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Au maréchal SOULT.

Osterode, 26 février , six heures

du soir.

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Je m'empresse de vous instruire, monsieur le maréchal , que le maréchal Ney a fait attaquer, ce matin 26, à la pointe du jour, le village de Peterswalden par le 6e régiment d'infanterie légère. Ce régiment y a trouvé trois bataillons commandés

par

le général-major baron de Plock qui a été fait prisonnier avec ses aides-de-camp et quelques centaines d'hommes de son corps. Lorsque l'aide-de-camp du maréchal Ney est parti il était dix heures du matin , et l'on se tiraillait toujours. Le général-major a dit que le 24 il était passé par Landsberg avec quatre régimens d'infanterie et un régiment de hussards, et qu'il formait la gauche de l'avant-garde de l'armée.

La lettre que vous avez écrite à l'empereur, au moment même où le maréchal Ney attaquait, disait qu'il n'y avait rien de nouveau à vos postes, si ce n'est la légère canonnade qui a eu lieu ; j'ai cru ne pas devoir perdre un moment pour vous instruire de ce qui s'est passé, afin que vous vous teniez sur vos gardes; il serait avantageux que vous pussiez faire quelques prisonniers afin de connaître ce que l'ennemi fait devant vous ; occupez-vous, avant tout,

de faire évacuer vos blessés, et tenez-vous à la pointe du

jour en position pour repousser l'ennemi, pour manoeuvrer suivant les circonstances et conformément à vos instructions générales.

Quoique la ville de Saalfeld ait été par une disposition ultérieure mise à votre disposition, vous devez toujours, si vous êtes dans le cas de vous retirer, le faire conformément aux instructions générales sur Liebemühl; il est probable que le maréchal Ney quitterà Guttstadt si l'ennemi s'avance en force sur lui, et qu'il prendra position entre Guttstadt et Allensteín; il devient donc très-important que vous fassiez occuper le pont de Deppen.

L'intention de sa majesté est que vous fassiez porter au maréchal Bernadotte la copie de cette lettre, et que vous lui donniez connaissance de tout ce qui se sera passé dans la journée vis-à-vis de vous. Ne vous retirez pas sans avoir une connaissance réelle de l'ennemi et être assuré de sa force.

Le général Klein a dû partir ce matin d'Elbing pour vous rejoindre; il passe par Holland où vous devez lui envoyer des ordres.

Au maréchal BERNADOTTÈ.

Osterode , le 26 février. ;

Je crois devoir vous envoyer, monsieur le marém chal, la copie d'une lettre que j'écris au maréchal Soult. Sa majesté me charge de vous dire que votre

point de réunion est toujours à Saalfeld; vous devez instruire le maréchal Soult de tout ce qui s'est passé et de tout ce qui se passerait demain devant vous ; si l'ennemi se présentait assez en force pour que vous jugiez ne pas pouvoir l'attaquer avec succès, vous prendriez la position de Saalfeld et vous en instruiriez aussitôt le maréchal Soult, le général Arney commandant à Elbing, et le général Boivin qui est à Marienburg, et vous lui enverriez l'ordre de se rendre avec le 2e d'infanterie légère à Deutsch - Eylau; ce régiment de plus ne pourrait être que d'une grande utilité à une bataille, si elle a lieu. Vous ordonnerez au général Boivin d'instruire le maréchal Lefebvre de ce qui se passerait, afin qu'il borde la rive gauche de la Vistule.

Comme Marienburg et Elbing fournissent des subsistances, il est convenable de ne pas les évacuer légèrement; on doit le faire quand la présence de l'ennemi en force sera certaine et qu'il annoncera décidément des iņtentions offensives. L'empereur est décidé à attendre l'ennemi à Osterode où il peut

lui présenter des forces plus considérables que les siennes, mais sa majesté doute que l'ennemi veuille encore courir les chances d'une bataille.

Nous n'avons point reçu de vos nouvelles depuis le 24; correspondez fréquemment avec nous. Je n'ai point d'adjoint à vous envoyer; présentez-moi quatre

lieutenans des corps qui aient au moins trois ans de grade, je les proposerai pour être capitaines-adjoints ; il faut que ces officiers aient un

peu

de fortune.

Au maréchal Ney.

Osterode, le 26 février, à minuit.

VOTRE aide-de-camp, monsieur le maréchal, est arrivé à sept heures du soir ; les renseignemens que vous aurez eus et les événemens qui se seront passés depuis dix heures du matin régleront votre conduite; il est tout simple que l'ennemi avance sur tous les points de la ligne des avant-gardes de cavalerie et d'infanterie, sans que cela puisse prouver qu'il est décidé à continuer la campagne, et quand il aurait ce projet, le dégel retarderait l'exécution ou la lui ferait ajourner; l'empereur désire donc qu'à moins de renseignemens ou d'événemens dont il n'a pas connaissance, vous ne quittiez pas Guttstadt de la journée de demain, car l'ennemi, dan's votre position, ne peut vous forcer qu'avec un corps de troupes considérable, et qu'avec des mouvemens préparatoires qui vous donneraient toujours le temps d'éviter un engagement et de vous porter sur la route d'Allenstein ; l'ennemi en se rendant maître de Guttstadt se trouverait en possession d'un point important, et qui, dans la mauvaise saison , devient bien utile à vos troupes. Guttstadt évacué, nos can

tonnemens seraient à découvert ; si cependant les événemens qui se sont passés dans la journée vous portaient à quitter cette ville , il est nécessaire que vous teniez une position imposante en arrière le plus près qu'il vous sera possible, afin que craignant de vous voir marcher pour reprendre la ville, il soit obligé de s'y tenir en force, et ne puisse se porter brusquement sur Liebstadt. Si vous aviez déjà évacué Guttstadt, et que l'ennemi ne l'occupât que faiblement, vous pourriez le réattaquer au moment où il s'y attendrait le moins; dans tous les cas, l'intention de l'empereur est que vous envoyiez à Deppen, pour flanquer nos cantonnemens, toute la cavalerie légère du général Lassalle et un régiment d'infanterie.

Hier au soir l'ennemi s'est porté vis-à-vis Liebstadt, sur la rive droite de la Passarge; il a montré plusieurs détachemens d'infanterie appuyés d'une assez 110mbreuse cavalerie ; il a mis plusieurs pièces de canon en batterie vis-à-vis nos postes, mais lorsqu'il a vu qu'on lui résistait, il s'est désisté de son entreprise.

Il paraît que l'ennemi à cherché à savoir si nous voulions oui ou non tenir en position; rien ne prouve qu'il soit résolu à courir les chances de venir nous déposter de nos positions.

Au surplus, monsieur le maréchal, l'intention de l'empereur est de livrer bataille à l'ennemi en concentrant toutes ses forces sur le plateau d'Osterode,

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