Imágenes de página
PDF
ePub

lui est indiquée dans l'instruction générale; c'est-àdire qu'il occupe Guttstadt comme tête de pont; on croit que cela rendra l'ennemi plus tranquille , car il est aussi très - fatigué, et on dit qu'il manque de pain.

Si l'ennemi agissait autrement, il faudrait, de notre côté, nous tenir prêts à soutenir les fatigues pour continuer les opérations militaires.

Quelles sont vos idées, monsieur le maréchal, sur le projet de faire baraquer toute l'armée ? l'empereur désire connaître votre opinion; il ne manque point de bois : l'instruction, la discipline et la santé y gagneraient; on réglerait les manières d'aller dans les villages chercher des subsistances. La saison, à la vérité, n'est pas encore assez avancée, mais cela nous éviterait des marches et contre-marches. Comment placeriez-vous vos camps? l'empereur tient à avoir votre opinion.

Au grand-duc de Berg.

Osterode, le 8 mars. S'il n'y a rien d'extraordinaire, le grand-duc se portera d'Hohenstein à Passenheim; de là il sera en position de couper le poste qui est à Villenberg. Il faut savoir ce que l'ennemi fait à Ortelsburg et à Mensguth; il est nécessaire d'abord de savoir s'il y a eu de l'infanterie à Villenberg, si cette infanterie

était une des divisions du corps d’Essen, ou si elle venait du corps de Benningsen.

Le prince correspondra avec le maréchal Masséna et le général Gazan , auquel on a donné l'ordre de réunir sa division à Villenberg , ayant des postes, la gauche appuyée à l’étang de Molda le long de l'Omulew; par cette position, Neidenburg se trouvera couvert. La division du général Gazan communiquera avec la division du général Zayoncheck qui se réunit à Neidenburg.

L'empereur dirige une division du maréchal Davout sur Hohenstein , que le grand-duc pourra faire marcher en cas de nécessité absolue, c'est-à-dire en cas qu'il fût nécessaire d'empêcher l'ennemi de se porter sur Soldan et sur la ligne de communication qui passe derrière la Wkra.

C'est là l'objet principal qui intéresse l'empereur; aussi , sa majesté ne se fie pas entièrement à la division Gazan, d'autant que son intention est de la faire venir pour donner à la bataille ; mais le général Zayoncheck doit occuper Neidenburg et Janowo avec de l'infanterie et du canon, quand son corps sera formé. Janowo est la tête de la seconde ligne, c'està-dire la rivière d'Orezyck; et par ce moyen la ligne de communication avec Varsovie, qui se fait derrière la Wkra, aura lieu. Si Villenberg est évacuée par l'ennemi, soit de

gré, soit par les opérations du maréchal Masséna,
est convenable

que
votre altesse monte plutôt que

de descendre, afin de se rapprocher du théâtre des événemens, qui paraît être Heilsberg et Guttstadt.

Au maréchal DAVOUT.

Osterode, le g mars. L'INTENTION de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous placiez votre corps d'armée de manière que la droite soit appuyée à Allenstein, comme elle l'est déjà par le général Morand; vous placerez la division Friant entre Ditrichswald et Alt-Rupten, de manière

que

les cantonnemens les plus éloignés puissent se réunir par une marche sur Guttstadt.

La division Gudin sera placée entre Hohenstein, Ditrichswald, Allenstein ; votre quartier-général sera établi entre Osterode et Allenstein.

Je donne l'ordre à l'ordonnateur Joinville de vous faire délivrer quatorze mille rations de pain et autant d'eau-de-vie.

Au maréchal NEY.

Osterode, le to mars. L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, trouve que lä position que vous occupez est trop offensive; elle en gage par là l'ennemi à vous occuper de trop près; il peut croire, s'il veut prendre ses quartiers , avoir

droit d'occuper , avec sa gauche, jusqu'à l'Alle, et sa droite à la mer. Dans la position inquiète où se trouve l'ennemi, il oblige votre corps d'armée et celui du maréchal Soult à être constamment sous les armes, ce qui vous fatigue trop; il faut donc sortir de là. Sa majesté vous laissé le maître d'envoyer un parlementaire pour proposer de se cantonner de part et d'autre, donnant sa parole d'honneur de ne s'attaquer que vingt-quatre heures ou quarante-huit heures après s'être prévenus. Si cela réussit, vous en préviendrez M. le maréchal Soult; mais vous exerceriez toujours une grande surveillance en cantonnant vos troupes, et vous feriez faire des ouvrages sur les hauteurs de Guttstadt, mais beaucoup en arrière de votre position actuelle, afin que ces ouvrages se trouvent en ligne avec Liebstadt et Wormsdorff.

Si cette démarche près l'ennemi, quoique conforme à l'usage et à ce que nous avons pratiqué dans nos guerres ne vous paraît pas convenable, et que vous supposiez que l'ennemi ne consente point à y accéder, il faut toujours que vous choisissiez une nouvelle position qui appuie sur les hauteurs de Guttstadt, et alors insensiblement vous rentrerez dans la position indiquée par l'instruction générale, ou dispositions générales qui vous ont été primitivement indiquées.

L'empereur a placé le maréchal Davout en seconde ligne, la droite en arrière d'Allenstein, la gauche

entre Ditrichswald et Hohenstein. Sa majesté n'a pu le faire mettre à votre hauteur, à cause de la difficulté des vivres, et parce qu'il faut que nous ayons aussi un corps à portée de se jeter sur les derrières et sur la droite.

Le grand-duc de Berg attaquera aujourd'hui Villenberg, où il y a quelques bataillons d'infanterie et beaucoup de cavalerie.

Au prince de Ponte-Corro.

[ocr errors]

Osterode, le ro mars. Je vous préviens, monsieur le maréchal, que le grand-duc de Berg tourne et attaque Villenberg occupé par quelques bataillons et beaucoup de cavalerie ennemie, corps que le grand-duc battra complétement.

L'ennemi nous tourmente beaucoup sur notre droite, parce que le maréchal Ney a pris position trop en avant; sa majesté a ordonné que lui et le maréchal Soult soient du 11 au 12 rentrés dans la ligne prescrite par l'instruction ou dispositions générales dont vous avez copie.

Au lieu de quinze cents prisonniers que vous avez annoncé faits par le général Dupont, il n'en est arrivé que sept cents à Thorn, ce qui est bien différent.

« AnteriorContinuar »