Imágenes de página
PDF
ePub

de blessés français et russes, on le voit donner les ordres les plus détaillés pour faire avancer à marches forcées tous les renforts qu'il pouvait tirer de ses derrières; il rapproche les divisions de cavalerie du général Nansouty et du général Espagne qui n'avaient pas combattu à Eylau ; ordonne au maréchal Lefebvre, qui rassemblait alors à Thorn le 1o® corps d’armée destiné à faire le siège de Dantzick, de se rendre à Osterode pour y rester en réserve, et se lier avec le corps de l'aile droite sous les ordres du général Savary en observation sur la Narew. Il charge aussi le maréchal Lefebvre de veiller sur Elbing, et de renforcer les postes sur la Basse-Vistule. Il pressent que l'ennemi jettera de forts partis sur son flanc droit et sur ses derrières pour couper ses communications avec Varsovie. La route de l'armée est changée et dirigée par la rive gauche du fleuve, encore incertain si les ressources de l'administration, et celles du pays entre la Passarge et la Vistule, suffiront pour faire vivre son armée

dans des cantonnemens resserrés en présence de l'ennemi, il indique Posen comme place de dépôt et principal point d'appui. C'est dans les ordres nombreux expédiés le même jour du quartier impérial d'Eylau, c'est dans les instructions données aux maréchaux et à l'intendant-général Daru, qu'il faut étudier et admirer la promptitude et la sage prévoyance de ces dispositions.

Cependant Napoléon serra de près l'armée russe acculée à Königsberg. La cavalerie légère du grand-duc de Berg passa la Frisching, et la grosse cavalerie prit des cantonnemens sur la rive gauche de cette petite rivière. Le prince de Ponte-Corvo, partide son camp de Strasbourg le 4 février, avait marché

par

Lobau et Osterode, et se trouvait le 8, jour de la bataille, à Reichertswald. Il y reçut l'ordre de poursuivre le corps prussien du général. Lestocq, que l'empereur supposait entièrement séparé de l'armée russe et jeté sur le Frisch-Haff. Le prince de Ponte-Corvo apprit le 9; å Behlenhof, l'issue de la bataille; il arriva

au quartier-général d'Eylau le 11; son corps d'armée ayant pris position à la gauche de la ligne, l'empereur le porta en avant dès le lendemain 12, et le dirigea sur Kreutzburg. Le corps du maréchal Ney appuya à droite et se cantonna sur la route d'Eylau à Vittemberg, ses têtes de colonnes ne dépassant pas Mulhausen ; le corps du maréchal Soult continua d'occuper les villages d’Althoff, Schmoditten, et Lampasch sur le champ de bataille. Le maréchal Davout eut ordre de faire cantonner ses troupes sur la route d'Bylau à Domnau, et de pousser sa cavalerie légère sur Friedland. Le corps du maréchal Augereau, commandé en son absence par le général Compans, cantonna sur la route d'Eylau à Bartenstein, et se trouva ainsi en seconde ligne du corps du inaréchal Davout. La garde impériale resta dans la ville d'Eylau.

Le 11 février, le grand-duc de Berg se porta avec toute sa réserve de cavalerie sur Vittemberg, pour observer l'ennemi de plus prés, et le maréchal Ney eut ordre de le

soutenir; en même temps le prince de Ponte - Corvo établit ses avant - postes sor la route de Kreutzburg à Brandenburg. L'empereur défendit à ses généraux d'engager aucune action sérieuse. Le prince de Ponte-Corvo fit occuper Mansfeld par la division du général Dupont; il y eut à ces avant-postes de fréquens engagemens. Le général Plötz, avec la partie du corps prussien qui couvrait la droite de la ligne russe, attaqua le moulin de Mansfeld, et fut repoussé; mais le 19° régiment de dragons, qui se portait sur ce point, s'étant égaré, donna dans une forte masse de cavalerie. Il fut très - maltraité, et perdit une centaine de dragons faits prisonniers.

L'empereur Napoléon, décidé à prendre ses quartiers d'hiver sur la ligne de la Passarge, ordonna au général du génie Chasseloup de faire reconnaître le cours de cette rivière, depuis les lacs d’Allenstein jusqu'à la mer, et toute la Basse-Vistule, depuis Marienwerder jusqu'à ses différentes embouchures. Il donna aussi l'ordre de jeter un

pont à Marienwerder, et d'y construire une forte tête de pont. Il prescrivit à l'artillerie de hâter les préparatifs pour le siége de Dantzick.

Le général Benningsen sentit alors la nécessite de renforcer son aile gauche; il ordonna au général Essen, commandant le corps d'observation russe sur la Narew, de faire un mouvement par sa droite pour se rapprocher de Villenberg. Napoléon, pour empêcher cette jonction, ordonna au général Savary de porter sur Villenberg une de ses deux divisions, au soutien du détachement que

le maréchal Davout avait laissé sur ce point, sous les ordres du général Grandeau. Le général Oudinot, parti de Varsovie avec sa division de grenadiers, pour rejoindre le grand quartier-général, reçut l'ordre de se diriger aussi sur Villenberg, et de manouvrer de concert avec le général Savary. Par les mêmes motifs, le général Grouchy dut rallier sa division de dragons à Heilsberg, pour s'opposer aux incursions des cosaques qui s'étaient montrés à Villenberg,

« AnteriorContinuar »