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Au maréchal DAVOUT.

Varsovie , le 10 janvier. COMME je vous l'ai dit, monsieur le maréchal, l'empereur a ordonné une double tête de pont en avant du pont de Pultusk; il est indispensable d'y faire travailler sans délai ; le général Chasseloup a des ordres. Ce travail est pressant, car si l'ennemi s'avisait de venir en force , et que nos troupes fussent obligées de se reployer, elles ne sauraient où se réfugier si ces ouvrages n'étaient pas finis , les ponts se trouvant rompus depuis que la rivière charrie.

Au maréchal SOULT.

Varsovie , le 13 janvier.

L'INTENTION invariable de l'empereur, monsieur le maréchal, est que ses corps de troupes restent en quartiers d'hiver, se reposent, et ne dépassent pas les cantonnemens désignés; et au premier mouvement d'alerte de la part de l'ennemi , et qui aurait un caractère offensif, c'est à Golymin que vous devez rassembler votre corps d'armée, comme le maréchal Ney doit rassembler le sien à Mlawa, et le maréchal Davout à Pultusk; ces dispositions tiennent au plan de l'empereur; les reconnaissances de cavalerie que vous envoyez en avant doivent être accompagnées d'infanterie, et quand même l'ennemi s'éloignerait,

il ne faut pas le chercher, parce que l'empereur veut que son armée prenne du repos, et qu'elle en a besoin ; sa majesté ne voit cependant pas d'inconvé nient à ce qu'un corps d'infanterie légère immobile se place sur la rive droite de la Narew, vis-à-vis Ostrolenka. Le maréchal Davout a envoyé le général Marulaz à Ostrolenka, où il a fait des dispositions pour l'appuyer dans cette position; et encore tout cela n'est-il que corps léger d'observation.

Au maréchal NEY,

Varsovie, le 18 janvier. J'ar soumis à l'empereur, monsieur le maréchal, votre lettre et une du maréchal Bernadotte qui fait connaître les mouvemens que vous avez faits sans ordre de sa majesté. Elle me charge de vous en témoigner son mécontentement, et même elle les regarderait comme une désobéissance à ses ordres , si du moment où vous avez reçu l'ordre de cantonnement, vous n'aviez point maneuvré pour les prendre ainsi qu'ils vous ont été prescrits. L'intention de sa majesté n'est point d'aller à Königsberg; elle vous eût fait passer ses ordres si tels eussent été ses projets. L'empereur, monsieur le maréchal, dans l'ensemble de ses projets, n'a besoin ni de conseils ni de plans de campagne; personne ne connaît sa pensée, et notre devoir est d'obéir. Sa majesté s'attendait

pas seu

d'autant moins au mouvement que vous avez fait, qu'elle vous a déjà fait connaître en quelques circonstances que vous n'auriez pas dû agir sans ses ordres. Vous sentez assez, monsieur le maréchal, que les mesures partielles nuisent au plan général des opérations, et peuvent compromettre tout une armée. L'intention de l'empereur est que son armée se repose ; ses cantonnemens tiennent à des plans ultérieurs.

Vous dites que M. le maréchal Mortier a ordre d'investir Dantzick , et jamais je ne vous en ai parlé. Vous avez dû voir que le maréchal Soult n'a lement suivi l'ennemi., et qu'il est resté sur l’Ursin. Quant aux Hessois, sa majesté a été très-contrariée que vous les ayez tirés de Bromberg où ils étaient pour garder les magasins, qui par là ont manqué d'être pillés entièrement par un parti prussien. Sa majesté ordonne que vous renvoyiez les Hessois devant Graudentz, conformément à leur première destination. L'empereur savait que les Prussiens étaient en retraite, ce n'était point une raison pour vous disséminer sur une étendue de vingt lieues. L'empereur vous ordonne, monsieur le maréchal, de prendre les cantonnemens tels qu'ils ont été ordonnés; faitesle lentement, car c'est le premier pas que l'empereur fait faire en marche rétrograde ; au surplus, monsieur le maréchal, l'adjudant-commandant Joménil

vous fera connaître combien l'empereur se trouve contrarié

par les mouvemens que vous avez faits sans ses ordres.

Au générul DOM BROWSKI.

Varsovie , le 19 janvier. L'INTENTION de l'empereur, général, est qu'avec votre corps vous vous portiez jusqu'à Guiewi , å seize lieues de Dantzick. Vous donnerez avis de votre marche à M. le maréchal Bernadotte qui est à Osterode, et vous en donnerez également connaissance au général Victor qui doit être parti de Stettin pour s'approcher de Colberg. Envoyez des partis pour savoir tout ce qui se passe , et donnez-m'en connaissance.

Au maréchal MORTIER.

Varsovie , le 19 janvier.

L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, me charge de vous faire connaître que son intention est que les îles de Weichselmunde et Wollin soient sous vos ordres, et que la ville de Camin, ainsi

que

le territoire environnant jusqu'au fort d'Altdamen , soient également sous votre commandement; nommez des commandans d'armes à Weichselmunde, à Wollin, à Camin; faites construire une petite tête de pont en avant de Wollin, afin d'avoir toujours le passage assuré; faites mettre quelques canons à ce passage, vis-à-vis l'em

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bouchure de l'Oder : vous pouvez tirer les pièces d'artillerie de Stettin. Colberg, dans ce moment, doit être cerné par le général Victor; il ne vous faut donc que peu de troupes pour surveiller Wollin, mais il faut y porter une grande attention ; dans le cas où les Anglais voudraient y effectuer un débarquement,

vous recominanderez commandant de Wollin d'instruire exactement de tout ce qui se passerait. L'empereur suppose que dans ce moment vous êtes devarit Stralsund.

au

Au général VICTOR.

Varsovie , le 19 janvier. L'EMPEREUR suppose, général , que

dans ce moment vous êtes parti de Stettin, et qu'avec les troupes de Bade et la légion du Nord vous êtes en marche pour cerner Colberg. Le général Dombrowski, avec la légion polonaise, se rend à la rive gauche de la Vistule à la hauteur et vis-à-vis Marienwerder, de manière à pouvoir y attendre vos ordres pour se porter devant Dantzick. Vous ne laisserez devant Colberg que juste ce qu'il faut pour cerner cette ville qui n'a

que

trois bataillons de garnison , et vous vous porterez avec le reste sur Dantzick.

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