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Au maréchal Ney.

Varsovie , le 19 janvier.

L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, a été extrêmement étonné de voir, par une dépêche qu'il reçoit de M. le maréchal Soult, et par la vôtre même, que non-seulement vous ne vous êtes point conformé aux ordres de sa majesté relativement à vos quartiers d'hiver, mais encore que vous conseilliez au maréchal Soult d'en faire autant. Je vous réitère, monsieur le maréchal, l'ordre de rentrer dans les positions qui vous ont été indiquées pour les quartiers d'hiver; l'empereur est immuable dans ses plans , et, sans des considérations politiques, il aurait fait mention à l'ordre du jour de la non-exécution de ses ordres par votre corps d'armée. Vous n'êtes point détaché, comme à Magdebourg , vous êtes en ligne, et vous n'êtes point autorisé à conclure un armistice; s'il vous arrive des parlementaires, vous les adresserez au quartier-général. A l'avenir, monsieur le maréchal, l'empereur ordonne que votre corps d'armée marche en masse et jamais décousu, ainsi que vous l'avez fait dans ce dernier mouvement. Si vous avez conclu un armistice, vous n'en ferez pas moins marcher votre infanterie pour prendre les quartiers d'hiver dans les positions qui vous ont été ordonnées : mais

vous en profiterez pour laisser votre cavalerie et couvrir la faute que vous avez faite.

Au maréchal SOULT.

Varsovie , le 19 janvier, L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, m'a ordonné de témoigner son mécontentement au maréchal Ney de ce qu'il n'avait point exécuté ses ordres. Sa majesté est immuable dans ses dispositions, et ce ne sont pas les mouvemens de retraite de l'ennemi qui dirigent ses vastes projets. Sa majesté espère que c'est la dernière fois que le maréchal Ney, par des dispositions légères , s'exposera à compromettre le sort de l'armée

par des fautes aussi graves. Si vous répondez au maréchal, ce doit être dans ce sens. Je vous répète que votre point de réunion, si l'ennemi prenait l'offensive, est à Golymin; peu importe aux profondes combinaisons de l'empereur que l'ennemi cède ou évacue du terrain; sa majesté a toujours l'initiative; elle veut que sa Grande-Armée se repose; profitez de cela

pour vous étendre sur vos derrières et améliorer vos moyens de vivre; sans l'ordonner, sa majesté désirerait qu'une brigade de cavalerie légère fût encore envoyée à Plozk sur la Vistule pour s'y refaire et s'y reposer.

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Au maréchal LEFEBVRE.

ORDRE.

Varsovie , le 23 janvier. Je vous préviens, monsieur le maréchal, que l'empereur vous donne le commandement du 10€ corps d'armée. Се

corps se compose en ce moment, 1°. De la division de troupes polonaises commandée par le général Dombrowski, qui se réunit à Bromberg;

20. Des troupes de Bade commandées par le géné'ral de Clossmann;

3o. De la 1re légion du Nord commandée par le général Pacthod ;

Les troupes de Bade sont à Stettin , et la ire legion du Nord est sur le point d'arriver dans cette place.

Indépendamment de ces troupes ils sera joint à votre corps d'armée;

Une brigade de cavalerie française, composée des 19€ et 23e régimens de chasseurs, commandée par le général de brigade Dupré. J'ai donné l'ordre au général Clarke de faire partir de suite ces deux régimens de Potzdam pour se rendre à Stettin.

Il sera joint également à votre corps d'armée une brigade d'infanterie légère francaise, composée des 26

et 15e régimens, qui arrivera le 25 janvier à Posen, commandée par le général de brigade Boivin.

L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous envoyiez par mon aide-de-camp l'ordre au général de brigade Ménard, que je mets à votre disposition, et qui commande en ce moment la place de Kustrin, de se rendre sur-le-champ å Stettin, et d'en partir avec toutes les troupes de Bade formant á

peu près 'six mille hommes, la pre légion du Nord qui est d'environ quatre mille hommes , et la brigade de cavalerie française d'environ huit cents hommes montés, pour aller cerner la place de Colberg. Vous lui ordonnerez qu'après avoir cerné la place , il s'avance avec la cavalerie légère française, la cavalerie badoise qui sera inutile au blocus de Colberg, et avec la légion du Nord, et qu'il dirige ses troupes súr Dantzick pour se joindre à vous.

Envoyez l'ordre à la brigade d'infanterie légère du général Boivin qui arrivera le 25 à Posen , d'en partir le 27 pour se rendre à Bromberg. Rendez-vous vous-même dans cette place. Vous prendrez sous vos ordres la division polonaise que commande le général Dombrowski, et vous vous approcherez de Dantzick. Vous ferez l'investissement de la place aussitôt que

le général Ménard sera arrivé avec sa cavalerie, et la partie de l'infanterie inutile au siège de Colberg, pour resserrer la garnison de Dantzick. Je vais donner des

ordres pour qu'il soit attaché à votre corps d'armée douze pièces d'artillerie de campagne atteléés.

Ainsi, monsieur le maréchal, vous aurez sous vos ordres,

Le corps polonais que commande le général Dombrowski;

La brigade d'infanterie française composée des 2 et 15e régimens d'infanterie légère, commandée par le général Boivin;

La brigade de cavalerie légère française composée des 19€ et 25régimens de chasseurs, commandée par le général Dupré;

Le corps des troupes de Bade, et la 1re légion du Nord;

L'ordre de sa majesté est que toutes ces troupes réunies, vous les employiez de cette manière : les troupes de Bade, à bloquer Colberg, le général Ménard commandera le siége ; la division polonaise du général Dombrowski, la brigade d'infanterie française, la légion du Nord et la brigade de cavalerie française, à bloquer Dantzick. Vous commanderez ce siége en personne; vous aurez sous vos ordres le général Schram, qui est en ce moment à Berlin, et à qui je donne l'ordre de vous rejoindre de suite; vous aurez aussi des officiers d'artillerie et du génie, pour vous aider dans vos opérations; vous correspondrez avec le maréchal Bernadotte qui occupe Elbing, afin de vous

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