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L'aile droite était appuyée au village de Paltzenhoff, et la gauche à des marais et en arrière d'un étang; la garde impériale fut placée en réserve; le général Benningsen établit son quartier-général à Bartenstein; l'empereur Alexandre et le roi de Prusse élaient à Tilsitt, où le grand-duc Constantin alla rendre compte du résultat de la bataille d'Heilsberg, et de la situation de l'armée.

Le général Kamenskoi, qui avec ses deux divisions était parti de Bartenstein quelques heures auparavant, se dirigeant sur Königsberg par Mülhausen, trouva ce village déjà occupé par les Français ; il fut obligé de faire un long détour sur sa droite, et après une marche de dix-sept heures il prit position au-delà de la Frisching.

L'empereur Napoléon fit poursuivre l'arrière-garde, que commandait le prince Bagration, par la division de dragons de Latour-Maubourg et par les brigades de cavalerie légère des généraux Wattier et Durosnel.

Le corps du maréchal Davout arriva ce

même jour 12 à Eylau; son avant-garde prit position près de la ville de Rothenen, et intercepta la communication entre Eylau et Bartenstein. Napoléon établit dans la soirée son quartier-général à Eylau, et donna ordre au grand-duc de Berg et au maréchal Soult de se diriger sur ce même point; le maréchal Ney suivit le mouvement, et vint prendre position à Eichorn, à moitié chemin d'Heilsberg à Eylau ; le maréchal Mortier s'arrêta à Heilsberg.

Le corps du général Victor, resté sur la Basse-Passarge pour y retenir le général Lestocq, quitta ses positions le 11 au soir, débouchant par le pont de Spanden, et marcha le 12 jusqu'à Möhlsack ; il avait ordre de se diriger sur Eylau pour entrer en ligne avec les autres corps de l'armée. Le général Lestocq, qui se retirait sur nigsberg en s'appuyant au Frisch-Haff, se borna à retarder la marche des colonnes du général Victor par de légers engagemens d'arrière-garde.

Le général Benningsen, voyant sa droite

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de plus en plus débordée, ne s'arrêta å Bartenstein que le temps nécessaire pour donner quelque repos à ses troupes. Vers minuit il remit son armée en marche sur trois colonnes; la garde impériale, commandée

par le général Kollogribow, marcha sur la rive droite de l’Alle par Meckien et Rückgarben; la seconde colonne, composée de trois divisions et de la cavalerie de l'aile gauche, sous les ordres du général Gortschakow, marcha sur la rive gauche par Werwilten; la troisième colonne, formée de deux divisions, soutenait l'arrière - garde composée d'une division et de la cavalerie de l'aile droite, qui, sous les ordres du prince Bagration, prit position à Grossolen; les cosaques réunis sous les ordres de l'hettman Platow flanquaient la marche de l'armée, et couvraient Schippenbeil. Le 13, à quatre heures du matin, l'armée russe ayant traversé Schippenbeil se réunit et prit position entre l'Alle et la petite rivière de Guber, la droite à Honigbaum et la gauche à Romsdorff. Mais informé que l'armée fran

çaise occupait déjà Domnau, le général Benningsen, après une halte de quelques heures, malgré l'extrême fatigue de ses troupes, qui depuis huit jours n'avaient cessé de marcher, de manoeuvrer et de combattre, les remit en marche pour tâcher d'arriver à Friedland avant les Français.

La direction que Napoléon avait fait prendre à son armée en la portant sur Eylau était la corde de l'arc que parcourait l'armée russe en suivant le cours de l'Alle ; il était donc en mesure de la couper de Königsberg, et pouvait même l'atteindre à son point de retraite à Friedland.

En conséquence, le 13 au matin il détacha et porta directement sur Königsberg le grand-duc de Berg, avec la division de cuirassiers du général Saint-Sulpice, la division de dragons du général Milhaud et la cavalerie légère du général Lassalle; il le fit sou, tenir

par

le
corps

du maréchal Soult et par celui du maréchal Davout; ce dernier et la cavalerie du grand-duc de Berg marchérent par Villenberg. L'arrière - garde du

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général Lestocq s'y trouvait encore; elle y fut attaquée et jetée sur Königsberg. Le maréchal Soult marcha par Kreutzburg.

En même temps qu'il faisait ce grand détachement par sa gauche, dont le but était d'interposer une forte masse entre l'armée russe et Königsberg, Napoléon portait directement d'Eylau à Friedland, par Domnau, le corps du maréchal Lannes; ceux des maréchaux Ney et Mortier, et la garde impériale, prirent position entre Eylau et Domnau; le corps du général Victor arriva le 13 au soir à Eylau.

Les mouvemens ultérieurs de ces divers corps, ou plutôt leurs manoeuvres, appartiennent à la relation de la mémorable bataille de Friedland, qui fera le sujet du chapitre suivant.

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