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ces de la navigation, c'était maintenant Konigsberg qu'il fallait couvrir; au lieu de passer triomphalement la Vistule, il lui fallait assurer sa retraite au-delà de la Pregel. Benningsen n'avait d'autre moyen d'atteindre ce but que de concentrer ses forces en rétrogradant sur la seule direction de Königsberg, de soutenir vigoureusement ses arrière - gardes, et d'éviter une action générale jusqu'à ce que ses deux ailes rapprochées du centre pussent y prendre part. C'est ce qu'il fit très-sagement et en fort born ordre, conservant ses distances par des marches de nuit, feignant chaque jour de prendre une position de bataille, et n'y compromettant que ses arrière-gardes pour retarder à tout prix les mouvemens des colonnes françaises. Plus le point de convergence était éloigné, plus il avait de chances pour la concentration de toules ses forces': toutefois ce point ne pouvait être fixé plus loin que Preussich-Eylau, qui n'est plus qu'à une marche, huit à neuf lieues, de Königsberg. Si le général

russe refusait encore la bataille, il était débordé, attaqué par son flanc gauche pendant la dernière marche qui lui restât à faire , et vraisemblablement coupé de la Pregel. Tels furent pour le général Benningsen les motifs d'accepter la bataille que lui présentait depuis trois jours l'empereur Napoléon.

Ces motifs indiquent assez ceux du général francais : celui-ci avait considéré la retraite de l'armée russe après la bataille de Pultusk et de Golymin, sur la Haute-Narew et jusqu'à l'extrême frontière, comme une suspension d'hostilités, que la rigueur de la saison et l'inutilité d'une guerre de postes sans objet, dans les forêts et les boues de cette misérable contrée, rendaient également nécessaire aux deux partis. L'entrée en quartiers d'hiver était une sorte d'acceptation de cette trève évidemment avantageuse à l'armée française, fatiguée par trois mois de marches et de combats ; mais dès que les alliés, redoutant avec raison l'immense accroissement de forces et de res.

sources que ce repos ne pouvait manquer de

procurer à la Grande-Armée, se furent décidés à le troubler et à faire une canpagne d'hiver, Napoléon dut sans perdre un instant reprendre l'offensive; son but devait être de livrer une bataille générale, et, comme l'a dit Montecuculli, de combattre à son choix, et jamais à la volonté de l'ennemi. Napoléon ne doutait plus que le corps prussien, s'il n'était déjà pris ou dispersé, ne fût du moins arrêté et contenu par le prince de Ponte-Corvo; et dans la position où l'armée russe était acculée, sa défaite livrait à l'empereur la ville de Ka nigsberg et ses immenses magasins, la conquête de tout le territoire prussien était achevée, la guerre pouvait finir là. Quels puissans motifs de combattre, et quel prix de la victoire ! Disons maintenant comment elle fut disputée,

Le corps d'arrière garde de l'armée russe était avantageusement posté à cinq ou six cents toises en avant de Preussich-Eylau; l'infanterie couronnait le plateau qui do

mine le débouché de la plaine entre les bois : des batteries avancées sur la hauteur, à la gauche de la route, défendaient l'accès de la position. Le prince Bagration avait reçu l'ordre de s'y maintenir aussi long-temps qu'il le pourrait, pour donner au général Benningsen celui de faire arriver l'artillerie dont il avait débarrassé la marche de ses colonnes, et qu'il avait dirigée sur Eylau par une autre route. Le général Barclay de Tolly fut particulièrement chargé de la défense de la ville, et le corps d'arrièregarde fut renforcé de trois régimens d'infanterie.

Le 7 février, l'avant-garde française sous les ordres du grand-duc de Berg, soutenue par le corps d’armée du maréchal Soult, déboucha de la plaine vers deux heures après midi, par le hameau de Grünhofchen. Le maréchal fit attaquer la ligne russe de front par le 46° et le 18e régiment de ligne sur deux colonnes, et ordonna au général Viviez de tourner avec 'sa' brigade la gauche de la position. L'infanterie russe, com man

dée par le général Markow, fut abordée à la baïonnette, et culbutée dès le premier choc; la cavalerie russe saisit le moment de la mêlée pour charger en flanc la colonne de gauche du 18régiment, et renversa un de ses bataillons; mais le général Klein, qui suivast et soutenait l'attaque avec sa division de dragons, chargeant à son tour cette cavalerie, la 'refoula jusqu'auprès de la ville. On se battait corps à corps; le généa ral Markow s'efforçait avec sa réserve de rétablir le combat, lorsque la colonne du général Viviez, débouchant enarrière de son flanc gauche, le força de retirer son artillerie et d'abandonner la position. L'arrièregarde russe défilant à travers la ville, fut suivie par les colonnes françaises qui y pénétrèrent en même temps.

Le combat se rengagea avec plus de fureur dans la ville d'Eylau. Napoléon, jugeant combien son occupation lui était nécessaire pour faire déboucher ses troupes,

pes, appuye Sa gaúche, et soutenir le centre de sa "ligne de bataille, ordonna au maréchal Soult d'en

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