vous ferez donc occuper l'Omulew et même Ostrolenka par un bataillon de la 3e brigade bavaroise, ou par un du 64.

Si l'ennemi vous attaquait avant que vous n'ayez reçu l'ordre de marcher, ou qu'il vous approchât de trop près, vous seriez en position de marcher à lui et de le repousser.

Si l'ennemi attaquait la Grande-Armée, vous seriez encore, par la disposition prescrite, en mesure d'arriver à Osterode où l'empereur réunirait son armée pour donner bataille ; si au contraire, comme tout laisse à penser, l'ennemi reste tranquille et nous laisse l'initiative, nous nous trouverons en mesure de marcher à lui avec deux cent cinquante mille hommes réunis, du per au 15 avril.

Le jer et le 3e régiment d'infanterie polonais sont partis de Sierock et de Varsovie pour se rendre à Neidenburg; mais les 2e et 4° doivent rester où ils

sont, c'est-à-dire à Sierock et à Praga où ils acheveront leur organisation ; ce sera encore environ trois mille hommes qu'on pourra faire marcher sur l'Omulew et Ostrolenka pour masquer le mouvement.

J'écris à Varsovie pour donner l'ordre qu'on mette à votre disposition dix mille paires de souliers. Je vous préviens encore, monsieur le maréchal, qu'au moment de l'opération, l'intention de l'empereur est de joindre à vos dix-huit mille hommes un autre corps de son armée.

Tout ce que je viens de vous dire dans cette lettre une fois bien entendu, je ne vous en parlerai plus, parce qu'il est possible que la correspondance se trouve interceptée, et cela est tellement important, que nous devons nous en tenir à cette lettre, à moins que nous ne nous entendions d'une manière vague et ambiguë. Préparez-vous sans retard pour les dispositions ci-dessus, et pour cela ayez l'air de menacer l'ennemi sur Byalistok. Faites-moi connaître, monsieur le maréchal, le nombre de pièces d'artillerie que vous pourrez emmener avec vous, et le nombre de celles qui resteront pour la défense de Varsovie.

A M. MATHIEU FAVIERS.

Osterode, le 17 mars.

J'ai mis sous les yeux de l'empereur, M. Faviers, votre lettre d'hier 16, ainsi que l'état des expéditions

de la place d'Elbing sur les différens points de l'armée. Sa majesté a vu que du 24 février au 15 mars, ce qui fait vingt jours, les envois que vous avez faits ne sont pas considérables; elle voit que deux cent mille rations de pain envoyées ne font qu'environ dix mille rations par jour, et dans chaque envoi il manquait environ un tiers, ce qui provient d'erreurs dans les charrettes ou de vol en route ; les farines envoyées sont en raison, à peu près, de cent cinquante quintaux par jour. Vous n'avez envoyé que trente-huit mille bouteilles de vin et vingt-sept mille pintes d'eau-de-vie, ce qui ferait environ quinze cents bouteilles par jour, et vous avez pourtant annoncé qu'il y avait à Elbing plus de deux cent mille bouteilles.

Sa majesté ordonne que vous expédiiez sans délai sur le quartier-général cent mille bouteilles de vin; que vous fournissiez aux ier, 4 et 6e

corps

d'armée assez d'eau-de-vie

pour

faire une distribution tous les jours ; c'est-à-dire mille pintes par jour à chacun de ces corps. Envoyez aussi à Mohrungen, pour faire partie des approvisionnemens du quartier-général, cinq mille pintes d'eau-de-vie ; par l'état du 11, dont copie est ci-jointe, vous deviez envoyer six mille rations de pain au 4e corps, six mille au 3e corps, et six mille au 6e, en les envoyant directement sans passer par

Osterode.

Je vous ai également prescrit la proportion d'eaude-vie que vous deviez envoyer à ces corps d'armée ; d'après ces dispositions, il faut donc trouver à Elbing les moyens de faire par jour dix-huit mille rations de pain , plus six mille rations pour les six régimens de cavalerie qui vont cantonner aux environs d'Elbing; total, vingt-quatre mille rations de pain.

Il faut faire , en outre , par jour dix mille rations de pain biscuité pour former la réserve de deux cent mille rations demandée pour les premiers jours d'avril, ce qui fait en tout trente-quatre mille rations à faire chaque jour. Vous avez expédié trois mille quintaux de farine sur Osterode ; l'intention de l'empereur est que vous en expédiiez trois mille autres pendant l'espace de quinze jours, à raison de deux cents quintaux par jour. Il faut aussi expédier journelle

nt une certaine quantité de farine sur Liebstadt et de grains sur Gullstadt, où il y a des moyens de moudre ; le blé n'est point utile à Osterode , parce qu'on ne peut y moudre qu'une quarantaine de quintaux par jour; ainsi, une cinquantaine de quintaux par jour nous suffira : mais la chose à laquelle l'empereur attache une grande importance, c'est que vous envoyiez une grande quantité d'eau-de-vie aux corps d'armée et au quartier-général, ce qui conservera la santé du soldat; faites de nouvelles recherches pour trouver du riz, ce qui sera également bien

m

utile à la santé des troupes. Par le retour de mon courrier, répondez par un mémoire à tout ce que je vous demande dans cette lettre , afin que l'empereur sache sur quoi compter. Croyez, au surplus, que sa majesté sait apprécier votre zèle.

Au général LIGER BELAIR, à Bromberg.

Osterode, le 18 mars.

Je vous préviens, général, que l'empi ur vient de vous nommer pour être chargé de la d'fense du canal de Bromberg.

Ce canal, depuis l'Oder jusqu'à Bromberg, étant le principal moyen de communication de l'armée , l'intention expresse de sa majesté est qu'il :

pris des mesures pour en assurer la navigation con les

par. tisans, et qu'il en soit pris aussi pour travailler aux réparations qui seraient nécessaires , de manière qu'il y ait le moins d'interruption possible dans la navigation.

Pour maintenir la sûreté de la navigation, le commandant d'armes de Landsberg aura cent hommes d'infanterie ; il y aura à Driesen cent hommes d'infanterie, à Silehne cent hommes d'infanterie , autant à Czarnikow sous les ordres d'un officier supérieur, cent hommes d'infanterie à Usez, cent hommes à Biatostiwe, et cent à Nakel sous les ordres d'un officier supérieur.

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