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que vous aurez faites pour mettre tous ces travaux en train , et de m'adresser tous les cinq jours le rapport des progrès du travail des onze articles ci-dessus.

A M. DARU, intendant-général.

Varsovie, le 9 janvier.

Vous trouverez ci-joint, monsieur l'intendantgénéral, l'extrait d'un décret de sa majesté qui regarde l'artillerie et le génie; il vous concerne également pour tout ce qui a rapport aux magasins et aux hôpitaux qui doivent être établis.

Dans la tête de pont sur la rive gauche de la Narew, il doit y avoir une manutention et dix fours, des magasins contenant de quoi nourrir cent mille hommes pendant dix jours, trois mille boisseaux d'avoine, et une ambulance à Sierock.

Une manutention, des magasins et des hôpitaux seront établis à Modlin, dans la même proportion qu'à Sierock.

Une manutention, des hôpitaux et des magasins considérables seront établis à Thorn.

Vous verrez, monsieur l’intendant-général, par l'époque à laquelle ces ouvrages doivent être terminés, que vous n'avez pas un instant à perdre pour les mesures qui vous concernent. Je vous prie de me rendre compte tous les cinq jours de la marche des mesures que vous aurez ordonnées.

Au maréchal Soulr.

Varsovie , le 9 janvier.

Aussitôt la réception de votre dernière lettre ou rapport, monsieur le maréchal, je me suis empressé de la mettre sous les yeux de l'empereur. Sa majesté approuve que vous ayez envoyé quelques compagnies d'infanterie légère en avant, pour soutenir la cavalerie légère dans ses positions. Par la dépêche que je vous ai fait passer hier, vous aurez vu que j'ai donné l'ordre que deux régimens de dragons, les plus fatigués de la division Milhaud, viennent prendre des cantonnemens sur la Vistule. Vous aurez sûrement fait comprendre dans ces deux régimens le 5e de dra. gons qui paraît souffrir beaucoup.

L'empereur, monsieur le maréchal, yous laisse parfaitement le maître de contenir tels mouvemens d'infanterie et de cavalerie que vous jugerez convenables pour les expéditions d'arrière-gardę dont vous parlez. Sa majesté supposant que l'ennemi aura éyacué ses postes de Nazaski, vous êtes donc le maitre, comme je viens de vous le dire, de former un corps de différentes armes plus fort que celui de l'ennemi que vous voudrez attaquer, afin de tomber dessus avec avantage; au surplus, ces affaires d'avantgardes ou de postes sont tellement subordonnées aux circonstances, qu'elles ne peuvent point être

commandées ou dirigées par l'empereur, qui s'en rapporte pour cela aux maréchaux qui sont dans la position de les ordonner. Je dois vous faire observer, cependant, que l'intention de l'empereur est que, deux ou trois jours après ces expéditions, les troupes soient rentrées dans les cantonnemens de leurs quartiers d'hiver. Sa majesté ne peut voir qu'avec plaisir ces affaires de son avant-garde contre l'arrière-garde de l'ennemi, auquel cela inspire le sentiment de se tenir éloigné. Quant à Ostrołenka, la cavalerie légère du maréchal Davout devrait s'y trouver dans ce moment, dans le cas contraire, vous êtes le maître d'en prendre possession , pour la laisser' ensuite au maréchal Davout; mais l'objet principal de toutes nos expéditions doit tendre à nous procurer du pain et à donner du repos à l'armée. Dans les expéditions que vous êtes autorisé à faire, vous veillerez à ce que les corps n'emmènent aucune voiture à leur suite, et qu'ils soient lestement organisés, ayant cependant du pain et du biscuit pour tout le temps de leur expédition.

L'empereur vient d'ordonner la construction d'un pont sur pilotis sur la Narew; on espère qu'il sera fini dans quinze jours : sa majesté vient également d'ordonner des travaux considérables à Sierock. Enfin, monsieur le maréchal , l'empereur désire que vous restiez bien pénétré des dispositions générales

ordonnées

pour

les cantonnemens dans les quartiers d'hiver, et que sous aucun prétexte on ne puisse s'en écarter pour empiéter d'un corps d'armée sur l'autre, ni pour dépasser la ligne prescrite du côté de l'ennemi pour lesdits cantonnemens. Une nouvelle qui vous fera plaisir, monsieur le maréchal, c'est l'ordre que je viens de donner au 3e de ligne de partir de Braunau pour rejoindre votre corps d'armée. Recommandez å votre chef d'état-major de m'envoyer l'état de quinzaine et l'état sommaire tous les deux jours; donnezmoi également des détails sur les maladies.

Au maréchal Davout.

Varsovie , le 9 janvier.

Je vous préviens, monsieur le maréchal, que la division de cavalerie du général Nansouty ne reste du côté de Nasielzk que jusqu'au moment où elle pourra passer le Bug pour prendre des cantonnemens sur la Vistule. Sa majesté a ordonné qu'on établit, à la tête de pont de Pultusk, un ouvrage d'une centaine de toises de développement, qui fera une double tête de pont. L'ennemi ne paraissant plus en force à Ostrolenka, sa majesté pense que votre cavalerie

y est établie, pour de la surveiller et éclairer tous les mouvemens de l'ennemi. L'empereur vient d'ordonner un pont sur pilotis à Sierock, ainsi que

des ouvrages considérables; alors la communication sera libre.

Au maréchal KELLERMANN.

Varsovie , le 9 janvier.

L'EMPEREUR, monsieur le maréchal, a vu avec peine qu'au premier bruit des insurrections qui se sont manifestées dans la Hesse, vous n'ayez pas intercepté les communications en concentrant tout ce qui était dirigé sur la Grande-Armée à Francfort, de manière à y rassembler une force de huit à dix mille hommes, en désignant un officier-général pour les commander; ; cette force eût été en mesure de se faire jour partout, en arrivant en bon ordre à Cassel pour y rétablir la tranquillité. Sa majesté suppose qu'aux douze cents hommes de réserve que vous avez réunis à Francfort, vous aurez joint les fusiliers de la garde et les deux bataillons du régiment de Paris, et qu'avec ce corps de cinq à six mille hommes, auquel vous aurez sûrement joint cinquante-trois pièces de canon que vous aviez désignées pour être envoyées au général Lagrange, et qu'enfin ayant mis un général intelligent à sa tête vous n'ayez en ce moment rétabli la tranquillité à Cassel.

L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous réunissiez à Francfort douze mille hommes, en arrêtant tout ce qui vient pour la Grande

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